Archives mensuelles : septembre 2017

*** « Snjðr » de Ragnar Jðnasson

La neige apaise tout, on dirait qu’elle porte en elle le silence ou, plutôt, que dans l’espace qui sépare deux flocons, entre les flocons, il y a le silence.
                                                                                                  Jon Kalman Stefansson

 

Originaire de Reykjavik, Ari Thor Arason, ancien étudiant séminariste qui sera  rapidement surnommé « le révérend »,  accepte, à la sortie de l’école de police et dans un pays en pleine récession, un poste dans la petite ville de Siglufjordur, petit port de pêche perdu, encastré dans les montagnes au nord du pays.

Il laisse  Kristin sa petite amie qui fait des études médicales et refuse de le suivre.

Il va devoir apprendre son métier de policier de terrain, s’accoutumer aux us des petites villes où tout le monde se connait, accepter l’indifférence voire le rejet de la population envers un jeune citadin.

Horlfur, un des plus grands auteurs islandais, dont le seul ouvrage publié a fait la renommée, vit à Siglufjordur. Il est devenu, à la fin de sa vie, le président de la société culturelle et le producteur de la compagnie de théâtre amateur. Entre deux répétitions il fait une chute mortelle dans le théâtre.

Accident ? Meurtre ?

Si Ari Thor a des doutes, Tomas son supérieur préfère, par souci d’éviter une tempête médiatique et administrative, la thèse de l’accident causé par un abus dl’alcool dont la victime était coutumière.

L’agression violente de Linda, la femme de l’acteur principal, vient  infirmer cette théorie et oblige Tomas a envisagé le meurtre.

Une importante tempête de neige bloque tout accès à la ville. Ari Thor ressent une certaine claustrophobie, amplifiée par son malaise  de ne pouvoir s’expliquer avec Kristin tandis qu’il commence à apprécier Ugla, une jeune expatriée comme lui. 

Voici un nouvel auteur (pour moi) dans la galerie des auteurs de polar islandais, le plus connu  étant Arnaldur Indridason. Cependant, Ragnar Jðnasson,  mérite une petite visite. Plus tard, il me faudra faire une petite escale chez Arni Borarinsson, Arni Thorarinsson, Jon Hallur Stefansson, Stefan Mani et Yrsa Sigurdadottir, il semblerait que chacun des 330 000 islandais a été, est ou deviendra un auteur de polars.

Très bon jusqu’au coup de théâtre final aussi surprenant qu’inattendu.

Snjor, Ragmar Jðnasson, La Martinière, 2016, 335 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Chez Indridason J’avais déjà des problèmes avec les noms islandais  mais quand une  conversation implique Leifur, Ulfur et Horlfur, j’en perd mon latin oups… mon islandais.

Mais au fait, ça veut dire quoi « Snjðr » ? Bon je ne vous titille pas plus longtemps, c’est « neige ». Le traducteur  a dû penser que tout un chacun utilise l’islandais comme langue vernaculaire comme  sont le papou ou le moldave oriental.

Tomates farcies

On trouve des tomates à l’année longue, mais à cette saison  les tomates de pleine terre ont un parfum que n’ont pas leurs sœurs de serre. 

Il existe autant de recettes de farce que de cuisiniers, en voici deux qui n’ont comme différence que l’ingrédient qui donnera du moelleux à votre préparation.

Ingrédients de base :
6 tomates
600 gr de viande hachée maigre
1 oignons haché ou 2
2 gousses d’ail hachées
Huile d’olive
Sel & Poivre


Pour les épices et les épices, utiliser celles que vous aimez, voici les miennes :
1 C/T d’origan haché appelé aussi marjolaine
1 C/T de menthe haché
1 C/T de persil haché
1 C/C de cumin

Pour le moelleux 

Soit 2 œufs battus

Soit  2 tranches de pain de mie, sans la croûte, trempées dans de l’eau ou mieux dans du lait 

Préparation :

Préchauffer le four à 350 F ou 180 C

Laver les tomates et trancher le futur chapeau (2 mm d’épaisseur environ)

Avec un couteau pointu et tranchant découper l’intérieur des tomates à environ 3 mm du bord. Retirer la chair avec une cuillère (il existe un outil mais je n’en ai pas). Retirer les parties blanches importantes un peu dures, réserver.

