Archives de catégorie : Lecture

*** »Le sabre du calife » Marc Paillet

Comme vous, je suis homme et mortel, et, comme vous, il peut m’arriver d’oublier.
                                                                                                                           Mahomet

Après la destitution de l’impératrice Irène de Constantinople, Childebrand et  Erwin, missi dominici de Charlemagne, sont chargés d’une ambassade auprès du sultan Haroun al-Rachid* afin de préparer une entente pour contrer les visions expansionnistes de Nicéphore, son successeur.
*Celui des contes des mille et une nuits

Outre leurs lettres de créance ils apportent au sultan un magnifique sabre ouvragé, récupéré dans le trésor des Avars*, dont la poignée brille des magnifiques éclats de nombreuses pierres précieuses.
Dès leur arrivée, nos deux compères sont surpris et éblouis par l’ingéniosité et la beauté de la civilisation arabe.
* campagnes menées par les Francs sur le Danube contre les Avars de Pannonie** de 791 à 805.
**Située à l’emplacement actuelle de la Hongrie

Arrivés à Palmyre, ils sont attaqués par des bédouins qui leur volent les lettres de créance et le sabre.

Nos missi dominici sont convaincus que ce raid a pour but de faire échouer leur mission. Dès leur arrivée à Baghdâd, ils se retrouvent au milieu de diverses intrigues Outre les intérêts personnels de certains dirigeants pour améliorer leurs richesses et augmenter leurs pouvoirs, d’autres semblent préférer des accords avec Constantinople beaucoup plus près géographiquement que ces lointains francs que l’on connait peu.

Autre souci, le Calife ne semble pas pressé de les recevoir, et le lieu de résidence dont ils bénéficient ressemble plus à un bâtiment abandonné qu’à un palais.

Aidés de quelques conseillers et de leurs aides habituels, Timothée dit le Goupil, Frère Antoine dit le Pansu et l’ancien rebelle Doremus, nos ambassadeurs  vont continuer leur enquête pour retrouver le butin volé, malgré les cadavres  qui apparaissent au fur et à mesure de leurs investigations, trouver le responsable  de leurs problèmes et obtenir une entrevue avec le Calife.

Cette série qui date de plus de vingt ans continue à me plaire par son aspect historique et sociologique souvent oblitéré par la personnalité de Charlemagne et par ses conquêtes.

PS : J’ai apprécié la notice historique d’une vingtaine de pages à la fin de ce roman sur, Mohamed, la montée de l’Islam et sur le schisme entre Sunnites et Chiites, dont on parle beaucoup de nos jours sans trop en connaître les raisons.

Le sabre du calife, Marc Paillet, 10-18, 1996, 195 pages, Policier historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Intéressant ! Mais parfois un peu trop cliché dans les comparaisons entre les civilisations franques et arabes.

 

**** « Témoin à charge » Agatha Christie

Comme mentionné dans des chroniques précédentes, je lis peu de nouvelles, trouvant le genre trop sec pour me permettre de percevoir les personnages et comprendre les situations*.
*ou inversement.

J’ai besoin de préparation, de mise en bouche avant de me sentir concerner et je commence à peine à ressentir  les saveurs que le plat est déjà terminé.

Il y a des exceptions. Lady Agatha en fait partie.

Son principale talent est une mise en situation, courte mais complète qui, en quelques phrases, nous intègre rapidement, à ses  intrigues.

Ce recueil comprend huit nouvelles :

La radio
Le vase bleu
Le mort avait les dents blanches
Double manœuvre
Trio à Rhodes
Le rêve
Le mystère du bahut espagnol

À l’exception de « Trio à Rhodes » qui comprend 6 chapitres, toutes les autres ne dépassent pas une vingtaine de pages et sont un florilège des turpitudes de la nature humaine pour obtenir frauduleusement quelque chose.

Des nouvelles en forme de petits bijoux d’écriture.

Témoin à charge, Agatha Christie, Le masque, 1977, 221 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Pas de bémol pour Lady Agatha…Je répète, pas de bémol pur Lady Agatha.

*** « Snjðr » de Ragnar Jðnasson

La neige apaise tout, on dirait qu’elle porte en elle le silence ou, plutôt, que dans l’espace qui sépare deux flocons, entre les flocons, il y a le silence.
                                                                                                  Jon Kalman Stefansson

 

Originaire de Reykjavik, Ari Thor Arason, ancien étudiant séminariste qui sera  rapidement surnommé « le révérend »,  accepte, à la sortie de l’école de police et dans un pays en pleine récession, un poste dans la petite ville de Siglufjordur, petit port de pêche perdu, encastré dans les montagnes au nord du pays.

