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*** « Le mambo des deux ours » de Joe R. Lansdale

Gamin, quand je lisais un roman, je devenais le héros de l’histoire.*
                                                                      Joe R. Lansdale  ‘Le mambo des deux ours »
* Moi aussi .
Hap Collins  et Leonard Pine, indéfectibles amis dans la misère comme dans la fortune, ne sont pas des enquêteurs officiels mais sont toujours prêts  à aider des amis surtout quand ils pressentent quelques bonnes castagnes à la clef.

Leonard a, de nouveau, mis le feu à la piquerie de ses voisins et ne peut refuser la demande du policier-enquêteur  Charlie, qui souhaite qu’ils retrouvent Florida, la copine métisse du lieutenant de police Hanson, et accessoirement  l’ex-compagne de Hap.

Elle devait se rendre à Grovetown pour investiguer le décès  suspect de Bobby Joe Smoothe, petit fils du grand guitariste de blues  L. C. Smoothe, trouvé pendu dans sa cellule après son arrestation pour avoir égorgé et volé un visiteur blanc.

Dans les années 1990, Grovetown fait partie de ces petites villes dirigées par le plus gros propriétaire de la région et par une faction du Ku Klux Klan.

Or si Hap est un blanc hétéro et écolo : « Le tronc d’un énorme chêne, sans doute centenaire, faisait penser à un crâne noueux et bosselé  comme une bestiole préhistorique frappée par la foudre. Une coupe à blanc, des bidons d’essence et des allumettes avaient eu raison des dinosaures. Poussés par la cupidité, les bûcherons avaient métamorphosé la beauté en merde et le bois en pâte à papier qui, à son tour, servait à fabriquer les billets de banque pour payer les ouvriers qui avaient fait périr ces dieux végétaux… »,
Leonard est un noir homosexuel qui s’assume  complètement tout en étant conscient de sa situation  « T’es black et gay sexuellement complexé, et donc tu te retrouves doublement oppressé par la société blanche et en même temps tu es émotionnellement mal armé pour t’adapter à la communauté black et  macho à laquelle tu appartiens par la naissance… »

L’arrivée dans cette ville raciste d’un noir et de son ami blanc qui se renseignent sur la disparition d’une métisse va leur valoir d’être piégés et copieusement rossés par un groupe d’habitants payés par le richard du coin puis d’échapper par deux fois à la mort, d’abord par le plomb des fusils d’un groupe du KKK puis par une inondation causée par l’effondrement d’un barrage miné par des pluies torrentielles.

Le shérif les oblige à quitter la ville mais ils reviendront, la vengeance au cœur et trouveront enfin ce qui est arrivée à Florida.

J’ai préféré  « l’arbre à bouteilles » dont l’intrigue était exceptionnelle. Dans ce nouveau roman,  Lansdale continue à s’attaquer à la violence engendrée par toutes les formes de racisme ou d’ostracisme aux États-Unis avec, heureusement,  un humour permanent, mais souvent vulgaire,  dans les conversations de nos deux héros, ce qui allège un peu les situations sordides causées par le fanatisme des uns et l’indifférence des autres.

PS: Mais pourquoi ce titre ? Il vous faudra trouver l’explication soit dans le livre soit dans un documentaire  de la société « National Géographic ».

Le mambo des deux ours, Joe R. Lansdale, Gallimard, 2009, 384 pages, Thriller
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Le bémol du Papou : La fin est bien trop prévisible.

** « Le gué du Diable » de Marc Paillet

La haine est nourrice de mauvaises pensées, inspire les injustices, médite le crime.
                                                                                                        Louis-Auguste Martin

Après la lecture de «La scribe» de Garrido, j’ai eu l’envie soudaine et pressante de relire un roman de Marc Paillet avec  une enquête des missi dominici* de Charlemagne, Erwin le saxon et Childebrandt le noble.
*Envoyés spéciaux pour surveiller et régler les problèmes mettant en cause les dirigeants des contés.

Je les ai retrouvés à Auxerre, ville que j’ai connue dans ma jeunesse… bien longtemps après le règne de Charlemagne… il ne faut quand même pas exagérer mon âge.

La région, dirigée par le comte d’Auxerre, Ermenolde,  souffre de  la haine des deux principales familles, les Gérold et les Nibelung. Ces derniers sont apparentés à Childebrandt ce qui provoque le ressentiment des uns et l’espoir des autres.

