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***  »Le huitième sortilège » de Terry Pratchett

Les annales du Disque-Monde, tome 2 

Fin des aventures extraordinaires, abracadabrantesques et fantasmagoriques de Rincevent, le mage nul, de Deuxfleurs le touriste quadrioculaire et du coffre hominivore en bois de poirier magique.

Voici quelques mots de notre magicien, en colère, qui  résume bien  leur situation :
‘‘je passe par dessus le bord du monde, le coup d‘après je me retrouve à l‘intérieur d‘un livre puis sur un caillou volant , puis je regarde La Mort apprendre à jouer au plombage ou à la couronne ou à je ne sais quoi alors pourquoi donc je me poserais des questions ?‘‘

Si vous voulez en savoir plus sur leurs péripéties je vous suggère de lire mon billet sur le premier tome intitulé ‘‘ La huitième couleur‘‘.

Rincevent lors de son séjour inutile à l‘école des mages s‘est retrouvé, par accident, nanti du huitième sortilège de l‘in-Octavo, ou livre des sortilèges, dont il est incapable de se servir sciemment.

Dans le cosmos ou nage paresseusement  A-Tui la tortue porteuse des quatre éléphants eux-même soutenant le disque-monde, une étoile rouge vient d‘apparaître et grossit rapidement semant la panique auprès des populations, et surtout des sorciers persuadés que seul les incantations de l‘in-Octavo au complet permettraient de régler ce problème tout en donnant le Pouvoir Suprême à celui qui réussirait.

Pourchassés par différentes sectes cabalistiques, aidés par Cohen Le Barbare édenté et par Betham sa jeune fiancée, nos deux compères vont voyager au milieu des champignons schtroupfiers* et des trolls rochers, rencontrés des druides, des nécromanciens, La Mort (encore) qui ne joue ni au plombage ni à la couronne mais au bridge** et sa fille adoptive Ysabell et risqués leurs vies au milieu des émeutes populaires provoquées par les nouveaux adorateurs de l‘Étoile.
*Hommage à Peyo qui vingt ans plus tôt avait déjà découvert les champignons qui servent de maison à des petits êtres.
** Jeu de mot, voir les paroles de Rincevent ci-haut.

Voilà, j‘ai lu les deux premiers tomes des annales du Disque-Monde et je me suis bien amusé… par moment.

La folie littéraire ne me gêne pas mais c‘est comme un plat en sauce, trop cela peut écoeurer mais par petites bouchées cela se déguste, alors je ne sais pas encore si ou quand je lirai les tomes suivants….Peut-être, l‘avenir le dira.

Le huitième sortilège, Terry Pratchett, Pocket,  2016, 256 pages, Fantaisie.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : J‘ai un doute sur les jeux de mots en français, j‘espère qu‘il traduise bien ceux de l‘auteur et non je n‘irai pas vérifier.

Boulettes ou keftas revisitées

Voilà bien longtemps que je ne vous avais pas donner une de mes recettes favorites.
Il m’arrive de temps en temps de remplacer Dulcinée mais comme je ne suis pas de recettes précises, et comme elles sont aussitôt terminées, aussitôt mangées, j’oublie souvent  les proportions des ingrédients  et  ne pense pas à prendre une photo.

Là encore vous n’aurez pas  de photo, on avait trop faim, mais j’ai tout noté au fur et à mesure alors voici la recette.

Ingrédients pour les boulettes.
500 gr boeuf haché

2 gousses d‘ail hachées
1 petit oignon haché
1 c.a.c. cumin moulu
1 c.a.c.de graines de cumin
1 c.a.c. de coriandre moulue
1 c.a.s. de paprika
2 oeufs
40 feuilles de menthe hachées
1/2 bouquet de persil haché
Huile
sel et poivre

Ingrédients pour la sauce :
2 tomates bien mûres

2 c.a.s de sauce tomate
1 c.a.s de curcuma
1 c.a.s d‘origan séché
1 c,a.c. de sucre
sel et poivre
1 petit piment fort (facultatif)
Huile

Préparation des boulettes :
Mettre la viande hachée dans un bol à mélanger, ajouter tous les ingrédients sauf l‘huile et mélanger allègrement avec vos doigts pour obtenir une préparation homogène.

