***** « Bondrée » d’Andrée A. Michaud

Comment la beauté peut-elle se défendre de cette rage,
Elle dont le pouvoir ne dépasse pas celui de la fleur.

« Boundery Pond* » se trouve au nord de l’État du Maine, près du Canada. C’est  un étang que Pierre Landry,un trappeur fuyant le service militaire, nommait, dans sa parlure canuck,  « Bondrée ». Le seul ami de cet homme des bois était Little Hawk, un jeune homme avec qui il partageait ses secrets de trappe.
*étang de la frontière

En dépit  des « Frappabords * », Bondrée est devenu un lieu de villégiature où se retrouvent des familles québécoises, comme celle d’Andrée Duchamp, une gamine d’une dizaine d’années, qui va devenir partiellement la narratrice, et américaines comme celles  de Zara Mulligan et  Sissy Morgan, deux adolescentes qui troublent la sérénité des lieux par leurs rires et leurs excentricités.
*Mouches qui piquent dès qu’elles se posent

Après une soirée trop arrosée, Zaza disparait et on retrouve son corps exsangue, la jambe broyée par un piège à ours.

L’inspecteur Stan Michaud, dont les origines québécoises se sont éloignées en même temps que la langue de ses ancêtres, et son adjoint,  Jim Cusack, sont appelés sur les lieux pour les premiers constats sur cet « accident » qui s’avèrera ne pas en être un quand on retrouve, plusieurs jours plus tard, Sissy broyée dans un autre piège et scalpée.

La légende raconte que Pierre Landry avait été rejeté par Maggie Harrisson dont il était tombé amoureux et  qu’il surnommait Tangara. Tout  nous ramène à Little Hawk qui, revenu de la guerre, avait trouvé son ami Pierre Landry pendu puis avait disparu après avoir égorgé le chien de Tangara.
Mais, parmi tous les habitants de Bondrée, lequel est Little Hawk et pourquoi ces assassinats  des années plus tard ?

Ces meurtres vont profondément changer deux personnes, Andrée qui au fur et à mesure des évènements va quitter son âme d’enfant pour celle moins innocente de l’adolescence  et Stan Michaud qui commence à ne plus supporter ce qu’il appelle les affaires boomerang, celles qui vous reviennent régulièrement en pleine gueule, et qui songe à prendre sa retraite.

Choisi par erreur*, ce roman m’a complètement captivé. Andrée A. Michaud possède une excellente plume. Elle décrit avec beaucoup de sensibilité cette région et raconte avec trop de précisions les vacances d’une enfant pour qu’elles soient seulement imaginées. D’ailleurs le prénom de la narratrice et le nom de famille du policier n’ont certainement pas été choisi par manque d’inspiration.
*Je vous expliquerai, peut-être, un jour.

Les avis de Marie-Claude, sous sa couette, de Venise, dans son passe mot, de Claude, dans son action suspens, de Clara, de Claire Jeanne, nos deux bouquineuses.

Bddondrée, Andrée A. Michaud, Nomades, 2014, 364 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime ***** Coup de Cœur

Le bémol du Papou : Le franglais, ce mélange de termes de chacune des langues pour une seule phrase, y est permanent mais ce n’est pas un bémol, juste une constatation qui peut énerver mais s’explique très bien quand on connait le contexte historique des relations entre le Québec et le Maine.

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4 réflexions au sujet de « ***** « Bondrée » d’Andrée A. Michaud »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      D’accord mais juste pour toi et parce que c’est la nouvelle année.
      J’ai vu Michaud et j’ai eu envie de lire un Martin Michaud. Rentré chez moi j’avais dans les mains un Andrée A. Michaud et… je ne le regrette pas.
      Bonne année, santé et lectures !
      Le Papou

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