Cette  haine date de plusieurs générations et se nourrit perfidement de chacune des actions de l’un ou l’autre camp.

En fait, tout le monde, incluant qu’Ermenold, voudrait accroître sess terres au dépend des autres. L’assassinat d’un soldat des Nibelung, puis celui des régisseurs de chaque famille ainsi que la disparition du petit-fils Nibelung et de la petite-fille Gérold aurait pu provoquer de sanglants combats sans la présence d’Erwin et son épée, de Childebrandt et ses soldats, ainsi que de leurs assistants, Timothy le grec, Antoine le moine paillard et Doremus le brigand repenti.

Nos missi dominici  devront trouver le meurtrier en dépit des non-dits, des mensonges et des dissimulations des membres des deux familles et des tentatives d’émeute des  séides  du comte d’Auxerre.

Une lecture reposante que n’aurait pas désavouer William Shakespeare qui aurait pu l’utiliser pour une de ses tragédies*.
*C’est certainement l’inverse..

Le gué du Diable, Marc Paillet, 10/18, 252 1996, 252 pages, Policier historique
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Le bémol du Papou : Erwin n’est pas très présent. 

*** .La dent du serpent. Craig Johnson

« Cette région regorgeait de vie dans un temps où l’homme blanc, pour ce que l’homme rouge en savait, n’existait pas. »

Combien la dent du serpent est moins cruelle que la douleur d’avoir un enfant ingrat. »
                                                                                                                  Shakespeare Le Roi Lear

Le personnage de Walt Longmire m’a plu dès le début par sa compassion et son empathie envers tous ses administrés, incluant les indiens qui vivent dans son comté d’Absaroka.

Cette-fois, il est intrigué par un ange qui, selon une vieille dame,  viendrait, pendant son absence, faire les réparations qu’elle lui demande par écrit.
Walt croit dans de nombreuses légendes Crows  ou Cheyennes mais pas aux anges.

Il arrête un adolescent qui squattait l’appentis de la maison et faisait le travail demandé  contre un peu de nourriture.

Cord aurait une quinzaine d’années et aurait été rejeté par une secte des mormons. et Sarah, sa mère, a disparu en le recherchant.

Dans l’enquête pour retrouver Sarah Tisdale, Walt va se heurter à la violence d’une  cellule de cette « église »  et rencontrer un vagabond qui prétend être Orrin Porter Rockwell, un homme de loi mormon devenu ne légende pourtant… décédé en 1878.

Après avoir  retrouvé la grand-mère de Cord, Walt apprend que son grand-père, Dale « Airdale » Tisdale avait travaillé pour la  CIA, fait de la prison au Mexique et serait disparu dans un accident d’avion.
Il dirigeait une opération nommée « Milshake » qui déroutait du pétrole sur une grande échelle ce qui pourrait être  une des clés expliquant  l’installation sur le Teapot Dome, des terres abandonnées par les pétrolières, de cette extension de l’église mormone du Dakota du sud.

IL aura besoin de l’aide de Henri Ours-Debout son ami indien, et de Victoria son adjointe pour mettre fin aux manigances de cette société sectaire mais perdra un adjoint, et deux seront gravement blessés..

Mais qui est l’homme qui se prend pour Orrin Porter Rockwell ?
Une fin surprenante dont Craig Johnson a le secret.

Le billet de Claude Le Nocher,  .

La dent du serpent, Craig Johnson, Gallmeister, 2017, 376 pages, Policier
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Le bémol du Papou : J’ai appris que dans certaines sections des mormons, les anciens renvoyaient les  jeunes hommes pour s’accaparer les jeunes femmes. Pourtant, chez eux,  la polygamie a été abrogée en 1880. Je suis sceptique mais pas forcément surpris.

 

*** « La scribe » d’Antonio Garrido

« Ce qui me plait vraiment, c’est lire ! Quand cela m’arrive, j’ai l’impression de  voyager dans d’autres pays, d’apprendre d’autres langues, de vivre plusieurs vies. Je crois qu’il n’existe rien de comparable. »
                                                                                           Antonio Garrido, La scribe.

En l’an 799, les territoires de Charlemagne couvrent une grande partie de l’Europe de l’ouest, de Barcelone et Rome à Hambourg et de la Bretagne (vassal) aux confins de la Carinthie  (Autriche).