Avec une cuillère à soupe prélever de la farce et façonner des boulettes légèrement ovales.
Laisser reposer une dizaine de minutes au réfrigérateur.

Préparation de la sauce :
Hacher les tomates.
Dans une petite casserole, les faire revenir doucement dans un peu d‘huile d‘olive avec le sucre. Ajouter la sauce, les épices et les herbes et le petit piment haché.* Bien écraser la préparation et laisser compoter une dizaine de minutes à feu doux.
*Il est toujours facultatif mais pour ceux qui aime le goût sans aimer le trop piquant, couper le piment en deux et retirer les graines, ce sont elles les plus vilaines .

Préparation finale :
Pendant ce temps, faire revenir les boulettes dans une poêle avec un peu d‘huile. Les retourner délicatement pour ne pas les briser. Lorsqu‘elles ont pris une jolie teinte de chaque côté, verser la sauce tomate dans la poêle baisser le feu et couvrir pour une dizaine de minutes ou jusqu‘au moment où la viande est cuite à votre goût.. Retourner les boulettes à mi-cuisson.

Bonne appétit !

PS: Il n’est pas impossible que la prochaine fois je remplace le paprika par du curcuma et la coriandre par du fenugrec ou, que je mélange ensemble toutes ces épices . C’est un des avantages de ce genre de plat, le goût est différent à chaque fois et vous le préparer avec ce que vous aimez le plus.

****  »Mémoires d‘Hadrien » de Marguerite Yourcenar

Je me suis plu à faire et à refaire ce portrait d’un homme presque sage.
                                                                                        Marguerite Yourcenar 

J‘ai fini  »Mémoires d‘Hadrien“ il y a quelques jours mais utilisant l‘absence de mon ordinateur* comme excuse, j‘ai mis de côté mon billet dont les difficultés de préparation me semblaient olympienne.
Qui étais-je, moi, le béotien de service pour commenter
une
oeuvre, considérée comme un classique de la littérature française et, qui valut à son auteure d‘être la première femme élue à l‘Académie Française.
*Imaginez le début de mon billet il y a une quinzaine de jours : ()é()oires d‘Hadrien de ()arguerite Yourcenar. Que comprendre ?
DéBoires d‘Hadrein ou PéToires d‘Hadrein de ()arguerite Yourcenar

C‘est le genre de roman qui, chapitre après chapitre, vous consterne par l‘étendue de votre inculture. 

D‘ailleurs que savais-je d’Hadrien, empereur roman du 2e siècle après J.C. ? Pas grand chose sinon que le mur construit pour protéger la Britania Romaine des attaques des barbares du nord porte son nom.

L‘ordinnateur revenu de son périple ontarien, nanti d‘une nouvelle touche M me permettant de continuer à élaborer des textes remplis de fautes sans me retrancher derrière des erreurs mécaniques ou de frappe, il a bien fallu que je m‘assieds devant la page blanche et que j‘essaie de rassembler mes idées.

 »Mémoires d‘Hadrien » est le testament épistolaire que l‘empereur, à la fin de sa vie, adresse à Marc Aurele qu‘il considère comme son successeur lorsqu‘il sera en âge d‘accéder au pouvoir.*
*L‘empereur doit nommer son successeur en l‘adoptant, ne pouvant le faire avec Marc-Aurèle, trop jeune, il adopte Antonin à condition que celui-ci adopte Marc Aurele.
** À la mort d‘Hadrien en 138, Antonin règnera jusqu‘en 161 puis Marc-Aurèle jusqu‘en 180.

Si j‘ai mis presque 15 jours pour passer au travers des 316 pages, c‘est principalement dû aux nombres de cornes* que j‘ai apposé à chaque mot inconnu ou à chaque phrase nécessitant une relecture pour bien la comprendre.
*Je sais que c‘est vilain mais je fais ce que je veux avec mes bouquins

Ce n‘est pas que le texte soit rébarbatif.  Il est certes précis et froid,  mais merveilleusement bien écrit, seulement il aborde tous les sujets difficiles auxquels un dirigeant est obligatoirement confronté ; politiques, philosophiques, artistiques, sentimentaux et géographiques.

