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**** « L’oiseau canadèche » Jim Dodge

Il ne faut pas prendre les canards sauvages pour des enfants du bon Dieu.

couv-canadeche-7acfdSix ou sept années plus tôt, j’avais noté  « L’oiseau Canadèche » lors de  mes premières recherches dans les blogs de lecture et puis…

Et puis je ne lisais que des commentaires favorables, ça m’a toujours turlupiné quand tout le monde marche ensemble du même pas comme les soldats, alors il est resté sagement à attendre mon bon vouloir.

À quelques jours d’intervalles, c’est d’ailleurs la deuxième fois que je retarde une lecture pour la même  mauvaise raison. 

« L’oiseau Canadèche » n’est pas un roman, c’est un conte, une future légende dont les personnages principaux sont Pépé Jake, un quasi centenaire, Titou, son petit-fils dont le surnom ne correspond pas à sa forte stature, Canadèche, l’intelligente Cane colvert qui se prend pour un chien de chasse et « Le vieux râle d’agonie », un alcool distillé par le grand-père sur la recette d’un indien mourant.

Autour deux gravitent quelques personnages secondaires, Fifi le Hippie, Johnny Sept-Lunes l’indien taiseux, Cloué-Legroin, un vieux sanglier  défonceur de clôtures qui éventra Boss le chien.

D’autres encore, le shérif, l’assistante sociale beaucoup moins importants mais qui révèle le caractère indépendant et belliqueux de Pépé Jake.

Reste les trois ou quatre ex-femmes du Pépé qu’on ne rencontre  pas,  dont l’une engendra Gabrielle avant de s’enfuir avec un coquin, laquelle engendra Jackson Adler Makhurst II, dit Titou, avant de se noyer par accident quand ce dernier n’avait que sept ans.

Un conte un peu farfelu, où la goinfre cane couac couac pour accepter et cache sa tête sous son aile pour montrer son indifférence tout en refusant absolument de faire ce que font tous les canards, voler.

Un court conte où j’ai éclater de rire à certains passages.

Quelques commentaires favorables suivent : AifelleCathuluClara, et Keisha.
Il y avait aussi Cuné, Khatel et MangoLila mais malheureusement je n’ai pas retrouvé leurs liens.

L’oiseau Canadèche, Jim Dodge, Éditions Cambourakis, 2010, 118 pages, Conte
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Beaucoup trop court.

 

 

 

** « Boulevard…ossements » de Léo Malet

Le cœur de Paris, c’est une fleur. Une fleur d’amour si jolie que l’on garde dans son cœur, que l’on aime pour la vie.
Charles Trenet

51RGC0WCvLL._SX195_Après quelques voyages dans des temps futurs où, soit l’humanité a quasi disparu, soit le métier de détective privé est exercé par des androïdes émotionnellement  instables, j’avais envie de retourner dans le passé, dans MON passé, pas si lointain mais quand même, une moitié de siècle ce n’est pas rien, sauf si on considère l’avènement de l’homo sapiens.

J’ai dans la bibliothèque de ma liseuse quelques romans policiers ou d’espionnage qui remontent à l’époque où mes héros préférés se nommaient, entre autres, Hubert Bonnisseur de la Bath, Francis Coplan ou Nestor Burma.

Nestor Burma ! J’avais presque alors envisagé de devenir détective privé si je n’avais pas eu peur que mon crâne ne supporte  pas les matraquages répétés que ce héros subit régulièrement en fourrant son nez dans des endroits malsains ou mal fréquentés.

Cette fois-ci, Nestor et sa jolie secrétaire Hélène viennent d’apprendre qu’ils ont gagné deux millions de francs à la loterie et outre leur joie* de ne pas avoir à tirer le diable par son appendice caudal, ils pouvaient envisager de se reposer quelques temps en refusant des affaires inintéressantes voire dangereuses.
*Pas d’affolements cela représenterait maintenant 3500 euros mais à l’époque le whisky** coutait moins cher que de nos jours.
** Boisson préférée de Nestor et par extension de moi-même…à l’époque.