L’hiver de cette année-là, la ville de Wurtzburg est frappée par la famine et par une épidémie inconnue qui déciment la population.

Thérésa, la fille du scribe Gorgias, travaille dans l’atelier d’un parcheminier et souhaite devenir compagnon. Malheureusement  Krone, le maître d’atelier s’y oppose, considérant que les femmes devraient s’occuper seulement de leur foyer.

L’entêtement de Thérésa va provoquer l’incendie de la fabrique et sa mort*  ainsi que celle d’un des fils de Krone.
*Fin du roman

Oups !
En fait, le corps carbonisé retrouvé dans les décombres est celui d’une pauvre ouvrière  à qui elle avait passé sa robe.
*Ouf !

Se doutant que Krone voudra se venger, Thérésa prend la décision de fuir et commence un périple aventureux et dangereux.
De nombreuses péripéties  marqueront son voyage jusqu’à Fulda où elle fera la  rencontre Alcuin d’York, l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne qui, apprenant sa connaissance  du grec, va la protéger.

Plusieurs trames s’entremêlent dans ce roman. Aux aventures de l’héroïne, s’ajoutent une enquête pour trouver les responsables de l’épidémie, et une conspiration visant l’annulation  d’un document, malheureusement perdu, qui, ratifié par l’empereur byzantin Constantin VI*, prouvait la reconnaissance de la primauté du Pape romain et lui  donnait  le palais du Latran, la ville de Rome, et  tout l’Occident.
Irène, la nouvelle impératrice veut le détruire alors qu’Alcuin souhaite le  reconstituer**.
* écarté par sa mère Irène*,  qui en sus lui a fait crever les yeux
**Ce qui avouons-le n’est pas très honnête

Entre les manigances de ceux qui sont impliqués dans la vente de céréales frelatées et les conspirateurs à la solde d’Irène,  Thérésa connaîtra l’amour et ses désillusions, recevra des terres pour ses services, verra mourir son père,  sera accusée de meurtre et sauvée par Izam le Padouan, un bel ingénieur chargé de mission par le Roi.

J’ai trouvé ce roman moins dépaysant que « le lecteur de cadavres ». Il est vrai que les us et coutumes au temps de Charlemagne, grâce aux romans de Marc Paillet,   me sont moins étrangères que la société chinoise du XIIIe siècle.

Proverbe amusant : « Un byzantin* est capable de parler plusieurs heures d’affilée…même mort. »
*À l’époque il était grec.

La scribe, Antonio Garrido, Presse de la Cité, 2009, 504 pages, Aventure et policier historique
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Le bémol du Papou : Aventures de Thérèsa un peu trop prévisibles, et explications sur le document un peu trop compliquée. 

** « Le soleil naît derrière le Louvre »  Léo Malet

Les nouveaux mystères de Paris (1er ardt)

Lorsque Nestor Burma est engagé pour retrouver un dénommé Louis lHeureux, parti en goguette dans la capitale, et  le renvoyer dans ses pénates limougeauds, il ne se doute pas que ce travail éphémère va devenir une sinécure régulière.

Etienne Larpent, dont la ressemblance avec son client est indéniable, a été assassiné. C’était un voleur de tableau et un escroc connu, présumé responsable du vol d’un Raphaël au Louvre.

Le commissaire Faroux demande à Burma de prendre contact et de surveiller Geneviève Levasseur un célèbre mannequin et accessoirement la maîtresse du mort.

Entre-temps notre détective retrouve le Limousin dans son hôtel prêt à retourner auprès de sa bourgeoise. Il le quitte, l’attend à la sortie et provoque un accident qui envoie le fêtard à l’hôpital.

Bon, je suis d’accord, la ressemblance entre Larpent et Lheureux, et l’action de Burma pour empêcher ce dernier de prendre le train  indique un peu trop nettement ce qui titille notre limier privé et ses lecteurs assidus.

Cependant tout cela n’est que conjecture et il faudra du temps pour Burma, au milieu d’escrocs affamés, de collectionneurs véreux, de coups sur la coloquinte et d’ardeurs passionnées, pour comprendre où se trouve le tableau, et qui n’hésite pas à tuer pour  le récupérer.

J’ai déjà écrit mon intérêt pour se retour aux lectures et aux ballades parisiennes de mon adolescence, tout en rêvant à Martine Carol* et « à la complainte de Jack l’éventreur » qui fut écrite par l’auteur de cette série.
*C’était avant B.B. en un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaitre.

