Archives mensuelles : juillet 2017

** « Le gué du Diable » de Marc Paillet

La haine est nourrice de mauvaises pensées, inspire les injustices, médite le crime.
                                                                                                        Louis-Auguste Martin

Après la lecture de «La scribe» de Garrido, j’ai eu l’envie soudaine et pressante de relire un roman de Marc Paillet avec  une enquête des missi dominici* de Charlemagne, Erwin le saxon et Childebrandt le noble.
*Envoyés spéciaux pour surveiller et régler les problèmes mettant en cause les dirigeants des contés.

Je les ai retrouvés à Auxerre, ville que j’ai connue dans ma jeunesse… bien longtemps après le règne de Charlemagne… il ne faut quand même pas exagérer mon âge.

La région, dirigée par le comte d’Auxerre, Ermenolde,  souffre de  la haine des deux principales familles, les Gérold et les Nibelung. Ces derniers sont apparentés à Childebrandt ce qui provoque le ressentiment des uns et l’espoir des autres.

Cette  haine date de plusieurs générations et se nourrit perfidement de chacune des actions de l’un ou l’autre camp.

En fait, tout le monde, incluant qu’Ermenold, voudrait accroître sess terres au dépend des autres. L’assassinat d’un soldat des Nibelung, puis celui des régisseurs de chaque famille ainsi que la disparition du petit-fils Nibelung et de la petite-fille Gérold aurait pu provoquer de sanglants combats sans la présence d’Erwin et son épée, de Childebrandt et ses soldats, ainsi que de leurs assistants, Timothy le grec, Antoine le moine paillard et Doremus le brigand repenti.

Nos missi dominici  devront trouver le meurtrier en dépit des non-dits, des mensonges et des dissimulations des membres des deux familles et des tentatives d’émeute des  séides  du comte d’Auxerre.

Une lecture reposante que n’aurait pas désavouer William Shakespeare qui aurait pu l’utiliser pour une de ses tragédies*.
*C’est certainement l’inverse..

Le gué du Diable, Marc Paillet, 10/18, 252 1996, 252 pages, Policier historique
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Le bémol du Papou : Erwin n’est pas très présent. 

*** .La dent du serpent. Craig Johnson

« Cette région regorgeait de vie dans un temps où l’homme blanc, pour ce que l’homme rouge en savait, n’existait pas. »

Combien la dent du serpent est moins cruelle que la douleur d’avoir un enfant ingrat. »
                                                                                                                  Shakespeare Le Roi Lear

Le personnage de Walt Longmire m’a plu dès le début par sa compassion et son empathie envers tous ses administrés, incluant les indiens qui vivent dans son comté d’Absaroka.

Cette-fois, il est intrigué par un ange qui, selon une vieille dame,  viendrait, pendant son absence, faire les réparations qu’elle lui demande par écrit.
Walt croit dans de nombreuses légendes Crows  ou Cheyennes mais pas aux anges.

Il arrête un adolescent qui squattait l’appentis de la maison et faisait le travail demandé  contre un peu de nourriture.

Cord aurait une quinzaine d’années et aurait été rejeté par une secte des mormons. et Sarah, sa mère, a disparu en le recherchant.

Dans l’enquête pour retrouver Sarah Tisdale, Walt va se heurter à la violence d’une  cellule de cette « église »  et rencontrer un vagabond qui prétend être Orrin Porter Rockwell, un homme de loi mormon devenu ne légende pourtant… décédé en 1878.

Après avoir  retrouvé la grand-mère de Cord, Walt apprend que son grand-père, Dale « Airdale » Tisdale avait travaillé pour la  CIA, fait de la prison au Mexique et serait disparu dans un accident d’avion.
Il dirigeait une opération nommée « Milshake » qui déroutait du pétrole sur une grande échelle ce qui pourrait être  une des clés expliquant  l’installation sur le Teapot Dome, des terres abandonnées par les pétrolières, de cette extension de l’église mormone du Dakota du sud.