À la mort de Trajan, dont la succession semble avoir été magouiller par Plotine son épouse en faveur d‘Hadrien, celui-ci souhaite plutôt consolider l‘empire romain en signant des traités avec les peuples frontaliers. Durant son règne il n‘ arrêtera pas de parcourir l‘empire depuis l‘Angleterre (Britania) à la Bythinie (Turquie) et de l‘Oural à l‘Afrique et si malheureusement il fut contraint à certaines actions militaires c‘est toujours après avoir essayer de régler les problèmes pacifiquement.

Ce sera le cas avec le peuple juif dont l‘intransigeance religieuse tant sous Vespasien et Trajan que sous Hadrien fut à l‘origine de multiples conflits qui provoquèrent en partie sa destruction.

Bâtisseur, voyageur, helléniste, pacifiste par choix, guerrier par nécessité, obséder par la grandeur de Rome, partager entre l‘amélioration des conditions des esclaves et des plus pauvres et la pérennité de l‘élite, l‘auteure en fait un homme de passions, de jugements et d‘actions.

Un petit paragraphe pour vous tenter… et vous donner à réfléchir :
 »Il faut l‘avouer je crois peu aux lois. Trop dures, on les enfreint, et avec raison. Trop compliquées, l‘ingéniosité humaine trouve facilement à se glisser entre les mailles de cette nasse traînante et fragile. Le respect des lois antiques correspond à ce qu‘a de plus profond la piété humaine ; il sert aussi d‘oreiller à l‘inertie des juges. Les plus vieilles participent de cette sauvagerie qu‘elles s‘évertuent à corriger ; les plus vénérables sont encore le produit de la force. La plupart de nos lois pénales n‘atteignent, heureusement peut-être, qu‘une petite partie des coupables ; nos lois civiles ne seront jamais assez souples pour s‘adapter à l‘immense et fluide variété des fait.que la nature humaine Elles changent moins vites que les moeurs ; dangereuses quand elles retardent sur celles-ci, elles le sont davantage quand elles se mêlent de les précéder »

Honnêtement je m demande parfois si Madame Yourcenar n‘a pas voulu, en se cachant derrière les pensées et les réflexions d‘Hadrien sur le monde, nous parler des incohérences de la société de son époque. Il est vrai que si, en vingt siècles, certaines conditions humaines ont été bien améliorées, la nature profonde de l’homme n‘a pas beaucoup évolué.

Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar, Folio, 1951, 316 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Ce n‘est pas facile de lire un livre en cherchant, par exemple, les concordances entre les noms de l‘époque latine et leurs évolutions de nos jours et de retrouver la trace des Thraces*, des Daces, des Sarmates, des Bythiniens etc.. *J‘ai honte

Ainsi Hadrien avait une propriété à Tibur ? C‘est où Tibur ? De nos jours, elle se nomme Tivoli et est bien connue des cruciverbistes car elle abrite la villa d‘Este.

*** « La huitième couleur » de Terry Pratchett

Le monde est une énorme farce coupée de répits illusoires, de visions chimériques, d’espoirs infondés.
                                                                                                                    Albert Cohen

Je n’ai pas tout compris mais était-ce nécessaire dans le récit fantasmagonirique* d’un monde en forme de disque soutenu par quatre éléphants eux-même posés sur la grande A Tui, la tortue sidérale, qui brasse le cosmos en attendant de trouver un partenaire chélonien ?
*mot valise composé de fantastique, imaginaire et onirique

Un étranger à quatre yeux débarque dans la ville d’ Amkh-Morpork, accompagné d’une malle magique qui le suit, portée par une multitude de petites jambes et remplie de sacs d’or et d’un tas de matériels utiles pour un voyageur.

Cet étranger vient  pour visiter la ville où personne n’avait auparavant jamais vu de  touriste.

Peu après son arrivée, Deuxfleurs, tel est son nom, rencontre Rincevent, un mage de l’université de l’invisibilité (recalé à l’examen), chargé par le Patricien de protéger l’étranger et provoque indirectement un incendie  qui détruit la ville et jette nos deux compères.sur les routes baignées par l’octarine, cette huitième et sublime couleur,
Ils visitent divers États aux coutumes étranges et vont rencontrer des êtres fantastiques tels des Elfes qui ont survécu grâce à leur intelligence, des Trolls qui eux ont survécu parce qu’ils « montrent au moins autant de dispositions que les humains pour la malveillance la rancune et la cupidité« , le peuple des Arbres, Kring, une épée qui parle, Bel-Shaharoth, le monstre qui n’aime pas le chiffre  huit et même des plantes qui fleurissent avant d’être semées., sans oublier la Mort qui débordée envoie des aides pour pourvoir à la demande de sa clientèle.