Le soleil naît derrière le Louvre,  Léo Malet, 12-21, 2007, 72 pages, Policier
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Le bémol du Papou : Mr Burma, voudriez-vous s’il vous plait considérer votre secrétaire Hélène plutôt que toutes celles qui mettent du rouge à lèvres aguichant.

*** « Les nuits de la Saint-Jean » Viveca Sten

Vendetta à Trouville  !

Non, ce n’est pas en Normandie,.mais dans l’île de Sanhamm en Suède, une centaine d’habitants en hiver, entre deux et trois mille pendant la période estivale. Lisa Rosén à disparu. Quelques mois plus tard, le mystère de cette disparition reste entier jusqu’au moment où les enfants de Nora Linde* découvre son bras enterré dans la forêt.
*Héroïne récurrente de la série

Dans « La reine de la Baltique » Nora  a hérité de la maison Brandt* et souhaite la garder. En quelques mois ce legs est devenu une source de tension avec Henrik, son égocentrique et narcissique époux, qui veut la vendre par intérêt financier.  Sentant son  couple se fissurer, Nora envisage, à regret, de changer d’idée. La découverte que son mari entretient une aventure avec une infirmière provoque la séparation du couple.
*Pour connaitre les raisons de ce legs, il faut lire « La reine de la Baltique ».

Les enquêteurs Thomas et Margit, qui avaient été chargé de la disparition de Lisa, retourne sur l’île pour reprendre leurs investigations sur ce qui n’est plus une disparition mais un meurtre.

Au début du 20e siècle Gottfrid Österman a épousé Vendela qui lui a d’abord donné  un fils Thorwald puis une fille Kristina. Après la naissance de son fils, Vendela  a fait une profonde dépression et Gottfrid a ressenti de la haine pour le bébé. Thorwald, un enfant plutôt malingre a subi des violences durant toute son enfance tandis que Kristina, adorée par son père, devenait une vraie chipie.

Nos enquêteurs auront besoin, d’un profileur pour trouver le rapport entre la famille Österman du début du XXe siècle et la famille Rosén  du début du XXIe, ainsdi que des  informations trouvées par Nora dans  le journal intime de Karolina Brandt, la tante de Signe qui lui légua la maison,

Dans cette  enquête, Viveca Stem utilise la même idée que sa collègue suédoise, Camilla Lackberg. Le passé même lointain est souvent la source des problèmes actuels. 

Vous pourrez lire le billet de Claude Le Nocher  en cliquant sur son nom

Les nuits de la Saint-Jean, Viveca Sten, Albin Michel, 2016, 452 pages, Policier
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Le bémol du Papou : Exit provisoire du mari imbu et infect de Nora. 

*** « La troisième fille » d’Agatha Christie

La vertu ne suffit pas à assurer le bonheur, la méchanceté suffit à rendre malheureux.
                                                                                                             Aristote

Oyez ! Oyez ! Je n’ai pas encore fini de lire ou de relire  les 86 romans de Lady Agatha. Depuis que ce blog existe « La troisième fille » est ma quarantième chronique  Ce ne sera  pas la dernière, qu’on se le dise !

Quelle n’est pas la stupéfaction  d’Hercule Poirot quand une jeune femme, qui souhaitait le consulter   pour un crime qu’elle croyait avoir commis, lui déclare finalement « Je pensais que je pouvais vous demander conseil…mais c’es impossible…Vous êtes trop vieux »

Comment cette jeune fille avait-elle obtenue son nom et pourquoi cette volte-face  en le voyant ?

Il est vexé, notre Hercule, mais cette visite le  trouble suffisamment pour qu’il fasse des recherches sur cette femme et sa famille.

Norma est la fille d’un premier mariage d’Andrew Restarick, qui avait abandonné sa femme et sa fille pour une amourette prénommée Louise et qui, après le décès de son frère aîné, est revenu d’Afrique, avec une nouvelle femme, pour reprendre les affaires florissantes de sa famille.

Elle vit dans un appartement avec deux colocataires, la secrétaire d’e son père, Claudia Reece-Holland, dont le père est député, et Frances Cary, une artiste qui travaille pour une galerie d’art.