Il laisse  Kristin sa petite amie qui fait des études médicales et refuse de le suivre.

Il va devoir apprendre son métier de policier de terrain, s’accoutumer aux us des petites villes où tout le monde se connait, accepter l’indifférence voire le rejet de la population envers un jeune citadin.

Horlfur, un des plus grands auteurs islandais, dont le seul ouvrage publié a fait la renommée, vit à Siglufjordur. Il est devenu, à la fin de sa vie, le président de la société culturelle et le producteur de la compagnie de théâtre amateur. Entre deux répétitions il fait une chute mortelle dans le théâtre.

Accident ? Meurtre ?

Si Ari Thor a des doutes, Tomas son supérieur préfère, par souci d’éviter une tempête médiatique et administrative, la thèse de l’accident causé par un abus dl’alcool dont la victime était coutumière.

L’agression violente de Linda, la femme de l’acteur principal, vient  infirmer cette théorie et oblige Tomas a envisagé le meurtre.

Une importante tempête de neige bloque tout accès à la ville. Ari Thor ressent une certaine claustrophobie, amplifiée par son malaise  de ne pouvoir s’expliquer avec Kristin tandis qu’il commence à apprécier Ugla, une jeune expatriée comme lui. 

Voici un nouvel auteur (pour moi) dans la galerie des auteurs de polar islandais, le plus connu  étant Arnaldur Indridason. Cependant, Ragnar Jðnasson,  mérite une petite visite. Plus tard, il me faudra faire une petite escale chez Arni Borarinsson, Arni Thorarinsson, Jon Hallur Stefansson, Stefan Mani et Yrsa Sigurdadottir, il semblerait que chacun des 330 000 islandais a été, est ou deviendra un auteur de polars.

Très bon jusqu’au coup de théâtre final aussi surprenant qu’inattendu.

Snjor, Ragmar Jðnasson, La Martinière, 2016, 335 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Chez Indridason J’avais déjà des problèmes avec les noms islandais  mais quand une  conversation implique Leifur, Ulfur et Horlfur, j’en perd mon latin oups… mon islandais.

Mais au fait, ça veut dire quoi « Snjðr » ? Bon je ne vous titille pas plus longtemps, c’est « neige ». Le traducteur  a dû penser que tout un chacun utilise l’islandais comme langue vernaculaire comme  sont le papou ou le moldave oriental.

*** « Un outrage mortel » de Louise Penny

Agis avec gentillesse, mais n’attend pas de la reconnaissance.
                                                           Confucius

Louise Penny fait maintenant partie de mes auteurs chouchous. Quand dans ma librairie préférée, je tombe sur  son nouveau roman, mes bonnes résolutions économiques prennent le bord.

Après avoir été gravement blessé lors d’une opération contre certains dirigeants corrompus de la Sureté du Québec, Armand Gamache a pris sa retraite dans le petit village de Three Pines.

Ses proches sont surpris lorsqu’il accepte de reprendre du service comme commandant de l’école de Police. Notre ancien détective à la brigade des homicides est persuadé que l’école était utilisée pour  recruter et pervertir de nouveaux agents afin de  favoriser les malversations des dirigeants véreux.

Après avoir démis un certain nombre d’enseignants et rétrogradé Leduc, surnommé le Duc, l’ancien directeur, à un simple poste de professeur, il se rend compte que les étudiants de troisième année ont certaines difficultés à accepter ses nouvelles règles.

À Three Pines, Olicier, l’un des propriétaires de l’auberge en rénovation, retrouve de nombreux documents cachés dans un mur et remet à Gamache une carte centenaire qui indique le village alors que sur toutes les cartes modernes, il n’est jamais mentionné.

Comme devoir d’enquête, il  remet des copies de  ce document à  quatre étudiants, deux anciens, un garçon qui le déteste et une élève d’origine chinoise et deux bleus, un jeune gay et une gothique dont Armand Gamache a longtemps hésité avant de l’accepter dans l’école pour des raisons qui ne seront dévoilées qu’à la fin du roman.