IL aura besoin de l’aide de Henri Ours-Debout son ami indien, et de Victoria son adjointe pour mettre fin aux manigances de cette société sectaire mais perdra un adjoint, et deux seront gravement blessés..

Mais qui est l’homme qui se prend pour Orrin Porter Rockwell ?
Une fin surprenante dont Craig Johnson a le secret.

Le billet de Claude Le Nocher,  .

La dent du serpent, Craig Johnson, Gallmeister, 2017, 376 pages, Policier
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Le bémol du Papou : J’ai appris que dans certaines sections des mormons, les anciens renvoyaient les  jeunes hommes pour s’accaparer les jeunes femmes. Pourtant, chez eux,  la polygamie a été abrogée en 1880. Je suis sceptique mais pas forcément surpris.

 

*** « La scribe » d’Antonio Garrido

« Ce qui me plait vraiment, c’est lire ! Quand cela m’arrive, j’ai l’impression de  voyager dans d’autres pays, d’apprendre d’autres langues, de vivre plusieurs vies. Je crois qu’il n’existe rien de comparable. »
                                                                                           Antonio Garrido, La scribe.

En l’an 799, les territoires de Charlemagne couvrent une grande partie de l’Europe de l’ouest, de Barcelone et Rome à Hambourg et de la Bretagne (vassal) aux confins de la Carinthie  (Autriche).

L’hiver de cette année-là, la ville de Wurtzburg est frappée par la famine et par une épidémie inconnue qui déciment la population.

Thérésa, la fille du scribe Gorgias, travaille dans l’atelier d’un parcheminier et souhaite devenir compagnon. Malheureusement  Krone, le maître d’atelier s’y oppose, considérant que les femmes devraient s’occuper seulement de leur foyer.

L’entêtement de Thérésa va provoquer l’incendie de la fabrique et sa mort*  ainsi que celle d’un des fils de Krone.
*Fin du roman

Oups !
En fait, le corps carbonisé retrouvé dans les décombres est celui d’une pauvre ouvrière  à qui elle avait passé sa robe.
*Ouf !

Se doutant que Krone voudra se venger, Thérésa prend la décision de fuir et commence un périple aventureux et dangereux.
De nombreuses péripéties  marqueront son voyage jusqu’à Fulda où elle fera la  rencontre Alcuin d’York, l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne qui, apprenant sa connaissance  du grec, va la protéger.

Plusieurs trames s’entremêlent dans ce roman. Aux aventures de l’héroïne, s’ajoutent une enquête pour trouver les responsables de l’épidémie, et une conspiration visant l’annulation  d’un document, malheureusement perdu, qui, ratifié par l’empereur byzantin Constantin VI*, prouvait la reconnaissance de la primauté du Pape romain et lui  donnait  le palais du Latran, la ville de Rome, et  tout l’Occident.
Irène, la nouvelle impératrice veut le détruire alors qu’Alcuin souhaite le  reconstituer**.
* écarté par sa mère Irène*,  qui en sus lui a fait crever les yeux
**Ce qui avouons-le n’est pas très honnête

Entre les manigances de ceux qui sont impliqués dans la vente de céréales frelatées et les conspirateurs à la solde d’Irène,  Thérésa connaîtra l’amour et ses désillusions, recevra des terres pour ses services, verra mourir son père,  sera accusée de meurtre et sauvée par Izam le Padouan, un bel ingénieur chargé de mission par le Roi.

J’ai trouvé ce roman moins dépaysant que « le lecteur de cadavres ». Il est vrai que les us et coutumes au temps de Charlemagne, grâce aux romans de Marc Paillet,   me sont moins étrangères que la société chinoise du XIIIe siècle.

Proverbe amusant : « Un byzantin* est capable de parler plusieurs heures d’affilée…même mort. »
*À l’époque il était grec.