Un diamantaire va venir troubler leur jour de fête en demandant au propriétaire de l’agence Fiat Lux d’enquêter sur un restaurateur chinois  de la rue de la Grange-Batelière, et de vérifier quels  relations il aurait avec des émigrés russes.

À cette époque, de nombreux chauffeurs de taxis étaient russes, issus de la diaspora qui avaient fui leur pays à l’avènement des communistes.

À partir de ce modeste fil d’Ariane, Nestor mais surtout Hélène vont se trouver mêler à une escroquerie où les diamants ne sont pas éternels mais peuvent provoquer l’éternité.

Ainsi le diamantaire puis un graisseur d’ascenseur* d’origine russe vont disparaitre et faire réapparaitre le squelette d’un colonel russe qui avait disparu de son vivant charnel.
*Si, si, c’était un métier à l’époque de Cro-Magnon.

Pas de coup sur la tête cette fois, mais une jolie ballade dans le 9è arrondissement que j’ai bien connu à une époque où je débutais ma vie professionnelle et où je connaissais par cœur la gare Saint Lazare* et ses alentours.
*Souvenirs de sandwichs baguette-saucisse-moutarde bien meilleurs que nos insipides hot-dogs actuels.

Rajeunir à vingt ans, même en pensée, est bon pour l’homme.

Boulevard…ossements, Léo Malet, 10-18, 1957, 130 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Finalement, Hélène est bien meilleure que Nestor.

**** « Steamboat » de Craig Johnson

« C’est une question de ce qu’on doit faire et comment continuer à vivre si vous le faites pas. »

 

1005-cover-steamboat-559148c4094caCe Noël, Walt Longmire le shérif du comté d’Absaroka sait qu’il va le passer bien seul quand une jeune femme se présente à son bureau pour  rencontrer Lucian Connally, l’ancien shérif que Walt a remplacé dans les années 1980.

Refusant de répondre aux questions du policier, elle ne prononce qu’un seul mot « Steamboat».

Au Wyoming, la légende raconte que le cheval sauvage cabré, représenté sur leurs plaques d’immatriculation, monté par un cavalier, serait le célèbre Steamboat, sur lequel aucun cavalier n’avait réussi à se maintenir durant toute sa carrière de cheval de rodéo.

C’est aussi le surnom qui fut donné durant la guerre du pacifique à un B25, un bombardier bimoteur utilisé pendant la guerre contre les japonais.
280px-North_American_B-25_Mitchell_(N320SQ)Souvenirs, souvenirs !
Plus de vingt années plus tôt, le 24 décembre 1988 exactement, Walt attend deux évènements sur l’aérodrome de Dunant. Une énorme tempête hivernale et un hélicoptère qui amène une enfant blessée et brulée que l’on ne peut soigner qu’à Denver tellement son état est critique.

Les routes sont fermées et l’hélicoptère ne peut continuer le voyage dans la tempête extrême qui s’annonce. Dans le hangar de l’aéroport de Durant rouille la vieille carcasse de « Steamboat », le B25 que des mécanos essaient de remettre en état.

Ce récit est celui du voyage de six personnes dans la quasi épave de l’avion au milieu de la tempête du siècle. L’unijambiste pilote et ancien shérif Lucian Connally qui participa au raid Doolittle sur Tokyo en 1942 et fut fait prisonnier*, Julie (Toots) qui lui sert de copilote et de deuxième jambe pour appuyer sur le palonnier, le docteur Isaac Bloomfield, rescapé des camps de concentration, Walt Longmire, Mme Oda la grand-mère de l’enfant qui ne parle que japonais et Amaterasu la petite fille dont le nom signifie « qui brille sur le Paradis ».
*C’est important.

Double opérations pour un pneumothorax, moteur qui lâche*, baisse de pression hydraulique, portes qui s’ouvrent, ailes qui gèlent, j’en oublie certainement. Finalement, un voyage « tranquille » sinon, qu’à partir du moment où vous ouvrez ce petit roman, vous vous cramponnez à la crinière du bronco ou au siège du coucou  et vous ne les lâchez plus avant d’atterrir.
*heureusement c’est un bimoteur.