Ils ne savent pas qu’ils sont aussi  les pions d’un jeu de plateau auquel s’affrontent les dieux du Disque-Monde, en particulier la Dame (représentant la chance (sur un million) et le Destin.

Toujours suivis par la malle magique qui n’hésite pas à croquer de-ci de-là un malandrin prêt à lui dérober quelques effets, nos deux voyageurs involontaires vont réussir à sauver leurs existences et se trouver obliger d’effectuer des expériences scientifiques   pour découvrir  le secret de leur  monde.

La huitième couleur, Terry Pratchett,  L’Atalante, 1998, 252 pages, S.F.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Non, je n’ai pas tout compris mais y avait-il quelque chose à comprendre sinon se laisser porter par la folie Pratchettienne ? Ce que j’ai fait avec délectations en me demandant à chaque chapitre : mais que va-t-il inventer maintenant ?

 

 

** « Un égyptien dans la ville » de Steven Saylor

Après le procès, l’une des parties est nue et l’autre en chemise.
Proverbe 

Utilisant les chroniques d’un procès qui a captivé Rome vers l’an 44 avant J.-C., Steven Saylor y mêle Gordien l’ enquêteur récurant de sa série de roman policier historique.

Dion, un philosophe égyptien que Gordien a connu dans sa jeunesse à Alexandrie, accompagné d’une centaine de concitoyens, est venu à Rome pour plaider la cause de l’Égypte et de la reine Bérénice IV contre le pharaon déchu Ptolémé XII, exilé dans la capitale latine.

Plusieurs attentats, dont on suppose qu’ils étaient fomentés par Ptolémé et ses soutiens romains, ont réduit le nombre des ambassadeurs et Dion vient demander de l’aide à Gordien car il craint d’être assassiné à son tour.

Gordien, pas très enthousiaste d’être mêlé à des manœuvres politiciennes,  refuse son aide car il est sur le point de partir en Gaulle pour rendre visite à un de ses fils qui est membre  de l’armée de Jules César.

Lorsqu’il revient à Rome, Dion a été poignardé.

Clodia, membre de la famille patricienne des Clodius qui a intenté un procès contre Caelius soupçonné d’être l’assassin, lui demande de trouver des preuves.
Caelius doit être défendu par Grassus et surtout par Ciceron. Les instances du procès nous sont parvenus dans un récit de ce dernier intitulé « Pro Caelio ».

Gordien se rend compte rapidement que si son seul but est de trouver le meurtrier de Dion, les Clodius ne veulent que détruire Caelius qui fut un temps l’amant de Clodia.

L’enquête difficile de Gordien se complique lorsqu’il se rend compte que son épouse, une ancienne esclave égyptienne qu’il a affranchi avant de l’ épouser, est peut-être mêlé au meurtre et qu’elle avait des raisons de haïr Dion dont les mœurs sexuels avec les esclaves étaient cruels.

Outre Ciceron. avocat retors et prêt à tout pour gagner ses procès, on rencontre aussi dans ce roman le poète Catulle un ivrogne dont les poèmes satiriques amusent les romains sauf ceux qui en sont les sujets.

Selon l’auteur toutes les personnes mêlées de près ou de loin au procès, Caelius, Clodius, Grassus, Pompée, Ptolémé, mourront de mort violente dans les années qui suivirent.

Un Égyptien dans la ville, Steven Saylor, 10/18, 1999, 380 pages, Policier historique
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Le bémol du Papou : Gordien parait bien faible dans ses ralations avec sa femme et sa fille.


*** « De mal à personne » d’Odile Bouhier

Il est de la justice de prendre vengeance d’un crime, mais c’est une vertu de ne pas se venger.
                                                                                                                        Proverbe arabe

Nouvelle enquête du commissaire Victor Kolvair à Lyon.