Leduc, l’ancien directeur, est retrouvé assassiné d’une balle dans la tête et une copie de la carte retrouvés dans  le tiroir de sa table de nuit.

L’enquête est confiée à Isabelle Lacoste, la nouvelle responsable des homicides à la suretée du Québec et ancienne collaboratrice de Gamache. Un haut gradé de la Gendarmerie Royale du Canada est désigné, sur demande d’Armand,  pour surveiller la  neutralité de l’enquête.

Le responsable de la GRC suspecte très rapidement Armand Gamache de cacher certains éléments et d’être responsable du meurtre.

Il n’y a jamais de violence gratuite dans les romans de Louise Penny mettant en vedette Armand Gamache, ce gentil policier  qui cache sous son apparence débonnaire un esprit acéré et aussi tortueux que Machiavel lui-même.
Cette fois, ses amis sont inquiets. Que cache cette décision de laisser l’enquête se dérouler sans lui ?

Un outrage mortel, Louise Penny, Flammarion, 2017, 496 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou :Pour une fois, aucun décès suspect dans  le village « tranquille » et introuvable de Three Pines.

*** « L’amie prodigieuse » Elena Ferrante

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.
                                                                                                              Charles Aznavour

Voilà ! C’est fait !
J’ai lu la première  partie de cette série qui a enchanté la blogosphère. En général, je me méfie de ces engouements;  Peur d’être déçu certainement mais encore plus  peur de me sentir  exclu.

Mon  club l’avait choisi  comme lecture commune pour septembre et comme septembre s’annonce… je me suis donc lancer, un peu à reculons, je l’avoue.

Et…
Je ne suis pas déçu, mais je n’ai pas ressenti cet enthousiasme  dithyrambique qui m’avait  fait peur.

À  la fin des années cinquante, deux petites filles, vivant dans un quartier défavorisé de Naples, deviennent amies. Une cinquantaine d’années plus tard, Lenu, l’une d’entre elles, raconte leur histoire depuis leur rencontre, en première année d’école, jusqu’au moment où, à peine sorties de l’adolescence, leurs vies va complètement  changer.

Lila est la rebelle, vive, intelligente  et Lenu, l’imitatrice, le disciple, la bûcheuse appliquée. Leur institutrice   va être l’origine inconsciente  de leur transformation en obtenant difficilement l’accord des parents de Lenu pour qu’elle  poursuive ses études.

Leurs vies se déroulent  jusqu’à la fin de l’adolescence avec ces peurs, ces bêtises infantiles, ces petites aventures quotidiennes, ces relations parentales souvent difficiles, (nous sommes au milieu du XXe siècle), ces premiers émois sexuels et ces us et coutumes relationnels où celui qui possède quelques biens dominent les autres.

Sortir de la misère ne peut s’obtenir qu’en quittant son quartier, en abandonnant ses amours de jeunesse et ses amis. Mais, si vous pouvez oublier  le lieu de votre enfance, celui-ci ne vous oublie jamais.

J’ai bien aimé le contexte social  de ce Naples qui, loin des clichés  et des images touristiques nous offre la misère ordinaire de ses habitants sans instruction qui parlent leur dialecte et sont  imprégnés de ce sentiment inéluctable que, quoiqu’ils fassent, rien ne changera.

Avec les émotions de Lenu, j’ai retrouvé une grande partie de ma jeunesse (dans un milieu ouvrier pas aussi misérable) qui s’est déroulée durant la même période, avec ces doutes, ces hésitations, cette oscillation  permanente entre les études et les copains*, cette sensation d’être toujours différent sans le vouloir et ce désir inconscient de rester toujours le même.
*voir le bémol du Papou

Cet ouvrage, que je suppose  être en grande partie autobiographique,  pourrait être raconté par de nombreux enfants nés pendant ou à la fin de la guerre avec le décor comme seule différence. L’excellente écriture d’Elena Ferrante brosse un tableau très vivant de Naples et des napolitains, tableau qui m’a  captivé plus que l’histoire somme toute banale.

Pour les nombreux avis  cliquer sur le nom de leurs auteures : Violette,  Papillon, Clara,  Sylire, Noukette,  Lucine, Les 2 bouquineuses, Titine, Karine, etc…désolé pour celles que j’ai oubliées

L’amie prodigieuse, Elena Ferrante, Gallimard, 2014,
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol (émotionnel) du Papou :  La prime enfance est ce qui nous marque le plus. Ils sont toujours  restés dans ma mémoire, Blanchebarbe, Nez-de-bœuf, Moustique, Cahier, Jean-Mi, Jimmy et les autres. Par contre, j’ai pratiquement oublié la plupart de ceux qui sont venus après.

