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*** « L‘histoire d‘Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un) » de Francis Dannemark

Ne manque jamais une occasion d’exprimer tes sentiments, car on ne sait jamais si la vie te donnera une deuxième chance de le faire.

Les éternelles questions du lecteur indécis :
Comment choisir sa prochaines lecture ? Qu‘est-ce qui nous fait choisir un livre plutôt qu’un autre ?

Pour ce roman de Francis Dannemark, dont je n‘avais rien lu auparavant, la réponse est simple : le titre.

Les titres ambigus ou qui n‘en finissent plus ont été à la mode chez les éditeurs depuis quelques années, certains mercantiles, d‘autres abscons. Celui-là m‘intriguait, ce qui devrait être, tout simplement,  le but des titres énigmatiques.

À l‘enterrement de sa mère, le narrateur rencontre pour la première fois sa tante Alice dont on parlait peu dans sa famille,  qui vivait à l‘étranger depuis la fin de la guerre et envoyait très rarement une carte postale.

« Je ne lui ai pas demandé d‘ouvrir la malle de ses souvenirs et de ses secrets ; elle l‘a fait quand même. »
« Elle m‘a suggéré de les écrire. J‘ai hésité  puis j‘ai dit oui.“

Ces deux phrases sont une parfaite présentation de ce  roman.

Combien d‘hommes dans la vie d‘Alice ? Beaucoup car elle n‘eut pas de chance avec ses maris qu‘elle a tous aimé et qui mourraient rapidement de maladies ou d‘accidents.

Elle n‘était pas mariée avec Pierre son premier amoureux, un résistant qui disparut en fabricant une bombe et qui fut non seulement le prélude de cette vie aventureuse mais aussi l‘épilogue.

Une douzaine d‘hommes ont partagé la vie d‘Alice de l‘Angleterre, à l‘Australie et de l‘Italie jusqu‘aux confins septentrionaux de l‘inde.

Une vie de bonheurs  souvent trop courts, une vie de malheurs que l‘amitié lui permettait à chaque fois  de surpasser.

Avec toutes ses épreuves il était en effet préférable qu‘Alice ne pense jamais à rien.

La scoumoune, la malchance, la poisse cela existe mais pourquoi Alice n‘est-elle jamais venue, ne serait-ce qu‘une fois se réfugier auprès de sa famille française ?

Pour le savoir il vous faudra aller jusqu‘au bout de ce petit roman d‘une centaine de page qui loin d‘être sombre et mélancolique est rempli de résistance* et de réconfort.
*J‘aurai enfin pu écrire résilience que je n‘ai encore jamais utilisé mais il est trop utilisé à mauvais escient.

Le billet de YueYin.

L‘histoire d‘Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un), Francis Dannemark, Robert Laffont, 2013, 98 pages, Roman.

Le bémol du Papou : Pas facile de se souvenir de Pierre, Henri,Sydney, Wilbur, Ronald, Pietro, Nick, Erhan, Bill, Vincent, Swami et Paul.Heureusement chacun fait l‘objet d‘un chapitre.