Toute cette série se passe un siècle plus tôt, soit peu de temps après la première guerre mondiale, dans un monde encore traumatisé par les millions de morts et surtout par la vue persistante des « gueules cassées », ces grands blessés qui rappellent chaque jour la violence aveugle des combats. Victor Kolvair a perdu une jambe pendant le conflit et « soigne » ses douleurs physiques et mentales à la cocaïne ou à l’opium.

Un notable industriel a été assassiné sur le parking d’un hôtel et les constatations médico- légales indiquent que le meurtrier mesurait 128 cm…un enfant ? Un nain ?

La justice de l’époque ne s’embarrasse pas de considérations humanitaires et l’arrestation d’un jeune orphelin correspondant au signalement suffit pour l’envoyer vers un centre de redressement, véritable prison où les enfants subissent sévices et tortures mentales.

Un enfant de onze ans peut-il avoir égorgé un adulte ? C’est l’énigme que doit résoudre le commissaire Kolvair, énigme d’autant plus nébuleuse que l’enfant se pend dans sa cellule après avoir subi des violences sexuelles..

Le  présumé « meurtrier » disparu, la justice s’en désintéresse, mais pas notre commissaire qui ira jusqu’au bout malgré le tas de fumier qu’il soulève au fur et à mesure de son enquête.

Odile Bouhier dénonce cette fois-ci une certaine classe de la société qui utilise ses relations et sa richesse pour abuser des plus faibles* et brosse un tableau sombre de la justice de cette époque qui par arrivisme, incompétence ou insouciance condamne, sans réelles preuves,  les plus miséreux qui ne peuvent ou ne savent  se défendre.
*Cela a-t-il changé de nos jours ? Bonne question !

PS : Pour vous donner une idée de l’évolution de notre société depuis un siècle : au moment de cette enquête, les citoyens de Lyon, sont en liesse en  attendant  le spectacle très couru de la décapitation en public d’un condamné à mort.

PPS :Je rappellerai à ceux qui pensent que cela se passait au Moyen-Âge que le dernier guillotiné en public le fut en 1939 et c’est durent l’année 1977 qu’ a  eu lieu la dernière application de la peine de mort en France. 

 De mal à personne, Odile Bouhier, Les Presses de la Cité, 2012,  216 pages, policier historique.
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Le bémol du Papou : Victor et Bianca…enfin !

*** « Sans feu, ni lieu » de Fred Vargas

Il ne faut pas tenter les saints, à plus forte raison ceux qui ne le sont pas.
                                                                                                        Proverbe 

Troisième et dernier tome des enquêtes des Évangélistes comme personnages principaux.
Ils apparaîtraient furtivement, semble-t-il,  dans certains épisodes de la série des Adamsberg*.
*Je vous rappelle que je ne suis pas fan de ce personnage en conséquence l’affirmation ci-dessus n’est qu’un vu-lire**.
** Le ouï-dire de ceux qui lisent.

On retrouve saint Marc, saint-Luc, saint-Matthieu et l’ancien flic ripou Vandoosler ainsi que l’ex officier de l’intérieur Louis (Ludwig) Kehlweiler, dit l’allemand, qui est embauchè par Marthe, l’ancienne prostituée, pour prouver que Clément Vauquer, un adulte un peu simplet dont elle s’est occupé durant son enfance, ne peut être le « tueur au ciseau » qui vient d’assassiner deux femmes dans Paris.

Louis navigue entre doutes et quasi-certitudes car la présence  de Clément près des lieux des crimes est avérée  et ses empreintes ont été relevées sur deux pots de fougères retrouvés chez les victimes.

Pourtant, par amitié pour Marthe, Louis décide de le cacher dans la bicoque pourrie, surveillé par les évangélistes, pendant qu’il commence une enquête qui va le mener à Nevers où un viol et  deux assassinats ont été commis quelques années. plus tôt, viol pendant lequel Clément avait courageusement réussi à chasser les violeurs avec un boyau d’arrosage.

Une troisième femme est assassinée, sans pot  et sans  fougère cette fois. Saint-Luc attire l’attention de Louis sur un poème de Nerval dont les vers pourraient se rapporter aux adresses des victimes. Ni Louis ni les policiers ne croient à cette interprétation et il faudra l’insistance de nos trois compères  pour entraîner Louis dans la surveillance de certaines rues de Paris dont les noms se retrouveraient de manière sibylline dans  la suite du poème.