 

 

 

*** « Shibumi » de Trevanian

Le sage atteint l’équilibre en réduisant ses besoins au niveau de ses possessions.

J’ai beaucoup aimé « Le flic de Montréal »  de Trevanian. En le  relisant cette année, j’ai eu envie  de me plonger dans  un  autre ouvrage de cet auteur. 

Les phases du jeu de Go servent de titre pour chaque partie du roman.

Fuseki : l’ouverture

Vers 1979, deux israélien sont tués dans un attentat à l’aéroport de Rome, leurs assaillants, deux asiatiques, sont immédiatement abattus, non sans quelques dommages collatéraux pour cinq passagers innocents.
À Washington, sont réunis les commanditaires de l’attentat. Diamond, un dirigeant  de la Mother Company, et des agents de la CIA et de l’OPEP.
La Mother Company, consortium des principales multinationales du pétrole, des communications et des transports, et Fat Boy son ordinateur, contrôlent secrètement les activités de la CIA au Moyen-Orient et toutes les opérations touchant les nations productrices de pétrole.

Shanghai, 1922 : En arrivant, Alexandra Ivanovna, une aristocrate russe et désargentée, devient une personne très fréquentée ou peu fréquentable et donne naissance à un fils qu’elle nomme Nicholaï Alexandrovich Hel puis  renvoie  le père à d’autres occupations.

En 1937, les japonais prennent le contrôle de Shanghai. Le Général Kishikawa Takashi devenu l’amant d’Alexandra Ivanovna, se prend d’affection pour le jeune Nicholaï et lui donne ses premières notions de Go.

1941 après l’attaque de Pearl Harbour, Nicholaï devenu un très bon joueur est envoyé par  Kishikawa au Japon auprès d’un grand maitre.

Sabaki : tentative d’éliminer une situation confuse par une manœuvre rapide

À la fin de la guerre, Nicholaï, devenu disciple du hoda koros,  l’art de donner des coups mortels avec de simples  objets, se retrouve seul, sans papier officiel et sans emploi. Emprisonné par l’occupant américain pour des raisons que je ne dévoilerai pas, puis torturé, il est  mis en isolement cellulaire pendant trois années, il ne retrouve sa liberté qu’en acceptant d’aller tuer un homme en Russie. Il devient ensuite le meilleur tueur contre-terroriste indépendant.

Seki : position neutre, une impasse

Au moment de l’attentat de Rome, Hannah Stern, un membre du commando israélien,  n’a pas été repérée par la CIA et s’est réfugié à Etchebar, au pays Basque, chez Nicholaï Hel.
Les  israéliens se rendaient à Londres pour éliminer des terroristes palestiniens.

Nicholaï, qui doit un service au père décédé d’Hannah, réussit à la convaincre d’abandonner son projet irréalisable par une seule personne non entrainée.
Une réunion entre Diamond et Nicholaï semble aboutir à une conciliation.

Uttegae : sacrifice, gambit

L’officier qui a fait torturer Nicholaï, 30 ans plus tôt,  était le frère du dirigeant de la M.C. Il est décédé de « mort naturelle » comme le soldat tortionnaire et le médecin qui administrait des drogues de vérité. L’accord entre les parties explose lorsque Hannah est abattue.

Shicho : attaque

Tsuru no sugomori : « les grues restent prisonnières de leur nid » les pierres ennemies sont capturées

Pour ces deux dernières phases, je ne vous donnerai aucune information, les titres étant suffisamment explicites.

Bien que parue en 1979, ce roman n’a pas vieilli, ni dans sa conception d’un monde ou des trusts supranationaux ralentissent certains progrès pour augmenter leurs profits au détriment des populations, ni dans son appréciation sur les diplomates : « Il faut acquérir une certaine déformation de  la conscience, une élasticité envers la vérité, pour être efficace en diplomatie. »

Glaçant !

Shibumi, Trevanian, Gallmeister, 1981, 480 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Le jeu de Go, qui m’a intéressé dans un passé lointain, et la spéléologie, pour laquelle je n’ai aucune appétence, sont des activités importantes du livre. Les péripéties cavernicoles m’ont  lassé.

