**** « Au lieu dit Noir-Etang » de Thomas H. Cook

« Nul ne peut, à la fois, se sentir responsable et désespéré. »
                                                                       Antoine de Saint-Exupéry

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cvt_Au-lieu-dit-Noir-Etang_8167Cette histoire, au demeurant banale, est devenue, par son exceptionnelle construction, un véritable « coup de cœur ».

En dépit de l’affirmation en exergue, c’est un vieil homme responsable et désespéré qui raconte ce drame survenu à Chatham en Nouvelle-Angleterre au milieu des années 20. Henry, âgé de 15 ans, avait accompagné son père, directeur de la Chatham School, pour accueillir un nouveau professeur qui venait d’Afrique.
« Ce que je sais, en revanche, c’est combien elle était belle et combien sa gorge était d’une blancheur immaculée contre le col lie-de-vin de sa robe. »
« Un regard d’une mystérieuse intensité, un teint d’albâtre, des traits d’une beauté qui rappelaient celle de certains portraits féminins. »

J’ai pensé en lisant la description que faisait Henry d’Elizabeth Channing qu’il en était tombé amoureux sans s’en rendre compte, sans même reconnaitre ce sentiment qu’il confondit longtemps avec de l’admiration, à laquelle se mêlaient une aspiration juvénile de vivre libre, comme elle, et le refus de l’adolescent de devenir comme son père.

Une histoire banale, vous ai-je écrit. Une aventure amoureuse entre une jeune femme, déconcertée par sa nouvelle vie, et un invalide de guerre, marié et père de famille, sous l’œil inquisiteur et permanent de cet adolescent qui s’incruste, autant près de l’un que de l’autre.
Une histoire racontée par un vieux notaire sans famille et sans amour qui finalement a vécu une vie encore plus insipide que celle de son père.

Un drame qui causa la mort de quatre personnes à cause d’une fulgurante, péremptoire et irresponsable requête, et qui, par l’évolution générale des mœurs et la précocité de nos adolescents*, donneraient un résultat bien différend de nos jours.
*De nos jours, condamnerait-on une femme à quatre années de prison pour adultère ?

Un magnifique roman sur l’évolution de notre société, dont la construction mériterait, à mon humble avis, de devenir un sujet d’études.

Coup de cœur aussi pour Pierre de Black Novel,  et pour Aproposdelivres, une réussite teintée de noirceur pour Constance, quelques réticences  minimes pour Sandrine d’Yspadaden, par contre Canel a trouvé cette lecture laborieuse, Gridou s’est ennuyée et Jules l’a abandonné.

Au lieu dit Noir-Etang de Thomas H. Cook, Editions du Seuil, 2012, 354 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je hais Les personnes qui ne doutent jamais, tel le procureur de cette histoire.

 

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4 réflexions au sujet de « **** « Au lieu dit Noir-Etang » de Thomas H. Cook »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Je crois que la construction te plaira mais je te rappelle que Jules l’a abandonné après 75 pages et Canel a trouvé sa lecture laborieuse hihihi!
      Le Papou

      Répondre
  1. Sandrine

    Je me souviens : mes réticences ne tenaient pas au suspens, très bien entretenu, mais à la répétition de formules et procédés dignes d’un jeune auteur (que Cook était d’ailleurs à l’époque). Il faudrait que je m’en relise un autre d’ailleurs tiens…

    Répondre

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