La scribe, Antonio Garrido, Presse de la Cité, 2009, 504 pages, Aventure et policier historique
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Le bémol du Papou : Aventures de Thérèsa un peu trop prévisibles, et explications sur le document un peu trop compliquée. 

** « Le soleil naît derrière le Louvre »  Léo Malet

Les nouveaux mystères de Paris (1er ardt)

Lorsque Nestor Burma est engagé pour retrouver un dénommé Louis lHeureux, parti en goguette dans la capitale, et  le renvoyer dans ses pénates limougeauds, il ne se doute pas que ce travail éphémère va devenir une sinécure régulière.

Etienne Larpent, dont la ressemblance avec son client est indéniable, a été assassiné. C’était un voleur de tableau et un escroc connu, présumé responsable du vol d’un Raphaël au Louvre.

Le commissaire Faroux demande à Burma de prendre contact et de surveiller Geneviève Levasseur un célèbre mannequin et accessoirement la maîtresse du mort.

Entre-temps notre détective retrouve le Limousin dans son hôtel prêt à retourner auprès de sa bourgeoise. Il le quitte, l’attend à la sortie et provoque un accident qui envoie le fêtard à l’hôpital.

Bon, je suis d’accord, la ressemblance entre Larpent et Lheureux, et l’action de Burma pour empêcher ce dernier de prendre le train  indique un peu trop nettement ce qui titille notre limier privé et ses lecteurs assidus.

Cependant tout cela n’est que conjecture et il faudra du temps pour Burma, au milieu d’escrocs affamés, de collectionneurs véreux, de coups sur la coloquinte et d’ardeurs passionnées, pour comprendre où se trouve le tableau, et qui n’hésite pas à tuer pour  le récupérer.

J’ai déjà écrit mon intérêt pour se retour aux lectures et aux ballades parisiennes de mon adolescence, tout en rêvant à Martine Carol* et « à la complainte de Jack l’éventreur » qui fut écrite par l’auteur de cette série.
*C’était avant B.B. en un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaitre.

Le soleil naît derrière le Louvre,  Léo Malet, 12-21, 2007, 72 pages, Policier
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Le bémol du Papou : Mr Burma, voudriez-vous s’il vous plait considérer votre secrétaire Hélène plutôt que toutes celles qui mettent du rouge à lèvres aguichant.

*** « Les nuits de la Saint-Jean » Viveca Sten

Vendetta à Trouville  !

Non, ce n’est pas en Normandie,.mais dans l’île de Sanhamm en Suède, une centaine d’habitants en hiver, entre deux et trois mille pendant la période estivale. Lisa Rosén à disparu. Quelques mois plus tard, le mystère de cette disparition reste entier jusqu’au moment où les enfants de Nora Linde* découvre son bras enterré dans la forêt.
*Héroïne récurrente de la série

Dans « La reine de la Baltique » Nora  a hérité de la maison Brandt* et souhaite la garder. En quelques mois ce legs est devenu une source de tension avec Henrik, son égocentrique et narcissique époux, qui veut la vendre par intérêt financier.  Sentant son  couple se fissurer, Nora envisage, à regret, de changer d’idée. La découverte que son mari entretient une aventure avec une infirmière provoque la séparation du couple.
*Pour connaitre les raisons de ce legs, il faut lire « La reine de la Baltique ».

Les enquêteurs Thomas et Margit, qui avaient été chargé de la disparition de Lisa, retourne sur l’île pour reprendre leurs investigations sur ce qui n’est plus une disparition mais un meurtre.

Au début du 20e siècle Gottfrid Österman a épousé Vendela qui lui a d’abord donné  un fils Thorwald puis une fille Kristina. Après la naissance de son fils, Vendela  a fait une profonde dépression et Gottfrid a ressenti de la haine pour le bébé. Thorwald, un enfant plutôt malingre a subi des violences durant toute son enfance tandis que Kristina, adorée par son père, devenait une vraie chipie.