Je ne vous dirai pas comment tout cela se termine de peur d’être taxer de spoileur mais, si l’enquête est pleine de rebondissements, j’ai assez vite soupçonné l’auteur des crimes.

Cette série et ses personnages originaux vont me manquer, aussi vais -je essayer de relire un Adamsberg en espérant y retrouver  l’humour de cette série et y croiser ces « Évangélistes ».sympathiques.  

Sans feu ni lieu, Fred Vargas, J’ai Lu, 2001, 250 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Des invraisemblances mais du plaisir.

*** « Un peu plus loin sur la droite » Fred Vargas

Où quand une crotte de chien devient une aile de papillon !

Dans ce nouvel opus des aventures des évangélistes*, on fait la connaissance de Louis, ou Ludwig, Kehlweiler, surnommé l’allemand, enfant de la fin de la guerre, né d’une mère française et d’un père teuton et  ancien commissaire mis à la retraite pour des raisons qui restent nébuleuses.
* Pour le premier : papoustory.com/debout-les-morts-de-fred-vargas/

Louis est un fouille merde, un spécialiste du recueil de renseignements pouvant servir un jour mais cette fois, le terme quoique malodorant s’avère exact car c’est près de la grille d’un arbre de la contrescarpe qu’il ramasse une crotte de chien contenant une phalange d’un pied humain.

La recherche du corps qui aurait égaré l’orteil dans le ventre d’un canidé va s’avérer longue et nécessiter l’aide de saint Marc* pour finalement aboutir en Bretagne dans un petit port ou Marie Breton, une vieille femme a eu un accident mortel en allant bigorner des bigorneaux.
*Idem

C’est la sombre histoire d’une botte perdue puis rechaussée qui va démontrer à Louis que la vieille Marie a été assassinée.
Le chien orteilophage, un pitbull appartent à Sevran, un ingénieur qui se rend è Paris chaque semaine.

Quand Louis apprend que le premier mari de Lina, la femme de l’ingénieur, s’est tué en tombant d’un balcon et que Lina, Sevran, Marie et un certain Diego, qui deviendra son époux, se trouvaient dans l’appartement au moment de l’accident, les pressentiments de Louis se concentrent sur cette vieille enquête d’autant que Diego a soudainement disparu quelques années plus tôt.

Louis et Bufo son crapaud, aidés de saint Marc et de saint Matthieu* et d’une machine qui prédit l’avenir, vont résoudre cette enquête en dépit des tentatives de l’assassin pour semer de faux indices.
* Id

En même temps, notre  commissaire va régler un vieux problème amoureux avec une de ses ex, qui l’avait abandonné pour épouser un notable de Port Nicolas, et s’occuper  d’un ancien membre de la Milice qui essaie de devenir maire du village par des moyens provocateurs dont le chantage n’est pas exclu.

Je maintiens mon idée première sur cette série que je préfère à celle des Adamsberg. Les personnages sont plus intéressants et font preuve d’un humour que je n’avais jamais trouvé chez Adamsberg ou alors il était beaucoup trop subtile pour votre serviteur.

Un peu plus loin sur la droite, Fred Vargas, J’ai Lu, 1996, 154 pages, Policier
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Le bémol du Papou :  Quand je pense que je lisais très rarement du Fred Vargas et que cette série a été écrite il y a vingt ans, cela confirme que j’ai de sérieuses lacunes dans mes lectures où que j’étais occupé à d’autres travaux plus rentables et moins plaisant.

 

**** « Debout les morts » de Fred Vargas

Chez nous, la comédie est le spectacle de l’esprit, la tragédie celui de l’âme , l’opéra celui des sens.
                                                                                                                              D’Alembert

Trois jeunes chercheurs fauchés viennent de louer une bicoque à l’abandon.

Marc est un médiéviste, Mathias un préhistorien et Lucien un « contemporanéiste », plus précisément un historien de la guerre 14/18. Outre ces trois scientifiques désargentés, s’est installé sous les combles de la masure, le parrain de Marc, un ancien flic ripou septuagénaire.

