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*** « La salamandre » de Marc Paillet

À suivre une stratégie, on n’est jamais sûr de vaincre, mais à en changer dans l’action on est certain de perdre.

Ce qui me reste de « culture » scolaire sur les dates historiques ne remplirait certainement pas le dos d’un timbre-poste. 1415, 1789, 1871, 1800 parce qu’elle rappelait la première de toute, l’an 800 après J.C., quelques autres encore mais de moindre importance ou moins anciennes.

En l’an de grâce 800, Charlemagne n’est pas encore l’empereur à la barbe fleurie, il est juste le roi des francs et doit se rendre à Rome rencontré le pape Léon III qui, après ses  démêlés avec les familles princières romaines, a demandé sa protection.
C’est donc le jour de Noël 800 que Charlemagne, arrivé à Rome simple roi en repartira avec la couronne d’empereur du Saint-Empire romain germanique.

Quelques Missi Dominici ont été envoyés pour préparer ce long voyage périlleux entre Aix La Chapelle et Rome,

Sous Charlemagne, les Missi Dominici étaient devenus  un élément-clef de l’administration de son royaume. Choisis au sein de l’aristocratie et des dignitaires ecclésiastiques, ils sont les représentants du pouvoir central. Ils enquêtent et peuvent rendre la justice, faire respecter des droits royaux, contrôler les officiers royaux et en particulier les comtes, superviser la conduite et le travail du clergé.  Éventuellement, ils mènent l’armée au combat.

Erwin le Saxon*  a été envoyé  à Lyon pour mettre en place  le séjour  de son roi.
*Héros de cette série

Dès son arrivée, Ebles, un maréchal des écuries royales,  est retrouvé assassiné et son assistant agressé dans une abbaye.  Un morceau de parchemin retrouvé dans la main du cadavre semble indiqué que la communauté juive  prépare un complot durant le séjour du  roi.

Erwin se rend très vite à l’évidence que la ville est mal gouvernée, que les chefs de la milice  chargée de la protection  du territoire,  font preuve d’un laxisme intéressé qui pourrait expliquer la témérité de certaines bandes de brigands.

Aidé de ses aides habituels, Timothée le grec surnommé le goupil, Frère Antoine le moine pansu et Doremus, un ancien brigand passé à son service*,  Erwin va reprendre en main la milice,  découvrir  que la conspiration a été fomenté par des rebelles francs,  proches d’un fils de Charlemagne, aidés de quelques levantins et des bandes de brigands avec l’assentiment aveugle et cupide de Rothard le comte de Lyon.
*  « Le poignard et le poison »

Pourtant tous ses comploteurs n’ont pu agir que sur les instructions d’un adepte de Machiavel mais qui est-il et pourquoi cette conspiration ? Erwin le démasquera et nous comprendrons alors que les instigateurs se trouvent bien loin de Lyon et du royaume franc.

Ce roman m’a obligé à rechercher des informations sur Irène, l’impératrice Byzantine, sur les communautés juives et syriennes de l’époque, sur les tempestaires, sur les gardes palatins  et sur le mythe de la Salamandre, cet amphibien légendaire réputé pour vivre dans le  feu et ne mourir que lorsque celui-ci s’éteint. La salamandre devint une créature importante des bestiaires médiévaux. D’autres légendes en font un animal extrêmement venimeux, capable d’empoisonner l’eau des puits et les fruits des arbres par sa seule présence.

Passionnant et gratifiant !

La salamandre, Marc Paillet, 10-18, 1995, 199 pages, policier historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Un curé militaire, ils n’ont pas dû être nombreux.