Un conte de Noël parle toujours de beaux sentiments,  le courage, la compassion, la générosité, mais le plus beau reste le pardon*.
*C’est ça l’important (voir plus haut).

Sharon a aimé ce conte de Noël, Yue Yin en a fait une trop courte éloge noëllienne.

Steamboat de Craig Johnson, Gallmeister, 2015, 141 pages, Roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : La fin du cheval Steamboat ne valorise pas l’esprit américain ou plutôt… celui de certains  américains.

*** « Mémoire coupable » d’Anne Perry

La perversité des êtres humains ne change pas, elle évolue vers le pire.
Elle est malheureusement éternelle.

Une enquête de Monk et Esther.

9782264047885« Mémoire coupable » est la suite de « Meurtre sur les docks » commenté en 2014.

William Monk, recommandé par le défunt Durban*, est devenu le nouveau chef de la police fluviale. Il est marié à Esther, une ancienne infirmière de la guerre de Crimée.
*tué dans « Meurtre sur les docks.

En mémoire de l’ancien policier, Monk décide de finir une de ses enquête et arrête Jericho Phillips suspecté d’avoir égorgé un enfant.  Ce proxénète utilise les gamins des rues pour satisfaire les besoins pédophiles de ses clients, n’hésitant pas à égorger ceux qui se rebellent pour maintenir ses « protégés » dans la peur et la soumission.

Sir Olivier Rathbone, un avocat ami de Monk et d’Esther, dont il fut un temps secrètement amoureux, vient d’épouser Margaret Ballinger, une assistante d’Esther dans sa clinique pour prostituées. Sur l’insistance de son beau-père, il se voit obligé de défendre le tueur d’enfants et réussit à le faire disculper en utilisant sa connaissance des sentiments qui animent Monk et Esther.

Ces derniers décident de rouvrir une enquête afin de sauver d’autres enfants.

Seulement des racontars sur la probité de Durban commencent à courir mettant en péril l’existence de la police fluviale et Jéricho Phillips, protégé par des personnages hauts placés, n’hésite pas à menacer ceux qui s’approchent trop près de son bateau-bordel.

Je ne rentrerai pas dans les détails de cette affaire scabreuse sinon pour vous dire que la période victorienne n’est en rien différente de notre monde actuel puisqu’on vient, ces jours-ci, de mettre en examen une douzaine de ces pervers réunis dans une association à but non lucratif (?).

Je continue à adorer la manière d’Anne Perry de faire habilement progresser ses enquêtes tout en nous peignant minutieusement les coutumes et les mœurs de l’époque victorienne.

Mémoire coupable d’Anne Perry, 10-18, 2009, 440 pages, Policier historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : J’avoue avoir parfois du mal à comprendre les obligations et les règles tacites de cette époque, tout en me disant que certaines pourraient être encore socialement bénéfiques de nos jour…mais pas toutes, Mesdames, pas toutes.

*** « Mr Mercedes » de Stephen King

La peur est pire que la punition, car cette dernière est importante ou minime, elle est toujours préférable à la tension horrible et diffuse de l’incertitude.

                                                                                                                            Stefan Zweig

CVT_Mr-Mercedes_539J’ai  donc longtemps dédaigné  Stephen King* or Tamara, et son joli blog artistique, puis Claude Le Nocher m’ont donné envie de ce Mr Mercedes.
*Voir mon billet précédent « Contradiction existentielle ».

Ma liseuse m’ayant lâché avec toutes mes notes Facebook angry smiley, vous me pardonnerez  les petites erreurs ou faussetés qui pourraient émailler  ce billet.

K.William (Bill) Hodges a pris sa retraite de la police. Divorcé et solitaire, il devient de plus en plus dépressif et trompe son ennui en jouant avec son revolver et en s’abrutissant avec des émissions de téléréalité, tout en se remémorant les enquêtes qu’il n’a pu résoudre, comme celle du « tueur à la Mercedes » qui a froidement écrabouillé 8 personnes et blessé 15 autres avec un véhicule volé.

Il se réveille brutalement en recevant une lettre du tueur qui se moque de l’incompétence de la police et essaie de le pousser au suicide, ainsi qu’il l’a réussi, écrit-il, pour la propriétaire de la voiture.