** « Les 7 anneaux de Rhéa » de Richard Bessière

Le souci de la cohérence est un vice mortel et ces êtes-là ne sont pas des mortels. Ils sont capables de changer la nature même de la réalité.

Aujourd’hui, je vais tenter de vous parler d’anti-cosmos intérieur   plus près du microcosme que du macrocosme*.
*selon mes études antédiluviennes, anti= contre, micro=petit et macro=grand. Ça ne m’a pas  aidé beaucoup.

Je demande à ceux qui l’ont lu et auraient  tout compris de bien vouloir excuser les erreurs que je ne vais pas manquer de commettre.

Il y a deux ou trois siècles*, après un cataclysme sismique provoquant l’éclatement de l’écorce  de la Terre, il y eu un exode massif de terriens survivants vers Venus où ils créèrent une nouvelle civilisation en partant de zéro.
*J’ai oublié de noter ce détaillounet.

Le professeur Kurt Warren, est un biochimiste responsable de la création de jeunes génies vénusiens, « n’ayant eu pour mère et pour père, qu’une éprouvette et un alambic », comme Jefferson ou Mary qui se sont rendus compte qu’ils possédaient certains pouvoirs additionnels.

Ainsi, Jefferson peut s’évader de son corps, se transférer dans un autre, et faire voyager sa pensée au-delà du temps et de l’espace. Mary Davis, est une géniale mathématicienne qui a le pouvoir de se téléportation.

Le retour à la terre-mère fait parti des grands désirs vénusiens. Le professeur a préparé une expédition regroupant outre lui-même et Marie, un pilote de fusée, un sismologue, un géophysicien, un radio-météorologiste, en faisant construire la première fusée spatiale pour la reconquête de Rhéa autrefois appelée la Terre.

Au cours du voyage, ils ont des problèmes avec une entité ectoplasmique qui veut contrôler la fusée en tuant le pilote, et en prenant possession de son corps. Jefferson, qui avec ses capacités, suivait le vol de ses amis, réussit à repousser la « chose » et  se transfert dans  le corps de Landry.

À partir de ce moment je vais résumer non les aventures mais la théorie à la base du roman.
La Terre serait composée de plusieurs couches imbriquées comme des matriochkas.

Après avoir traversé un amas de débris rocheux, formant un vaste anneau autour de Rhéa, qui serait les débris de l’écorce détruite, ils ont la surprise de trouver huit nouvelles masses continentales, cinq grands océans et plusieurs chaines montagneuses dont les vestiges dateraient de…plusieurs millénaires.

Après avoir pris contact avec les habitants de cet (ancien) nouveau monde, les survivants* vont donc entreprendre un voyage vers le centre de la planète, visiter des mondes complètement  différents, aider de Marka, aux yeux de couleurs inconnus brillants comme des gouttes de rosée, rencontrée lors de ce premier contact.
«j’appartiens à un autre monde, à un autre univers et qui règne sur le tien. Ce monde nous appartient. Nous en sommes les maîtres depuis l’origine des Temps, depuis que nous avons vaincu les puissances contraires. »
* deux membres de l’expédition  décèdent lors d’un atterrissage catastrophique,

Les puissances contraires, le bien et le mal donc, mais qui dirige la planète, des démons ou des dieux ?

Les sept anneaux de Rhéa, Richard Bessière, J’ai Lu, 2011, S.F.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Le Béotien aime bien certaines œuvres de S.F. mais, quand il se retrouve devant des théories destinées à des petits génies,  il en perd des gros bouts.

 

 

*** « Ceux qui osent » de Pierre Bordage, tome 3

Il est plus difficile à un riche d’entrer au paradis qu’à un chameau de passer par le chas d’une aiguille.
                                                             Mathieu 19;24

Je vais certainement, en dépit de mon souhait de ne pas le faire, spoiler certains éléments des deux premiers tomes aussi, pour ceux qui ne les ont pas lu, soit ils évitent ce dernier billet avant de m’agonir soit ils le lisent en toute connaissance de la situation.
*Surtout Pour éviter des problèmes avec l’Héritière.

Attention spoilage, donc !

Nos héros des deux premiers tomes sont enfin arrivés sur la terre promise de l’Arcanecout, cet Eldorado  des populations martyrisées par les autocraties européennes et américaines.

