Archives mensuelles : mai 2017

** « Selfies » de Jussi Adler-Olsen

Une société fondée sur le travail ne rêve que de repos.
                                                                                                 L. Langanesi

Déception ! Encore !

Décidément je me demande si, compte tenu de mes humeurs actuelles, je ne devrais pas me mettre au tricot ou à la broderie plutôt que de continuer à lire.

Peut-être suis-je atteint d’une écœurantite littéraire aigüe en té cas cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu de coup de cœur.

Après « un appartement à Paris » de Guillaume Musso, pas complètement décevant mais pas non plus très emballant pour moult raisons dont certaines très personnelles, voici un autre auteur que j’aimais dans ses premiers tomes, « Miséricorde », « Profanation », et « Délivrance » et qui depuis me déçoit de plus en plus.

La création d’un département policier « cold cases », avec l’équipe, un peu hors normes, composée d’un enquêteur chevronné mais désabusé, d’un assistant d’origine proche-orientale dont les agissements passés restent flous et d’une secrétaire légèrement caractérielle dont aucun département ne voulait, était plaisante.

La principale raison de mon attitude devenue négative est certainement due  à l’idée sublimée que je me fais du Danemark comparée à la soi-disant réalité pourrie qu’en donne Adler-Olsen.

Des jeunes qui ne veulent pas travailler et profitent des largesses de l’État, des fonctionnaires jaloux, car eux font au moins semblant, des lieux de vie pourris, de la pauvreté, de la violence….alouette.

De là à envisager qu’un fonctionnaire décide d’éliminer les parasites sociaux, on tombe dans le grand n’importe quoi. Quatre morts dans un petit pays comme le Danemark, imaginez l’hécatombe dans l’Hexagone.

Outre cette idée abracadabrantesque*, il se trouve que la secrétaire Rose était la voisine de la vieille femme assassinée. Oups ! J’oubliai de vous dire que l’enquête débute par la découverte de son corps dans un parc danois certainement mal famé. Pas un « cold case » donc mais, quelqu’un va faire le rapprochement avec un meurtre survenu 15 ans plus tôt dont la victime était l’institutrice de la petite-fille de la vieille dame, petite fille qui sera une des victimes du fonctionnaire  enragé.**
*c’est au moins la troisième fois que je réussis à placer cet adjectif dans mes billets
**J’espère que vous arrivez à suivre.

Ajoutez que le mari de la vieille dame, un ancien bourreau SS devenu impotent, s’est noyé « accidentellement dans l’équivalent d’un verre d’eau, que le père de la petite-fille mentionnée plus haut est un soldat américain déserteur revenu au Danemark qui fait, plus ou moins, chanter la grand-mère et complétez avec le hold-up dans un cercle de jeu, sans coup férir, par des jeunes femmes inexpérimentées.

Quand aux divagations psychiatriques de Rose, elles auraient été causées par la mort  « accidentelle » dans une usine, en sa présence, de son tortionnaire de père, un salopard qui la maltraitait et la rabaissait systématiquement. Accident dont elle s’est toujours sentie responsable.

Le département V va réussir, grâce à la volonté de l’auteur et sans vraiment comprendre ce qui se passe, à résoudre, l’accident du père de Rose,  le meurtre de l’instit, celui de l’ancien SS, celui de la grand-mère et ceux plus nombreux des malheureuses considérées comme des cancrelats par un rond-de-cuir revanchard. 

J’ai quand même été difficilement jusqu’au bout. D’abord parce que j’ai du mal à mettre de côté un livre commencé* et surtout parce que je me suis demandé comment l’auteur allait se sortir de cet imbroglio extravagant.
*Ça s’en vient de plus en plus souvent.

Il va me falloir de nombreux billets « coups de cœur » avant de relire cet auteur.

Selfies, Jussi Adler-Olsen, Albin Michel, 2017, 611 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Mon billet au complet est un gros bémol.

 

 

*** « Un appartement à Paris » de Guillaume Musso

La laideur a ceci de supérieur à la beauté qu’elle ne disparaît pas avec le temps.
                                                                                                       Gainsbourg
La solitude a deux avantages : d’abord d’être avec soi-même, ensuite de n’être pas avec les autres. 

Schopenhauer

Je sens que je vais me faire éreinter par la multitude, de plus en plus moins nombreuse*, qui me lit car tout en  préparant quelques fleurs pour cet auteur, je lui ai aussi gardé un certain nombre de pots.
*Oui, je sais, c’est pas très bien écrit mais… j’aime.

L’histoire d’abord, Madeline Greene l’ex-policière anglaise, à peine sortie d’une tentative de suicide, déjà rencontrée dans  « L’appel de l’Ange », a loué un logement dans Paris pour se préparer en solitaire à un important changement dans sa vie.

L’alcoolique, misanthrope, pessimiste et coléreux Gaspard Coutances, auteur en vogue  de pièces de théâtre intellos et cyniques ne se met à l’écriture  que dans un isolement complet.

Une erreur informatique va obliger ces deux caractères forts et solitaires  à partager le même appartement, l’ancien atelier d’un peintre décédé quelques mois plus tôt d’une maladie cardiaque dont l’enlèvement et l’assassinat de son fils étaient en grande partie responsable.

Ils  vont entreprendre une enquête pour retrouver les derniers tableaux du peintre et pour comprendre ce qui est arrivé à l’enfant.