Nous savons d’emblée qui est le tueur. Un psychopathe qui cumule deux emplois. Le premier, dépanneur sur ordinateur, lui permet de s’introduire chez les clients et le deuxième, vendeur itinérant de crème glacée, de se promener et de surveiller partout sans se faire remarquer.

Durant ses recherches, Hodges a une aventure avec Janelle (?), la sœur de l’ex-propriétaire de la Mercedes.
Le flic, de moins en moins désœuvré, et le tueur se livrent une guerre psychologique  via un site de chat.  Lorsque le meurtrier se rend compte que Bill essaie de le manipuler, il décide de le faire exploser avec sa voiture, tuant Janelle qui se trouvait seule à bord*.
*Pourquoi est-elle seule ? C’est compliqué mais crédible.

Après la mort accidentelle de sa mère, dont il se sent responsable, l’assassin envisage un dernier feu d’artifice en  se faisant exploser au milieu des quatre mille auditeurs  du concert d’un groupe de musique en vogue.

Aidé de Jerome, un adolescent qu’il utilise comme jardinier, et de Holly, la cousine de Janelle, une surdouée en informatique en dépit  d’une flopée de troubles (obsessionnels compulsifs, d’anxiété,  phobiques, bipolaires, de dépression, de la personnalité*) mais surtout, atteinte d’une mère abusive et envahissante, Bill va tenter de l’arrêter.
*Rayé les mentions inutiles 

Stephen King possède un merveilleux talent de conteur. Les caractères de ses personnages sont minutieusement travaillés et complexes.
Finalement, j’ai pris un énorme plaisir avec ce polar « thrillant* et je lirai un autre King, seulement si c’est un roman policier sans forces démoniaques ni fantômes zombiaques.

Mr Mercedes de Stephen King, Albin Michel, 2015, Roman Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : J’ai bien aimé le personnage d’Holly qui mériterait d’être
l’héroïne d’un roman.

 

*** « Pas d’avenir dans le futur » d’Ed McBain

Le mariage, la confiance n’y est pas. Il faut des témoins comme dans les accidents.
                                                                                                                          Coluche

mcbain-ed-pas-d-avenir-pour-le-futur-livre-864474511_MLLe jour du mariage de sa sœur Angela, Steve Carella* est contrarié par une accumulation de petits problèmes agaçants.
Teddy, sa tendre épouse sourde et muette, enceinte jusqu’aux yeux, est prête à accoucher d’une seconde à l’autre d’un petit Mark ou d’une petite April.
Sa sœur fait une petite crisette de nerfs et demande à son frérot ce qui va se passer pendant le voyage de noces.
(Rappelons-nous que les romans de McBain se situent dans les années 50 et que les essais pré-maritaux sans être inconnus n’étaient pas la norme.)
Tommy, son futur beau-frère, a reçu par courrier une petite boite contenant une veuve noire* laissant sous-entendre qu’Angela pourrait, après sa robe de mariée immaculée, se vêtir de noir.
*araignée pouvant être mortelle.

Tommy prétend qu’il n’a aucun ennemi sauf un ancien collègue militaire qui le rendait responsable de la mort de son copain.
Steve demande à deux  de ses collègues, Cotton Hawes et Bert Kling, d’assister au mariage et d’ouvrir l’œil.

Entre la mama, affolée par le mariage, le papa, affolé par les dépenses, l’ami d’enfance d’Angela, follement amoureux de celle-ci et la copine de Cotton Hawes, affolée par les œillades du témoin du marié, sans compter un affolement provoqué par l’accident de la limousine et une grande blonde complètement folle qui promène dans son baise-en-ville un énorme 38, on sent que le mariage ne se déroulera pas dans le calme et la sérénité.

Pendant que deux autres inspecteurs du 87e recherchent l’ex troufion en colère, le voisin quitte le lieu du mariage et se fait tuer d’une balle dans le dos. Imaginez … l’affolement !

Je ne vous en dirait pas plus pour éviter de vous affoler et de spoiler cette histoire de dingue mais il faudra toute la chance du même épithète* pour que Tommy évite les balles de l’un et le poison de l’autre.
*…de dingue

Le billet de Claude le Nocher est ici.