Mais cette démocratie est devenue un petit caillou dans les escarpins vernis des monarchies qui l’entourent et, aidées de leurs procréateurs européens,  elles se  sont coalisées pour lui déclarer la guerre.

Pendant que tous les hommes valides sont au front, sous les bombardements aériens ou maritimes, les femmes et les vieillards tentent de survivre sans aucun ravitaillement, tandis que des commandos, débarqués subrepticement,  sèment la panique en égorgeant des familles sans défense.

Pourtant tout n’est pas parfait dans ce pays sans aucune ambition territoriale.
L’incompétence, alliée à une situation  militaire  lamentable et insuffisante,  a engendré un  certain défaitisme et la trahison  d’ambitieux  qui ont commencé à négocier avec les ennemis.

Sur le front, l’hiver glacial n’empêche pas des actions ponctuelles pour obtenir des informations sur les positions ennemies. Le froid, la faim, la prison, la torture et les blessures sont les conséquences de la stupidité des hommes dans leur instinct primaire de se battre.

Des ours totémiques et un jeune garçon débile, à l’adresse phénoménale au tir, feront aussi partie des héros de ce troisième tome.

Le printemps est sur le point de remplacer l’hiver. Que se passera-t-il quand les coalisés vont attaquer ? Les troupes arconautiennes seront-elles submergées et détruites ? Cette quasi certitude détruit le moral des assiégés pourtant prêts à mourir pour « un pays où un homme et une femme peuvent s’aimer en toute liberté….est la plus belle des définitions d’un endroit où il fait bon vivre. »

à moins que…

Voilà un roman jeunesse qui pourrait déplaire aux lecteurs « sérieux » parce que c’est une uchronie ou pour ces extraordinaires aventures souvent engendrées par l’amour, ou par  la légèreté du caractères des personnages etc…
Ma jeunesse éternelle a bien aimé parce que c’est avant tout une roman sur l’espoir. L’espoir du bonheur, l’espoir d’une situation meilleur, l’espoir de la vie, l’espérance quoi !

 Ceux qui osent, Pierre Bordage, Flammarion, 2012, 340 pages, Uchronie-Jeunesse
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Le bémol du Papou : Les couvertures ne sont pas très jolies.

*** « Ceux qui rêvent » de Pierre Bordage, tome 2

 C’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien.
                                                                                                                              Sénèque

J’aimerais, tout d’abord, faire mon mea culpa*. Dans mon billet sur « Ceux qui sauront » je me suis fourvoyé et Clara n’a pas encore disparue au début de ce deuxième tome. Mais soyez sans crainte, ce n’est que partie remise.
*L’inconvénient de lire les trois tomes sans prendre de  notes

Après l’émeute de 2008, qui clôt le premier tome, et ses plusieurs centaines de milliers de morts, la  répression est impitoyable. Les arrestations se multiplient. Les autorités maintiennent la population parisienne dans une terreur permanente.
Clara et Jean ont commencé à donner des cours clandestins d’alphabétisation lorsque Clara disparaît*.
* Je vous l’avais écrit…trop tôt !

C’est Christa, la sœur de Clara, qui apprend à Jean qu’elle a été enlevée par sa famille pour être mariée à l’homme le plus riche de la Nouvelle-France.

Je dois vous parler des anciens États-Unis qui ont explosé.  Les monarchies européennes se sont partagées le territoire en  cinq royaumes dont les souverains leurs sont apparentés. La Nouvelle-Angleterre,  la Nouvelle France, la nouvelle-Saint-Petersbourg, le royaume du centre affilié à l’Espagne et  enfin l’Arcanecout, qui regroupe les anciens États  (Arizona, Californie, Nevada, Colorado et Utah) dont la reine, pourtant  parente du Kaiser allemand, a abdiqué pour faire place à une démocratie  populaire.

« Ceux qui rêvent » ne raconte pas uniquement les aventures  de Clara et de Jean.

Après son initiation, Elan Gris un jeune Sioux Lakota, décide de quitter la réserve misérable de son peuple, pour suivre sa vision vers la « cité radieuse au bord de l’étendue bleue ».
Affamé, il trouve refuge auprès d’une caravane de disciples de St Jean de Boise, qui fut pendu dans la Nouvelle-Saint-Petersbourg  pour son refus d’intégrer l’église orthodoxe. Victimes d’oppression, ils ont décidé de rejoindre  l’Arcanecout.

