*** « De sang-froid » de Truman Capote

product_9782070360598_195x320Un chef d’œuvre m’a dit l’Héritière…Son meilleur roman a ajouté l’Inconnu du service Internet…Il traine dans ta Pile-à-Lire depuis trop longtemps, ai-je pensé.

Voilà ! C’est fait ! Je viens de passer deux semaines, entrecoupées de saines lectures inodores, à me demander ce qui me différenciait des autres.

Qu’a donc pu trouver l’écrivain dans ce fait divers sanglants pour en faire ce récit froid et insensible ?

En 1959, une famille entière du Kansas est assassinée. Le père a été égorgé, la mère et les deux enfants tués d’une balle en pleine tête.
Truman Capote nous entraine alors dans plusieurs directions mêlant aux recherches vaines et affligeantes du KBI* et aux sentiments terrifiés d’une partie de la population, le road-movie des deux petites frappes qui n’éprouvent aucun remord et sont prêts à tuer de nouveau.
« Il était midi au cœur du désert de Mojave. Assis sur une valise de paille, Perry jouait de l’harmonica. Dick était debout au bord de la grande route toute noire, la route 66, les yeux fixés sur le vide immaculé comme si l’intensité de son regard pouvait forcer des automobilistes à se montrer…Ils attendaient un voyageur solitaire dans une voiture convenable et avec de l’argent dans son porte-billets : un étranger à voler, étrangler et abandonner dans le désert. »
*
Kansas Bureau of Investigation

De prime abord, Il m’a paru évident qu’il ne s’agissait pas d’une œuvre de fiction mais du résultat d’un magnifique travail de recherche qui, selon la biographie* de l’auteur, lui a pris plusieurs années et qui ne fut édité qu’en 1966, après l’exécution des deux meurtriers.
*Lue ensuite.

Le titre fait-il référence au meurtre lui-même ou au style utilisé pour le raconter ?
Pendant cette lecture, je n’ai éprouvé ni compassion pour les victimes, ni haine pour les meurtriers. En fait, je n’ai rien ressenti sinon que Capote avait pour les assassins, et pas seulement ceux de cette horrible affaire, une empathie surprenante, certainement causée par l’application de la peine de mort.

Un beau texte au demeurant, une très belle écriture parfois même un peu précieuse pour des évènements plutôt pénibles. Mais, peut-on vraiment le qualifier de roman-culte ?

PS: La photo de la couverture de Folio est magnifique avec les deux assassins, encadrés par des policiers en costard et feutre mou, qui nous regardent derrière des barreaux.

 De sang-froid de Truman Capote, Folio, 1972, 506 pages, Roman social
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : L’impression que ce texte aurait pu être écrit par un journaliste de talent racontant des faits sans se sentir ni concerné, ni impliqué, ni même intéressé.

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8 réflexions au sujet de « *** « De sang-froid » de Truman Capote »

  1. XL

    L’impression que ce texte aurait pu être écrit par un journaliste de talent racontant des faits sans se sentir ni concerné, ni impliqué, ni même intéressé.

    c’est un peu le cas !

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  2. Suzanne

    Je te cite: :  »L’impression que ce texte aurait pu être écrit par un journaliste de talent racontant des faits sans se sentir ni concerné, ni impliqué, ni même intéressé. »

    Peut-être . Personnellement j’ai remarqué , dans d’autres écrits de l’auteur, que celui-ci avait un style sobre, parfois froid. On disait de lui qu’il était introverti et avare de ses émotions. Sûrement que ces traits de caractères transcendaient dans ses écrits. 😉

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  3. choupynette

    hmmm. Pas dans les priorités de lecture, même si le sujet est très intéressant. Pour plus tard, d’autant que j’ai toujours un peu de mal avec les auteurs au style très froid et distancié.

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