Dans un bol, mélanger avec les mains la viande, l’oignon, l’ail, et les fines herbes.

Ajouter les œufs et continuer à mélanger 

ou 

Ajouter  la mie de pain après l’avoir pressée pour retirer le maximum de liquide.

Continuer à mélanger pour obtenir un appareil homogène

Avec une cuillère, déposer dans chaque tomate un peu de farce en pressant pour qu’elle soit remplie jusqu’au fond. Ajouter suffisamment de farce pour qu’elle dépasse de la tomate puis y déposer le chapeau.

Huiler  un plat allant au four, y mettre les tomates. Ajouter un filet d’huile sur les chapeaux.
Placer le plat sur la grille du milieu  pour environ 45 minutes. Les chapeaux doivent juste commencer à roussir, si ils se colorent trop tôt, mettre une feuille d’alu par dessus. 

Bonne appétit !

P.S. : J’ai un petit plaisir à vous faire partager.
Ces tomates farcies se congèlent très bien. Vous les faites cuire seulement 30 minutes puis vous les mettez au congélateur et, en plein hiver, alors que les tomates n’ont plus aucun goût, vous les sortez, les remettez au four 15 minutes et vous les dégustez  en pensant à l’été qui s’est enfui.

*** « Un outrage mortel » de Louise Penny

Agis avec gentillesse, mais n’attend pas de la reconnaissance.
                                                           Confucius

Louise Penny fait maintenant partie de mes auteurs chouchous. Quand dans ma librairie préférée, je tombe sur  son nouveau roman, mes bonnes résolutions économiques prennent le bord.

Après avoir été gravement blessé lors d’une opération contre certains dirigeants corrompus de la Sureté du Québec, Armand Gamache a pris sa retraite dans le petit village de Three Pines.

Ses proches sont surpris lorsqu’il accepte de reprendre du service comme commandant de l’école de Police. Notre ancien détective à la brigade des homicides est persuadé que l’école était utilisée pour  recruter et pervertir de nouveaux agents afin de  favoriser les malversations des dirigeants véreux.

Après avoir démis un certain nombre d’enseignants et rétrogradé Leduc, surnommé le Duc, l’ancien directeur, à un simple poste de professeur, il se rend compte que les étudiants de troisième année ont certaines difficultés à accepter ses nouvelles règles.

À Three Pines, Olicier, l’un des propriétaires de l’auberge en rénovation, retrouve de nombreux documents cachés dans un mur et remet à Gamache une carte centenaire qui indique le village alors que sur toutes les cartes modernes, il n’est jamais mentionné.

Comme devoir d’enquête, il  remet des copies de  ce document à  quatre étudiants, deux anciens, un garçon qui le déteste et une élève d’origine chinoise et deux bleus, un jeune gay et une gothique dont Armand Gamache a longtemps hésité avant de l’accepter dans l’école pour des raisons qui ne seront dévoilées qu’à la fin du roman.

Leduc, l’ancien directeur, est retrouvé assassiné d’une balle dans la tête et une copie de la carte retrouvés dans  le tiroir de sa table de nuit.

L’enquête est confiée à Isabelle Lacoste, la nouvelle responsable des homicides à la suretée du Québec et ancienne collaboratrice de Gamache. Un haut gradé de la Gendarmerie Royale du Canada est désigné, sur demande d’Armand,  pour surveiller la  neutralité de l’enquête.

Le responsable de la GRC suspecte très rapidement Armand Gamache de cacher certains éléments et d’être responsable du meurtre.

Il n’y a jamais de violence gratuite dans les romans de Louise Penny mettant en vedette Armand Gamache, ce gentil policier  qui cache sous son apparence débonnaire un esprit acéré et aussi tortueux que Machiavel lui-même.
Cette fois, ses amis sont inquiets. Que cache cette décision de laisser l’enquête se dérouler sans lui ?

Un outrage mortel, Louise Penny, Flammarion, 2017, 496 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou :Pour une fois, aucun décès suspect dans  le village « tranquille » et introuvable de Three Pines.