*** « Americanah » de Chimanda ngozi Adichie

« pour les occidentaux le meilleur appartient au passé et c’est pourquoi ils ont le culte du passé. »

product_9782070142354_195x320Ifemelu a réussi à quitter le Nigeria pour immigrer aux États-Unis abandonnant Obinze, son amour de jeunesse.

Au bout d’une dizaine d’années d’études, de travail, de relations amoureuses, et d’une réussite sociale grâce à son blog qui analyse agressivement la vie des noirs américains vue par une noire étrangère, elle décide de retourner dans son pays natal et reprend contact avec son ancien amoureux.
«Moi-même je ne me sentais pas noire, je ne suis devenue noire qu’en arrivant en Amérique. »

Je suis passé au travers, lentement, très lentement et je sens que je vais me faire bastonner parce que je n’ai pas totalement apprécié ou, pour être honnête, je n’ai pas tout compris ou mieux encore, je ne me suis pas senti concerné par une chronique qui concerne les femmes, particulièrement les femmes noires et  plus particulièrement encore les femmes noires vivant aux États-Unis, qu’elles soient africaines ou non.
Mon problème étant que  je ne suis ni femme, ni noir, ni états-unien.

Comment puis-je comprendre le ressenti d’une femme noire toujours qualifiée de forte* qui fait peur autour d’elle parce qu’elle pense ? Devrais-je tout accepter sans réellement comprendre ?
*parce que c’est ce que les noires sont toujours censées être en Amérique

Je peux mieux admettre qu’un homme noir se sente insulté en entendant une « injure raciste » sauf que je ne sentirais jamais insulté. Je peux être consterné mais pas insulté.

Ce livre rapporte une vision corrosive de la vie américaine et une critique virulente des intellectuels libéraux, quelque soit leur couleur, beaucoup plus violents en bavardage qu’en action efficace.

Ils peuvent débattre durant de longue soirée sur une situation inadmissible mais acceptée : « Une prof blanche lui a dit : «de chercher à avoir une bourse de basket, parce que les noirs sont doués pour les activités physiques, et les Blancs pour les activités intellectuelles. », ou sur une subtilité cérébrale « En Amérique, le racisme existe mais les racistes ont disparu. »

Connaissant un peu mieux la situation en Amérique du Nord, c’est celle du Nigeria qui m’a intéressé pour ne pas dire intrigué.

De voir des familles aimer leur pays et survivre dans un monde instable, sans se poser les vraies questions sur la liberté, la démocratie ou la place des femmes, je me suis retrouvé très loin du peu que j’en connaissais, de Boko Haram, des tensions entre chrétiens et musulmans, de la corruption endémique et de l’interdiction de l’homosexualité.

Il faut lire ce livre pour la partie nigériane. Quand aux meuniers qui aiment critiquer les États-Unis, ils y trouveront aussi du grain à moudre.

Cliquer sur leurs noms et vous aurez l’avis de Sylvie de Papillon, de Cathulu, de Claire Jeanne, de Saxaoul, de Leiloona, et de Keisha.

« Americanah » de Chimanda ngozi Adichie, Gallimard, 2015, 523 pages, roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je cherchais comment expliquer mon problème. Tout au long du roman*, l’un des gros tourments d’Ifemelu concerne sa chevelure crépue, comment la coiffer, la lisser, la natter ou la laisser naturelle. C’est évidemment un énorme souci dont il m’était difficile de comprendre « l’énormitude ».
*Si roman il y a 

 

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4 réflexions au sujet de « *** « Americanah » de Chimanda ngozi Adichie »

  1. keisha

    J’ai aussi aimé, quant aux coiffures, ayant passé des années en Afrique j’ai toujours été fascinée par l’inventivité dans les tresses, extensions, défrisage, etc…

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Difficile à comprendre pour un homme mais je conçois que cela peut poser un problème : une petite fille frisée les voudrait plat et une autre sans ondulation les voudrait comme un mouton !
      Le Papou

      Répondre

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