Parmi ces disciples, Elan Gris remarque Nadia, une jeune femme aux cheveux couleur de paille et aux yeux clairs.

Revenons à Jean qui a décidé de retrouver Clara. Sans argent et sans papiers officiels il réussit à se faire engager comme charbonnier sur un paquebot à destination de New-York. Ce métier est si dur que les compagnies ont du mal à en recruter et ne sont pas trop tatillonnes sur ceux qu’elles embauchent.

En Nouvelle-France, au domaine Maxendeau, Clara, en attendant son mariage, est maintenue sous l’influence de drogues.

Ce n’est pas facile de parler d’un roman en trois volumes sans rien dévoiler, aussi je vais simplement vous dire que « Ceux qui rêvent » est le récit d’une quête, celle d’Arcanecout, celle  de l’espoir, par nos quatre héros, accompagnés  d’Elmana, la femme de chambre personnelle de Clara qui l’a aidée lors de son évasion.

Bientôt mon billet sur « Ceux qui osent » dernier tome de la série.

Ceux qui rêvent, Pierre Bordage, Flammarion, 2010, 334 pages, Uchronie jeunesse.
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Le bémol du Papou : Des invraisemblances…peut-être, mais pardonnables dans cette saga si intense.

 

 

*** « Une étude en rouge » d’Arthur Conan Doyle

Élémentaire, mon cher Watson.

J’avais envie de relire Sir Arthur Conan Doyle, surtout les enquêtes de Sherlock Holmes .
C’est fait !…
Et ce n’est un début !

C’est dans ce premier roman que  le Docteur Watson, rapatrié pour une grave blessure reçue lors du deuxième conflit Anglo-Afghan,  rencontre celui qui va devenir le plus célèbre détective. Ils s’installent au 221B Baker street, une adresse qui deviendra l’une des plus connues dans le monde. 

Le policier Tobias Gregson a trouvé dans une maison inhabitée le cadavre d’un américain Enoch J. Drebber.
Gregson et Lestrade, un autre policier de Scotland Yard, recherchent son secrétaire, Joseph Strangeson, américain lui aussi, qui a disparu.

Holmes est intrigué par une bague de fiançailles trouvée sous le cadavre. Il place une petite annonce  et reçoit la visite d’une vieille femme qui réussit à semer la filature.

Lorsque Scotland Yard retrouve le secrétaire égorgé dans une chambre d’hôtel, les policiers n’ont plus de suspects. Mais, à partir de la bague, Holmes va échafauder une hypothèse qui l’amènera à élucider le mystère de ce double meurtre.

En 1847*, dans un désert américain, John Ferrier essaie de maintenir en vie  le dernier membre de leur expédition, une petite fille prénommée Lucy. Ils sont sauvés  par une caravane de mormons à condition de se convertir à leur religion.
*soit 34 ans plus tôt.

Le mouvement religieux s’installe en Utah et Ferrier devient un homme d’affaires aisé et Lucy une belle jeune femme. Seul problème,  ils n’ont jamais vraiment adopté les croyances de leurs sauveurs qui, victimes de persécution dans l’ancien monde, sont devenus des persécuteurs plus virulents encore.

Apprenant que Lucy serait amoureuse d’un  « mécréant », les chefs imposent qu’elle épouse un des leurs, soit Enoch J. Drebber, soit Joseph Strangeson.

Lors d’une tentative de fuite de Ferrier, Lucy et de son amoureux, ce dernier, parti chasser, retrouve  Ferrier assassiné et Lucy enlevée. Elle se  retrouvera mariée de force et se laissera mourir de chagrin.

La rencontre entre Watson et Holmes, les difficultés du docteur pour comprendre son colocataire et les  premières explications données par Holmes sur ses méthodes de réflexion donnent à ce premier roman un intérêt particulier.

À suivre… 

PS : Le très connu « Élémentaire, mon cher Watson » est une citation apocryphe apparue pour la première fois dans un film de 1929, « le retour de Sherlock Holmes ». En fait, si Arthur Conan Doyle utilisait bien « élémentaire » et « docteur Watson », ils n’apparaissaient  jamais ensemble.

Une étude en rouge, Arthur Conan Doyle, Folio Junior, 2010*, 168 pages, Policier
*1 ère édition 1887
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Le bémol du Papou : Dès que les révélations sur la mort de Lucy nous sont connues, la raison et l’auteur de ces meurtres deviennent évidents.