Poirot à la certitude qu’un meurtre a déjà été commis et  pressent qu’un autre est imminent. Il ne trouve aucune  trace du premier jusqu’au moment où  Mrs Oliver* lui parle d’un accident survenu dans l’immeuble des trois colocataires où une certaine Louise** Charpenter serait tombée accidentellement  par la fenêtre.
* Une au
teure de romans policiers qui revient régulièrement chez Lady Agatha.
**  Indice évident, voir mon cinquième paragraphe  mais, ce n’est pas du spoilage, Poirot le confirme rapidement.

Norma Restarick a des absences de mémoire  et parfois ne se souvient pas  de  ses actions. Elle hait  sa belle-mère mais, plus surprenant, son père aussi. Elle a  retrouvé dans ses affaires, une fiole de poison alors que sa belle-mère venait de  subir une tentative d’empoisonnement  et un revolver  alors que du  sang a été retrouvé dans son immeuble.

Elle fréquente David Baker, un  petit voyou qui essaie de monnayer auprès du père son éloignement de la riche héritière.
Lorsqu’il est poignardé, on la retrouve à ses côtés avec un couteau à la main.

Tout au long de l’enquête j’ai eu l’impression que Poirot voulait protéger Norma et par conséquent  qu’elle pouvait ou devait être la victime  pressentie. Mais tous les indices, ses absences, sa haine et sa disparition provisoire  démontraient son implication.

Je ne vous dirai pas, bien sur, le fin mot de cette histoire et le coup de théâtre de notre détective pour éclaircir le mystère.

Une bonne petite enquête qui montre encore toute l’imagination de notre Lady.

La troisième fille, Agatha Christie, Fleuve noir, 1966,
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Le bémol du Papou : Toujours pas de bémol pour notre Lady.

**** « Le lecteur de cadavres » Antonio Garrido

Il n’existe en réalité que deux sortes de romans, les bons et les mauvais.
                                                                                                          José Manuel Lara ?

Voici un roman-coup de inattendu.

En commençant,  je savais que le roman se passait en Chine durant la dynastie Song, vers la fin du XIIe siècle,  avec un juge enquêteur et son assistant.
Cela m’avait fait penser à la série des enquêtes du juge Ti, de Van Gulik**, que j’avais adoré mais qui, vérification faite se passaient au VIIe siècle sous la dynastie des Tang.
*Pour cette série voir le beau billet de miss Yue Yin.

Le lecteur de cadavres est un roman plus ou moins historique sur les aventures et les péripéties de la vie de Song Ci, auteur en 1247 du Xi Yuan Ji Lu*, le premier traité de médecine légale.
*Traduction : Recueil de cas d’injustice révisés (sous réserve)

Vers 1206, le frère de Ci est accusé d’un meurtre crapuleux et ses parents meurent écrasés par un éboulement, Ci essaie de monnayer ses terres pour soigner sa petite sœur malade mais  se heurte à l’avidité et à la rapacité des nantis de son village.

Il se sauve avec l’argent, qui ne lui appartient pas encore, pour essayer d’atteindre la préfecture de Lin’An où il avait été étudiant et le commis du juge-enquêteur Feng.

Durant son périple Ci, âgé d’à peine vingt ans, vit de nombreuses aventures et fait son expérience de la vie : volé par des enjôleurs, roulé par une fleur* ou aidé (rarement) par des personnages dont l’humanité se dissimule derrière la rudesse ou l’irascibilité.
*Prostituée

À Lin’an, devenu lecteur de cadavres renommé pour le compte d’un devin-escroc, il est mandé par l’empereur pour enquêter sur plusieurs meurtres et… risquer sa vie car, à cette époque, la mort voire la torture était souvent la « récompense » de ceux qui n’obtenaient pas les résultats escomptés.

Selon Khan, le ministre du Xing Bu, le redoutable Conseil des Châtiments, ces meurtres seraient causés par  la vengeance d’Iris Bleu, une descendante du général Yue Fei, un héros national accusé de trahison puis réhabilité par Xiaosong , le grand-père de l’empereur actuel. Cette ancienne concubine devenue aveugle, puis pourvoyeuse de son  empereur est la nouvelle femme du juge Feng, l’ancien mentor de Song Ci.

Toutefois, la doctrine confucéenne interdisant d’intervenir à l’intérieur d’un corps, (les traditionalistes affirmaient que la chirurgie était une régression),  gêne Ci dans ses observations  et lui attire l’inimité du puissant Khan.