Un matin, leur voisine, Sophia Siméonidis, une ancienne cantatrice, voit dans son jardin, un arbre qui n‘y était pas  la veille.

Intriguée pour ne pas dire inquiète par cette apparition soudaine et incompréhensible, elle demande à ses voisins, contre un paiement substantiel, de creuser et de vérifier ce qu‘il pourrait y avoir sous l’arbre.

Quelques jours plus tard après ce travail inutile, Sophia disparaît ce qui étonnamment ne semble pas inquiéter son mari mais préoccupe son amie Juliette qui tient un petit restaurant non loin de là.

Cette disparition est d‘autant plus surprenante que Sophia avait demandé à sa fille Alexandra de venir passer quelques jours avec elle.

Une quinzaine de jours plus tard on retrouve le cadavre de l‘ancienne cantatrice complètement brûlé dans une voiture abandonnée.

Surnommés par le vieil inspecteur les évangélistes*, et poussés par lui, nos trois compères se retrouvent mêlés, bien malgré eux, à l’enquête pour retrouver l’assassin, enquête qui va les amener douze ans plus tôt, lors d’une représentation d’Elektra à l’opéra de Toulouse ou Sophia avait été agressé et deux critiques assassinés.
*Saint Marc pour Marc, Saint Matthieu pour Matthias et Saint Luc pour Lucien

J’ai toujours aimé l’écriture de Madame Vargas sans être un grand fan d’Adamsberg son héros récurrent,  et même s’il y a un peu d’ Adamsberg dans la manière de penser et d’agir du vieux Vandoosler, j’ai adoré  les personnages des trois chercheurs aussi dissemblables que complémentaires.

J’ai prévu de lire immédiatement le deuxième tome puisque je ne retrouve plus celui que je devais lire pour « Québec en novembre ».

Je fais un appel général : quelqu’un aurait-il vu passer « Routes secondaires » d’Andrée A. Michaud qui s’est égaré entre ma table et mon lit ?

Debout les morts, Fred Vargas, J’ai lu, 1995, 288 pages, policier
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Le bémol du Papou ; Une Histoire à tiroirs que n’aurait pas désavouée Lady Agatha. Malheureusement et comme souvent chez Fred Vargas, il est impossible aux lecteurs de faire des hypothèses et la solution surprenante l’est d’autant plus qu’aucun indice n’apparaît tout au long du roman.

*** « Dragon » de Thomas Day

L’apocalypse est au commencement de soi puisque la fin précède toute naissance.
                                                                                                           Victor Lévy-Beaulieu

 

Dans Bangkok, une ville submergée peu à peu par  une mousson qui n‘en finit plus et par une corruption généralisée, un tueur en série élimine des  étrangers venus seulement  pour profiter du tourisme sexuel infantile. Un lieutenant de police est chargé de trouver le meurtrier, surnommé Dragon,  si possible discrètement pour éviter d‘effrayer l‘industrie touristique.

Bangkok est devenu la ville de tous les excès avec un futur qui semble intéresser de plus en plus les auteurs de science-fiction apocalyptique  ou postapo.*
*Dans cette ordre d‘idée, je vous conseille « La fille automate » de Paolo Bacigalupi.

Thomas Day réussit le prodige de nous offrir un roman qui mêle, avec talent, plusieurs genres. On ne sait plus si on se trouve mêlé à un  roman noir, pour ne pas dire gore, une histoire apocalyptique ou un conte fantastique.

Un peu exagéré, me direz-vous !  le terrorisme existe, le tourisme sexuel existe, la pollution généralisée augmente,  la destruction des forêts s‘intensifie, le réchauffement climatique s‘accélère,  des dirigeants politiques nient les apports des scientifiques  pour les remplacer par des postulats intégristes, des extrémistes fanatiques prennent de plus en plus d‘importance dans les démocraties, dictatures et chaos contrôlent de plus en plus de pays, l’esclavage est en progression etc…

Les réflexions de Vert, et Yueyin.

Dragon, Thomas Day, Le Bélial, 2016. 160 pages, S.F.
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Le bémol du Papou : Le plus dérangeant est que les solutions pour arrêter la dégradation des civilisations et le pourrissement  de nos sociétés semblent bien dérisoires.