P.S. : Je promets de ne plus parler de folie jusqu’à la fin de l’année.
P.P.S. : Finalement Teddy a accouché. Alors ? Mark ou April ? Ceux qui diront Mark auront perdu et ceux qui diront April… auront perdu aussi.

Pas d’avenir dans le futur d’Ed McBain, Les Presses de la Citée, 1959, 130 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Mais que faisait donc la blonde plantureuse dans  cette galère   à ce mariage.

 

*** « Voyage avec un âne dans les Cévennes » de Robert Louis Stevenson

Il y a beaucoup d’êtres puissants et rien n’est plus puissant que l’homme.
Sophocle

stevensonDans ma série voyage au XIXe siècle , « Karpathia » de Mathias Menegoz* se passait en 1830, « L’homme aux lèvres saphir » de Hervé Le Corre évoluait en 1870 et comme je souhaite me rapprocher tranquillement du siècle de ma naissance, je vous présente maintenant  les chroniques du voyage de l’auteur de « L’île au trésor »** dans les Cévennes en l’an de grâce 1879.
*Pas encore chroniqué
**Non plus

Le 22 septembre, il débute un périple qui va durer 10 jours, depuis Le Monastier, village près du Puy, « fameux par sa dentelle et son ivrognerie, la liberté de ses propos et ses dissensions politiques ».

En dépit de son orgueil et de sa supériorité d’anglo-saxons ou pour être plus précis de protestant écossais, fier de l’être,  Stevenson mentionne à plusieurs reprises l’hospitalité naturelle des montagnards.
« On m’y considérait avec une piété* dédaigneuse comme un individu qui aurait décidé un voyage dans la lune. »
*pitié,
peut-être

Il a acheté Modestine, une ânesse qui dès le début de la randonnée montre le caractère propre à ses congénères.
L’allure de Modestine « était quelque chose de beaucoup plus lent qu’une marche, lorsque la marche est beaucoup plus lente qu’une promenade ».

Cette longue course solitaire permet à notre écrivain vagabond d’apprécier les beautés des rudes paysages qu’ils parcourent* sur des « sentes rocailleuses », au milieu « de pics ceints de neige », entouré de châtaigniers qui « dégageaient un parfum d’une douceur légère qui errait dans l’air de l’après-midi. L’automne avait posé ses teintes d’or et de flétrissure sur leur verdure et le soleil, brillant au travers, atténuait leur rude feuillage… » et de réfléchir à plusieurs sujets relatifs à la région qu’il traverse.
*Modestine a son importance.

Ce pays, resté en grande partie protestant, fut le fief des camisards qui, après la révocation de l’ Édit de Nantes et les exactions des soldats de Louis XIV, se révoltèrent, assassinant entre autre l’Abbé du Chayla, l’Archiprêtre des Cévennes, responsable de nombreuses condamnations à mort.

Écossais protestant, Stevenson, est surpris que la religion réformée possède encore de nombreux disciples qui, deux cents ans plus tard, vivent en bonne intelligence avec les catholiques. Ses réflexions sur les religions ont une grande importance durant tout son voyage incluant sa visite prolongée dans l’Abbaye de Notre-Dame des Neiges où vivent de nombreux moines cisterciens.

Stevenson décrit la vie des habitants de cette région encore sauvage où le mythe de la bête du Gévaudan reste très vivace, et nous offre quelques descriptions intéressantes sur l’époque.
« L’auberge du Bouchet-Saint-Nicolas est typique » : Une maison de campagne avec la cuisine et l’étable contigües, au sol de terre battue, un dortoir unique sans autre commodité que les lits. Quiconque à la fantaisie de faire sa toilette doit y procéder en publique. Une nourriture frugale, des vins médiocres et une eau-de-vie abominable sans oublier « la visite d’une énorme truie se frottant à nos jambes sous la table« .

Un livre  rafraichissant !

Voyage avec un âne dans les Cévennes » de Robert Louis Stevenson, Flammarion, 2013,
170 pages, Chroniques
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Avec les nouvelles lois sur la protection des animaux, Stevenson aurait eu quelques problèmes.