Épopée fascinante dans la Chine ancienne et exotique, avec ses coutumes, ses doctrines, ses obligations et sa brutalité. Ci conservera, en dépit du bannissement de son père et de l’accusation de meurtre de son frère,  le principe qu’ « un foyer fort est celui qui soutient un père courageux, une mère prudente, un fils obéissant et un frère obligeant. »

Étant donné mon introduction et le recueil écrit pas Ci quarante ans plus tard, vous aurez compris qu’il réussira à trouver l’assassin*, le comment et le pourquoi non sans passer au travers de chantage, de tortures et d’emprisonnement. Mais, a-t-il vraiment trouver l’instigateur ?
Spoiler un jour, spoiler toujours.

On est parfois déçu d’une œuvre encensée. Mais, heureusement, on trouve aussi des petites pépites qui nous surprennent.

PS : En bon Béotien, j’ai essayé de survolé l’histoire chinoise de cette époque et paniqué en essayant de comprendre la situation dynastique de la Chine entre 1150 et 1250 A.C.
L’empereur qui règne du temps de Ci se nomme Ningzong*. Il  était le treizième empereur de la Dynastie des Song et le quatrième des Song du Sud.
*Même pas vrai, son nom réel était Zhao Kuo
En 1127, les Song avaient perdu une partie de leur territoire au profit de la dynastie  Jin, des mandchous qui a leur tour seront conquis par … Gengis Khan*. Les Song du Sud disparaîtront à leur tour en 1279 vaincu par Khubilaï Khan** qui deviendra  le premier empereur de  la dynastie des Yuan.
*Celui-là, est bien connu.
**Celui-là aussi, c’est celui de Marco Polo et le petit-fils de Gengis Khan

Les avis de Dasola,  Alex, et  Sophie

Le lecteur de cadavres, Antonio Garrido, Le Livre de Poche, 2015, 708 pages, Policier historique
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Le bémol du Papou : La naïveté de Ci  à ses débuts peut surprendre. Les principes de vie chinois et son jeune âge en sont certainement la cause.

*** « Ramdam à Mahâbalipuram » de  Sarah Dars

La dernière chose qu’elle vit avant de mourir fut ce palmier déraciné par la tempête.

Situé à une cinquantaine de kilomètres de Madras, la ville de Mahâbalipuram abrite un site archéologique et des temples importants. Lors d’un séjour Doc et sa famille font la connaissance de Sumitrâ une jeune vendeuse de souvenirs et de colifichets qui leur fait visiter des grottes.

À chaque fois qu’il venait dans cette ville, Doc passait la saluer. Dès leur première rencontre Sumitrâ, était tombé un peu amoureuse du Doc, impressionnée par sa petite taille, sa minceur et sa vivacité. Sumitrâ  s’occupait de son jeune frère ,Lakshman, et voyant qu’il prenait de mauvaises habitudes, elle demanda de l’aide  au Doc. Celui-ci accepta de le prendre dans sa famille.

Lorsqu’on retrouve Sumitrâ noyée, Doc ne croit pas à un accident car « comme tous les gosses de cet endroit elle savait nager depuis qu’elle savait marcher ».

Il réussit à obtenir une autopsie plus complète dont les conclusions lui donnent raison. Sumitrâ a été drogué et ses poumons ne contiennent pas d’eau. Elle a donc été tuée avant d’être  jetée à l’eau.

Depuis son arrivée dans la ville, de nombreux ragots courraient sur cette jeune femme dont on disait qu’elle avait vécu ailleurs une vie plus dissolue.

Lors de son enquête, Doc apprend que très jeune, elle avait été vendue par ses parents et qu’elle avait tué son souteneur violeur.
Ce meurtre, ses actions pour défendre les femmes violées, pour aider les pauvres à obtenir ds prêts et son refus de partager les profits de son commerce ou de vendre de la drogue avait entraîné la haine d’un groupe de criminels.

Ce roman n’est pas une enquête du Doc mais une quête pour comprendre cette jeune femme, connaitre le milieu d’où elle venait et les raisons de son assassinat crapuleux et inutile. Doc après avoir décrypter  les indices laissés par Sumitrâ  sur les tueurs  les transmettra  au policier chargé de l’enquête.