Les fleurs, il faut toujours commencer par les fleurs, cela atténue la violence des pots et des propos.

Guillaume Musso possède une jolie plume, beaucoup d’imagination, du style  et une écriture moderne, parfois un peu trop, ainsi, l’utilisation d’anglicismes sans raison, même si elle est une image du snobisme franchouillard qui  perdure dans l’hexagone depuis trop longtemps n’a pas raison d’être et a choqué, choque et choquera toujours les lecteurs lambda Québecois*.
*confirmation m’a été donnée lors d’un club de lecture.

Ceci dit, voyons maintenant les aléas qui m’ont tarabusté et parfois énervé. 

L’Idée de départ et la conclusion d’« Un appartement à Paris » sont identiques à celle de « L’appel de l’Ange » déjà mentionné plus haut. Deux vies qui se croisent accidentellement et sont obligés de coexister.

L’autre élément gênant fut le dénigrement minable et odieux sur Paris* où, écrit-il,  on constaterait que de nombreux touristes sont atteints de troubles psychiatriques causés par le décalage entre leur vision sublimée de la ville lumière et la « vilaine » réalité.
*Ma ville de naissance. Plus de 3 millions de visiteurs annuellement et… combien de malades

L’auteur s’est aussi payé la traite avec ses virulentes critiques, que je partage,  sur le fonctionnement des aéroports avec  leurs longs temps d’attente, leurs itinéraires interminables, leur manque de personnel et d’informations et sur  le monde des agents d’artistes, que je ne connais pas, dont le seul but serait d’augmenter leurs revenus au détriment de la qualité des œuvres. 

Ceci dit, les qualités des romans de l’auteur dépassent largement les contrariétés et quand vous en ouvrez un, vous êtes, en général, embarqué jusqu’à la dernière page.

Ce fut encore le cas cette fois-ci.

PS: À mon humble avis, Central Park reste le meilleur roman de l’auteur

Un appartement à Paris, Guillaume Musso, 2017, 459 pages, Roman policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Écrire facilement ne devrait pas se traduire par écrire dans la facilité.

 

 

 

 

 

** « Un fond de vérité » de Zygmunt Miloszewski

On ne sait sur soi-même que ce qu’on a affronté
                                                                                        Wislawa Szymborska *

*Poétesse polonaise disparue en 2012

Après s’être séparé  de sa femme, le célèbre procureur de Varsovie, Théodore Szacki, 40 ans,   a obtenu sa nomination à Sandomierz, petite ville du sud de la Pologne.

Nous sommes en 2009. La découverte d’une femme égorgée va bouleverser la tranquillité de la petite ville.  l’arme du crime est un chalef, couteau juif destiné au sacrifice rituel des animaux, ce qui pourrait réveiller de vieilles rancunes antisémites.

Le pragmatique mais pas toujours sympathique   Théodore, aidé de la procureur  Barbara Sobieraj  et du vieux policier Leon Wilczur, refuse d’accepter toutes allégations  sectaires et envisage autant une vengeance causée par les exactions de la guerre qu’une provocation antisémite.

Le mari de la première victime, Greg Budnik, un conseiller municipal est retrouvé à son tour massacré et quasiment méconnaissable.

Dans l’église, cachée sous une tenture, notre procureur découvre un tableau* de Charles de Prévôt, représentant le vieux mythe antisémite de juifs enlevant et tuant les enfants pour confectionner leur pain azyme, sur lequel des lettres hébraïques ont été ajouté.
*Pour plus d’informations :  http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Monde/L-Eglise-polonaise-devoile-un-tableau-mettant-en-cause-des-juifs-avec-le-soutient-de-la-communaute-juive-2014-01-17-1091975

Un homme d’affaires du nom de Jurek Sziller, accessoirement  amant de la première victime et   suspect principal, disparaît à son tour. Son corps est retrouvé dans les souterrains de la ville dévoré par des molosses enragés.

La vengeance semble bien être la cause de ces meurtres. Les familles des trois victimes ont participé, soixante dix ans plus tôt à la dénonciation pour espionnage d’un médecin juif ou au refus d’aider l’accouchement de son épouse  entrainant  ainsi sa mort,  celle du bébé et le suicide du docteur.

Szacki demande à un recherchiste de retrouver les informations sur ce drame ainsi que le fils du médecin alors âgé d’une huitaine d’années.

Quelle n’est pas la surprise du procureur quand il apprend  que cette personne participe à l’enquête pourtant, c’est la disparition d’un vagabond qui va lui donner la surprenante solution de ces meurtres.

Zygmunt Miloszewski brocarde la société polonaise en général, la recherche du sensationnalisme à tout prix des journalistes  et l’hypocrisie des politiciens*.
*« Politicien de province mais politicien quad même ce qui faisait de lui un menteur professionnel et un baratineur. »

Soyons honnêtes,  la Pologne est loin d’être  une exception.

Les avis de Zazy,  de Claude Le Nocher,  et d’Alex,  

Polars du Monde

Un fond de vérité, Zygmunt Miloszewski, Mirobole, 2015, Roman policier.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Énervant le vocable argotique  binouze, utilisé à deux reprises par le traducteur à la place du mot bière. Je connaissais déjà bibine, mousse ou gueuse, il semble bien que mon vocabulaire a des lacunes.