Nos enquêteurs auront besoin, d’un profileur pour trouver le rapport entre la famille Österman du début du XXe siècle et la famille Rosén  du début du XXIe, ainsdi que des  informations trouvées par Nora dans  le journal intime de Karolina Brandt, la tante de Signe qui lui légua la maison,

Dans cette  enquête, Viveca Stem utilise la même idée que sa collègue suédoise, Camilla Lackberg. Le passé même lointain est souvent la source des problèmes actuels. 

Vous pourrez lire le billet de Claude Le Nocher  en cliquant sur son nom

Les nuits de la Saint-Jean, Viveca Sten, Albin Michel, 2016, 452 pages, Policier
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Le bémol du Papou : Exit provisoire du mari imbu et infect de Nora. 

*** « La troisième fille » d’Agatha Christie

La vertu ne suffit pas à assurer le bonheur, la méchanceté suffit à rendre malheureux.
                                                                                                             Aristote

Oyez ! Oyez ! Je n’ai pas encore fini de lire ou de relire  les 86 romans de Lady Agatha. Depuis que ce blog existe « La troisième fille » est ma quarantième chronique  Ce ne sera  pas la dernière, qu’on se le dise !

Quelle n’est pas la stupéfaction  d’Hercule Poirot quand une jeune femme, qui souhaitait le consulter   pour un crime qu’elle croyait avoir commis, lui déclare finalement « Je pensais que je pouvais vous demander conseil…mais c’es impossible…Vous êtes trop vieux »

Comment cette jeune fille avait-elle obtenue son nom et pourquoi cette volte-face  en le voyant ?

Il est vexé, notre Hercule, mais cette visite le  trouble suffisamment pour qu’il fasse des recherches sur cette femme et sa famille.

Norma est la fille d’un premier mariage d’Andrew Restarick, qui avait abandonné sa femme et sa fille pour une amourette prénommée Louise et qui, après le décès de son frère aîné, est revenu d’Afrique, avec une nouvelle femme, pour reprendre les affaires florissantes de sa famille.

Elle vit dans un appartement avec deux colocataires, la secrétaire d’e son père, Claudia Reece-Holland, dont le père est député, et Frances Cary, une artiste qui travaille pour une galerie d’art.

Poirot à la certitude qu’un meurtre a déjà été commis et  pressent qu’un autre est imminent. Il ne trouve aucune  trace du premier jusqu’au moment où  Mrs Oliver* lui parle d’un accident survenu dans l’immeuble des trois colocataires où une certaine Louise** Charpenter serait tombée accidentellement  par la fenêtre.
* Une au
teure de romans policiers qui revient régulièrement chez Lady Agatha.
**  Indice évident, voir mon cinquième paragraphe  mais, ce n’est pas du spoilage, Poirot le confirme rapidement.

Norma Restarick a des absences de mémoire  et parfois ne se souvient pas  de  ses actions. Elle hait  sa belle-mère mais, plus surprenant, son père aussi. Elle a  retrouvé dans ses affaires, une fiole de poison alors que sa belle-mère venait de  subir une tentative d’empoisonnement  et un revolver  alors que du  sang a été retrouvé dans son immeuble.

Elle fréquente David Baker, un  petit voyou qui essaie de monnayer auprès du père son éloignement de la riche héritière.
Lorsqu’il est poignardé, on la retrouve à ses côtés avec un couteau à la main.

Tout au long de l’enquête j’ai eu l’impression que Poirot voulait protéger Norma et par conséquent  qu’elle pouvait ou devait être la victime  pressentie. Mais tous les indices, ses absences, sa haine et sa disparition provisoire  démontraient son implication.

Je ne vous dirai pas, bien sur, le fin mot de cette histoire et le coup de théâtre de notre détective pour éclaircir le mystère.

Une bonne petite enquête qui montre encore toute l’imagination de notre Lady.

La troisième fille, Agatha Christie, Fleuve noir, 1966,
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Le bémol du Papou : Toujours pas de bémol pour notre Lady.