L’intérêt que je porte aux romans de Sarah Dars et à son héros tient surtout à ma grande ignorance* de la culture, des coutumes  et de la société indienne en général. C’est un vrai dépaysement, une promenade sur une autre planète où les prêtres ou Brahmanes, les guerriers ou Kshatriyas, les marchands ou Vaishyas, les serviteurs ou Shudras sans oublier les Intouchables vivaient ensemble sans vraiment se côtoyer. Il semblerait que cette société évolue tranquillement et que certains tabous ont commencé lentement à être transgressés. Ainsi le Brahmane Doc apprécie la Shudra Sumitrâ pour ce qu’elle est sans tenir compte de leurs castes respectives.  

Exotique !

Ramdam à Mahâbalipuram, Sarah Dars, Éditions Philippe Picquier, 2011, 332 pages, Policier
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Le bémol du Papou : Doc est un mélomane qui adore la musique de son pays. J’avoue mon inculture générale concernant les œuvres musicales en général et mon ennui profond à lire les interminables descriptions à ce sujet.

**** « La fille de Brooklyn » de Guillaume Musso

On aime ce qu’on n’est pas.
                                          Albert Cohen

J’avais déjà acheté « La fille de Brooklyn », lorsque mon association de lecteurs décida de mettre « un appartement à Paris »  en lecture commune. Après mon billet mitigé sur  ce roman, Je n’avais pas l’intention de replonger rapidement dans l’univers de cet auteur. 

J’ai suivi les conseils de Dulcinée*. Bien m’en a pris !
*Il faut toujours suivre les conseils de sa Dulcinée

Raphaël Barthélémy est un écrivain de polar-thriller reconnu. Après une mésaventure sentimentale qui lui a laissé un goût amer et un petit garçon, il est tombé amoureux d’Anna Baxter, une jeune métisse enjouée avec parfois des zones d’ombres. Répondant à ses questions insistantes, elle lui montre une photo de trois corps calcinés en révélant qu’elle en est responsable. La première réaction de Raphaël est de s’enfuir pour réfléchir, quand il revient, Anna n’est plus là.

Aidé de son ami et voisin Marc Caradec, un ancien policier de la BRB, il essaie de la retrouver. Au fur et à mesure de leur enquête, le passé de la jeune femme se dévoile complexe et déroutant.

Claire Carlyle avait changé de nom après son enlèvement par un prédateur sexuel et était devenue Anna Baxter. Le prédateur était mort avec ses trois autres victimes*.
* Pas besoin des talents de Sherlock pour faire un rapprochement avec la photo.

Elle a de nouveau été enlevée dès son retour à Paris. Mais par qui ? 

L’enquête va se scinder entre la France et New York, d’où était originaire Anna. Elle va permettre de découvrir  que  les décès  de la mère d’Anna et d’une journaliste étaient en fait des assassinats, de plonger dans les arcanes et les magouilles de la politique américaine, non sans révéler  au passage quelques policiers  ripoux et  une vengeance secrète relative aux trois corps calcinés.

Dans ce roman, Trump  a été vaincu dans les primaires des conservateurs par un « politicien honnête »*.
*Pléonasme ou Tautologie

« C’était une drôle d’époque. Une époque qui manquait d’hommes d’État. Une époque où les discours intelligents et les raisonnements complexes n’avaient plus de place. Une époque où seuls les propos simplistes et excessifs réussissaient à trouver un écho médiatique. Une époque où la vérité n’avait plus d’importance, où les émotions faciles avaient supplanté la raison, où seules comptaient l’image et la communication. »

De péripéties en coups de théâtre, de surprises en révélations, je me suis retrouvé complètement subjugué par l’imagination de Guillaume Musso et n’est mis que trois jours pour finir les 561 pages.

Parmi les six Musso déjà lu, il y en eu d’excellents, « Central Park » ou « L’appel de l’Ange », des moins bons, « un appartement à Paris » et « 7 ans après… »  et des ordinaires, « Skidamarink ».

« La fille de Brooklyn » est l’un de ses meilleurs tout juste après « Central Park ».

La fille de Brooklyn, Guillaume Musso, Pocket, 2017, 561 pages, thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une des raisons du succès de Musso, et pas la seule, tient au fait que ces romans baignent toujours dans un optimisme inéluctable même si parfois, comme dans « un appartement à Paris », il compose avec l’improbable, l’impossible, et même l’illégal.