En route…encore

La visite est partie !

L’école a repris !

C’est le temps des vacances … voyages.

On va aller voir le Périgord et ses « plages ».

On va ramasser des noisettes, des noix et des cèpes,

Grignoter du foie gras et des magrets, siroter du Pineau,

Griller des châtaignes et boire du Bordeaux.

On reviendra pour voir tomber les feuilles puis le froid puis la neige.

L’hiver au Québec, c’est bien.

En attendant et pour quelques jours, l’ordinateur prend aussi des vacances…

À bientôt

 

 

 

*** « Tous les démons sont ici » de Craig Johnson

Lorsque ta vue veut pénétrer trop loin dans les ténèbres, il advient qu’en imaginant tu t’égares.
                                                                                                             L’Enfer de Dante

0848-cover-hell-543e672103c85Je ne vais pas vous présenter la série de Walt Longmire, shérif du comté d’Absaroka dans le Wyoming.
Je pense les avoir tous chroniquer depuis que ce blog existe.

Ce nouveau tome n’est pas une enquête proprement dit mais une chasse à l’homme entreprise par Walt pour retrouver Raynaud Shade, le plus dangereux sociopathe des États-Unis.

On prétend que la nature, et particulièrement celle des montagnes du Wyoming, est sauvage. Cela pourrait être un qualificatif adéquat si on considère les possibles  rencontres que l’on peut y faire avec  des ours, des couguars et autres prédateurs* qui, à l’occasion, ne dédaignent pas la chair humaine. Pourtant cette nature est moins dangereuse qu’un assassin dépourvu de tous sentiments de culpabilité.
*Un adage dit : ils peuvent nous tuer et ils peuvent nous bouffer mais…
on est pas obligé d’avoir bon goût.

Un assassin, qui ayant décidé d’indiquer aux agents du FBI où se trouve le corps de la victime de son premier meurtre, un jeune indien, en profite pour s’évader avec l’aide de la stupidité, de la bêtise, de la prévarication et pourquoi ne pas le dire de la fatuité de la gente policière, emmenant avec lui un certain nombre d’autres tueurs* et quelques otages.
*voir Le bémol du Papou.

Trois postulats sont à l’origine de cette histoire.
Le territoire où se déroule l’action se trouve sous la juridiction du Shérif du comté d’Absaroka.
Walt, le dit-shérif est aussi têtu qu’un bronco ombrageux qui refuse de se laisser monter.
Les montagnes sont dangereuses pour les raisons mentionnées plus haut, elles le sont encore plus lors d’une tempête hivernale quand le thermomètre descend en-deçà de sa plus basse indication et les rafales de vent vous déchirent le visage de ses aiguilles de glace.

Walt part donc tout seul affronter la nature, la tempête et les tueurs avec l’aide en cours de route de Virgil White Buffalo un géant Crow que l’on a déjà rencontré dans un tome précédent.

Seulement, après un accident de motoneige, plusieurs chutes, une commotion cérébrale, et des embuscades  Walt se retrouve dans un tel état d’épuisement que la réalité et le monde des esprits vont de mêler sans qu’il ne puisse en faire la distinction.

Pendant ce temps, la cavalerie et la Nation Cheyenne essaient d’arriver à temps pour l’aider mais y parviendront-ils ?

Je me suis laissé porter par ce récit en mettant de côté mes penchants cartésiens. Il est vrai que j’ai, depuis longtemps, une certaine inclination pour la magie et le spiritisme des amérindiens.

P.S.: J’aime bien cette légende indienne sur la création de l’homme :
« Quand le Iichihkhaahile a fabriqué les hommes, il leur mit des oreilles derrière la tête pour entendre quelque chose qui arriverait par derrière. Elles furent déplacées sur le côté parce que, pendant qu’il travaillait, les hommes n’arrêtaient pas de bouger la tête dans tous les sens pour voir ce que le Iichihkhaahile faisait. »

P.P.S. : La citation de Dante n’est pas anecdotique. Pour le comprendre il vous faudra lire le roman.

