** « Brunetti en trois actes » de Donna Leon

On n’a quand même pas pris la Bastille pour en faire un opéra.
                                                                                                         Pierre Desproges

51iglgyce2l-_sx195_Dans ce dernier roman de Donna Leon,  nous revenons sur un des monuments emblématiques de la « Sérénissime », l’un des temples prestigieux de l’Opéra et le site du premier roman de cette auteure : « La Fenice », paru en 1998.

Cette fois-ci, ce n’est pas pour une représentation de «La Traviata» de Verdi mais pour  « Tosca » de Puccini dans lequel Flavia Petrelli, une soprano de grande renommée joue le rôle titre.

Ce ne sont ni les rancunes entre les chanteurs ni l’animosité envers le chef d’orchestre qui préoccupent la « diva » mais l’accumulation de roses jaunes qui tombent des balcons, comme lors de ses derniers spectacles à Londres et à Saint-Pétersbourg. L’amoncellement de bouquets dans sa loge puis dans l’immeuble où elle vit commence à la terroriser. Invitée par la famille de Paola, elle  raconte la folie de certains fans et l’histoire des roses.

Brunetti, aidé d’Electra en grève*, décide de faire des recherches sans aucune autre raison que la peur ressentie par la chanteuse.
*seulement pour les travaux de Patta et du lieutenant Scarpa.

L’agression d’une jeune chanteuse qui se casse un bras, puis celle du marquis d’Istria, ami de Guido et logeur de Flavia, qui se fait poignarder, le conforte dans l’ idée que cet admirateur, qui a réussi à faire parvenir  à la chanteuse un somptueux collier d’une valeur inestimable, est très  dangereux.

C’est grâce à ce collier qu’il remontera jusqu’à l’admirateur plus que fanatique.

Il existe plusieurs raisons qui me font continuer à lire les enquêtes de Brunetti en dépit parfois de leurs banalités et souvent de leurs intrigues sans réelle profondeur.

D’abord la personnalité de Guido Brunetti. Sous ses dehors affable, parfois même un peu sournois avec son supérieur l’ineffable et paresseux Patta, il cache un esprit vif, un humour imperturbable et une volonté inébranlable pour résoudre les affaires qui lui sont confiés ou, pour être plus limpide, qu’il décide de se confier.

Paola sa femme et ses deux adolescents forment une famille sans réel problème. Une famille qui s’aime, qui se soutient et qui se pardonne.

Ajoutez à ça que si Guido rentre souvent chez lui pour diner, qu’ il ne boit pas, ne se drogue pas, et n’a aucune raison qui pourrait altérer  sa santé mentale.

Il n’est ni un héros, ni un anti héros, juste un homme qui aime sa ville, en dépit de son déclin qui la transforme de plus en plus en un Dineyland sur l’Adriatique,  et fait son travail en dépit de ses supérieurs,  des magouilles et de la malhonnêteté  des dirigeants au plus haut niveau de l’État.

Le billet de Sharon

PS: Le Béotien n’aime pas l’opéra mais c’est obligé à lire le livret de « Tosca ».

Brunetti en trois actes, Donna Leon, Calmann-Lévy, 2016, 338 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Roman pour les inconditionnels de l’opéra et de Brunetti.

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2 réflexions au sujet de « ** « Brunetti en trois actes » de Donna Leon »

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