** « Brouillard au Pont de Tolbiac » de Léo Malet

N’écoute aucun des prometteurs de paradis pour demain.
Ils mentent tous.

Ce roman fait partie des « nouveaux mystères de Paris»  dont chaque tome se passe dans un arrondissement différent de la capitale.

Une brusque envie de retrouver le Paris de la fin des années 50, celui de mon enfance et de mon adolescence, avec ses petits commerces, ses autobus à plateforme, ses odeurs, sa grisaille et ses bistroquets, qui servaient beaucoup plus de blanc et de rouge que de noir entre un flipper et un juke-box*.
*ou un baby-foot.

Le pont de Tolbiac, c’est le treizième, un des arrondissements que je connais le moins. Je suis plutôt ouest et nord, avec comme frontières, du  parc des Buttes-Chaumont jusqu’à la  rue du Faubourg Saint Martin au sud, et le  Boul Mich’* à l’est.
*Boulevard saint-Michel

Dans ce tome, Malet offre son passé anarchiste à son personnage, Nestor Burma. Adolescent provincial  qui, à 16 ans,  se souvient de son arrivée  à Paris, de ses fréquentations anarchistes et qui  profite de son roman pour une charge sans concession sur « Le Corbusier et ses épigones » qui ont modifié l’arrondissement de sa jeunesse en y faisant « proliférer ces cellules cancéreuses, pustules géantes de verre et de bétons. »

Belita, une jeune gitane bien roulée*, contacte Nestor et lui remet une lettre d’un blessé suriné** et hospitalisé du nom d’Albert Benoit. La victime mentionne  l’avoir connu dans sa jeunesse et souhaite le rencontrer, . Malheureusement elle décède avant son arrivée et c’est la flicaille qui l’attend.
*J’en avais envie. (elle sera peu comprise hors de l’Hexagone.)
**poignardé

Le nom d’Albert Benoit était inconnu de notre détective, toutefois il admet connaitre le mort, un ancien compagnon devenu chiftir*,  sous le nom d’Albert Lenantais. Ils fréquentaient ensemble le foyer végétalien haut lieu de l’anarchisme dans les années 20.
*Chiffonnier

Tombé en amour avec la jeune Belita, Nestor va tenter de trouver les responsables de la mort du chiffonnier et solutionner en même temps une vieille affaire relative à la disparition d’un convoyeur de fonds.

Salvador le Gitan et son  eustache* ne sont jamais bien  loin et Nestor va l’apprendre à ses dépends.
*couteau

Pour mes futures nostalgies, il me reste cinq Léo Malet à lire ou à relire.

Brouillard au p;ont de Tolbiac Léo Malet, 10-18, 1956,  179 pages, Policier.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Les « politiquement corrects » pourront  se plaindre du vocabulaire de Léo Malet. Mais, à cette époque, on appelait un chat, un chat (voire un matou ou un greffier) et pas « un animal de compagnie du genre félidé ». Certains vocables devenus irrévérencieux ou même condamnables de nos jours étaient utilisés couramment. Traiter Léo Malet de raciste serait faire injure  à son passé anarchiste.

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4 réflexions au sujet de « ** « Brouillard au Pont de Tolbiac » de Léo Malet »

  1. Yueyin

    Que deux étoiles pour Nestor, c’est rude dis donc… D’autant qu’il y a un meurtre rue watt (je dis pas qui) et que comme disait vian, y’a rien comme la rue watt j’y suis allée vérifier, ben même de jour c’est spécial si si si

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  2. jpvalentin Auteur de l’article

    Je reconnais et regrette ces deux étoiles mais si j’aime beaucoup l’auteur et son Paris (qui fut le mien) j’ai trouvé cette histoire trop conventionnelle sur les préjugés de l’époque et trop irréaliste sur les relations de son héros avec une gitane ou rom ou tzigane ou …
    Le Papou

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