Archives quotidiennes :

*** « Le mambo des deux ours » de Joe R. Lansdale

Gamin, quand je lisais un roman, je devenais le héros de l’histoire.*
                                                                      Joe R. Lansdale  ‘Le mambo des deux ours »
* Moi aussi .
Hap Collins  et Leonard Pine, indéfectibles amis dans la misère comme dans la fortune, ne sont pas des enquêteurs officiels mais sont toujours prêts  à aider des amis surtout quand ils pressentent quelques bonnes castagnes à la clef.

Leonard a, de nouveau, mis le feu à la piquerie de ses voisins et ne peut refuser la demande du policier-enquêteur  Charlie, qui souhaite qu’ils retrouvent Florida, la copine métisse du lieutenant de police Hanson, et accessoirement  l’ex-compagne de Hap.

Elle devait se rendre à Grovetown pour investiguer le décès  suspect de Bobby Joe Smoothe, petit fils du grand guitariste de blues  L. C. Smoothe, trouvé pendu dans sa cellule après son arrestation pour avoir égorgé et volé un visiteur blanc.

Dans les années 1990, Grovetown fait partie de ces petites villes dirigées par le plus gros propriétaire de la région et par une faction du Ku Klux Klan.

Or si Hap est un blanc hétéro et écolo : « Le tronc d’un énorme chêne, sans doute centenaire, faisait penser à un crâne noueux et bosselé  comme une bestiole préhistorique frappée par la foudre. Une coupe à blanc, des bidons d’essence et des allumettes avaient eu raison des dinosaures. Poussés par la cupidité, les bûcherons avaient métamorphosé la beauté en merde et le bois en pâte à papier qui, à son tour, servait à fabriquer les billets de banque pour payer les ouvriers qui avaient fait périr ces dieux végétaux… »,
Leonard est un noir homosexuel qui s’assume  complètement tout en étant conscient de sa situation  « T’es black et gay sexuellement complexé, et donc tu te retrouves doublement oppressé par la société blanche et en même temps tu es émotionnellement mal armé pour t’adapter à la communauté black et  macho à laquelle tu appartiens par la naissance… »

L’arrivée dans cette ville raciste d’un noir et de son ami blanc qui se renseignent sur la disparition d’une métisse va leur valoir d’être piégés et copieusement rossés par un groupe d’habitants payés par le richard du coin puis d’échapper par deux fois à la mort, d’abord par le plomb des fusils d’un groupe du KKK puis par une inondation causée par l’effondrement d’un barrage miné par des pluies torrentielles.

Le shérif les oblige à quitter la ville mais ils reviendront, la vengeance au cœur et trouveront enfin ce qui est arrivée à Florida.

J’ai préféré  « l’arbre à bouteilles » dont l’intrigue était exceptionnelle. Dans ce nouveau roman,  Lansdale continue à s’attaquer à la violence engendrée par toutes les formes de racisme ou d’ostracisme aux États-Unis avec, heureusement,  un humour permanent, mais souvent vulgaire,  dans les conversations de nos deux héros, ce qui allège un peu les situations sordides causées par le fanatisme des uns et l’indifférence des autres.

PS: Mais pourquoi ce titre ? Il vous faudra trouver l’explication soit dans le livre soit dans un documentaire  de la société « National Géographic ».

Le mambo des deux ours, Joe R. Lansdale, Gallimard, 2009, 384 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : La fin est bien trop prévisible.