Tous les démons sont ici de Craig Johnson, Gallmeister, 2015, 312 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Pour quelles raisons plusieurs assassins se retrouvent-ils réunis par le FBI dans un même lieu ?

**** « Un avion sans elle » de Michel Bussi

 Dans une corrida, des fois, c’est le taureau qui gagne !

CVT_Un-avion-sans-elle_4508En 1980, le crash d’un avion sur le mont Terrible, dans le Jura, fait 150 victimes et une miraculée. Un bébé de quelques mois, blond aux yeux bleus. Deux familles vont se le disputer. Les de Carville, une riche famille d’industriels et les Vitral, des besogneux communistes, vendeurs sur les foires de sandwichs et autres chichis dans un camion Citroen*. Les riches contre les pauvres, l’argent contre l’amour, l’arrogance contre la fierté.
*Un des « personnage » principal du roman.

Une guerre de procédure, une bataille entre avocats connus et jeunes loups avides de renommée. Finalement la décision de justice, sèche et insensible. Dans ce combat où les vainqueurs semblaient désignés d’avance, les plus faibles ont gagné.

Les de Carville avaient pourtant tout essayé, les menaces, l’argent, les pressions politiques, multipliant les erreurs, fomentant de tortueuses manigances qui ont abouti à un meurtre et à deux infarctus transformant l’industriel baveux en  légume bavant.

Emilie, Lyse-Rose, Lily, Libellule, elle porte des tas de prénoms et de surnoms la petite rescapée. Certains resteront mais, pour l’État-Civil, elle devient Emilie Vitral et grandira dans  l’amour de ses grands-parents et de son frère ainé Marc.

Mathilde de Carville a embauché un détective privé au nom impossible, Crédule Grand-Duc, et obtenu des Vitral qu’ils ouvrent un compte dans lequel elle déposera chaque année cent mille francs qu’Emilie pourra toucher à ses dix huit ans.

Justement, elle va les avoir ses dix-huit ans*, et Crédule a écrit le résultat ou plutôt l’inanité de ses dix-huit années de recherches dans un cahier qu’il a décidé de lui faire parvenir, après avoir mis fin à ses jours, la tête posée sur le journal annonçant la catastrophe. Là, soudainement, en regardant l’hebdomadaire, la solution sur l’identité de la rescapée lui saute aux yeux.
Mais pas pour les lecteurs ! Les auteurs ont cette manie de tout nous cacher.

*Les années passent très vite dans un livre

A Paris, Emilie, qui portait une bague inconnue de Marc, a disparu lui laissant un petit cadeau, un minuscule avion, et le cahier de Crédule.

Nous parcourons donc les dix-huit années d’enquête du détective, gagné par l’inquiétude de Marc, entrecoupées de ses recherches pour retrouver Lily et des colères de Malvina de Carville, l’autre petite-fille ainée des nantis qui, brutalisée mentalement dans son enfance  par ses grands-parents, a refusé de grandir devenant  folle, aigrie et adepte du Mauser.

C’est très bien fait même si certaines ficelles sont un peu grosses, comme les  irréelles identités d’Emilie, ou ses relations avec Marc. D’autres sont plus subtiles ou impossible à deviner. Qui a finalement tué Crédule ? Et aussi les deux Turcs qui l’ont aidé dans son enquête ? Pourquoi le résultat de la recherche d’ADN, trois ans plus tôt,  n’avait rien éclaircie ? Quel était ce résultat ?

C’est du compte-gouttes habilement distillé avec  des surprises, certaines prévisibles, d’autres plus surprenantes, ce qui est logiquement leur définition.

J’avais été déçu par mon premier Bussi, « Ne lâche pas ma main » , trop d’attente sur un lieu, l’Ile de la Réunion, qui m’est cher.

Et alors, celui-là ? Me direz-vous.

Lisez-le, moi, j’ai bien aimé.

Vous aurez les commentaires de Latite, de Sylvie, d’Aproposdelivres, de Sandrine,en cliquant, gentiment, sur leurs noms.

Un avion sans elle de Michel Bussi, Pocket, 2013, 570 pages, Thriller.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : La fin n’est pas une surprise. Il aurait été étonnant qu’elle soit différente.