*** « Ramdam à Mahâbalipuram » de  Sarah Dars

La dernière chose qu’elle vit avant de mourir fut ce palmier déraciné par la tempête.

Situé à une cinquantaine de kilomètres de Madras, la ville de Mahâbalipuram abrite un site archéologique et des temples importants. Lors d’un séjour Doc et sa famille font la connaissance de Sumitrâ une jeune vendeuse de souvenirs et de colifichets qui leur fait visiter des grottes.

À chaque fois qu’il venait dans cette ville, Doc passait la saluer. Dès leur première rencontre Sumitrâ, était tombé un peu amoureuse du Doc, impressionnée par sa petite taille, sa minceur et sa vivacité. Sumitrâ  s’occupait de son jeune frère ,Lakshman, et voyant qu’il prenait de mauvaises habitudes, elle demanda de l’aide  au Doc. Celui-ci accepta de le prendre dans sa famille.

Lorsqu’on retrouve Sumitrâ noyée, Doc ne croit pas à un accident car « comme tous les gosses de cet endroit elle savait nager depuis qu’elle savait marcher ».

Il réussit à obtenir une autopsie plus complète dont les conclusions lui donnent raison. Sumitrâ a été drogué et ses poumons ne contiennent pas d’eau. Elle a donc été tuée avant d’être  jetée à l’eau.

Depuis son arrivée dans la ville, de nombreux ragots courraient sur cette jeune femme dont on disait qu’elle avait vécu ailleurs une vie plus dissolue.

Lors de son enquête, Doc apprend que très jeune, elle avait été vendue par ses parents et qu’elle avait tué son souteneur violeur.
Ce meurtre, ses actions pour défendre les femmes violées, pour aider les pauvres à obtenir ds prêts et son refus de partager les profits de son commerce ou de vendre de la drogue avait entraîné la haine d’un groupe de criminels.

Ce roman n’est pas une enquête du Doc mais une quête pour comprendre cette jeune femme, connaitre le milieu d’où elle venait et les raisons de son assassinat crapuleux et inutile. Doc après avoir décrypter  les indices laissés par Sumitrâ  sur les tueurs  les transmettra  au policier chargé de l’enquête.

L’intérêt que je porte aux romans de Sarah Dars et à son héros tient surtout à ma grande ignorance* de la culture, des coutumes  et de la société indienne en général. C’est un vrai dépaysement, une promenade sur une autre planète où les prêtres ou Brahmanes, les guerriers ou Kshatriyas, les marchands ou Vaishyas, les serviteurs ou Shudras sans oublier les Intouchables vivaient ensemble sans vraiment se côtoyer. Il semblerait que cette société évolue tranquillement et que certains tabous ont commencé lentement à être transgressés. Ainsi le Brahmane Doc apprécie la Shudra Sumitrâ pour ce qu’elle est sans tenir compte de leurs castes respectives.  

Exotique !

Ramdam à Mahâbalipuram, Sarah Dars, Éditions Philippe Picquier, 2011, 332 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Doc est un mélomane qui adore la musique de son pays. J’avoue mon inculture générale concernant les œuvres musicales en général et mon ennui profond à lire les interminables descriptions à ce sujet.

Poulet massalé facile

Poulet massalé facile

Voici donc une première recette avec du massalé. 

Ingrédients :
3 livres de poulet en morceaux
400 gr d’oignon blanc émincé
400 gr de tomates coupées en dés
1 cuillère à soupe de graines de cumin
2 gousses d’ail
1 clou de girofle
2 cuillères à soupe de massalé
2 cm de gingembre frais râpé
2 cuillères à soupe de pâte de tamarin (facultatif)

Préparation

Dans une cocotte, faire dorer, dans un peu d’huile, les morceaux de  poulet  saupoudrés de graines de cumin.

retirer et mettre de côté. Dans la même huile faire revenir l’oignon, quand il commence à roussir, remettre  le poulet et ajouter  les tomates, l’ail, le clou de girofle, le gingembre.

Lorsque les tomates sont cuites (10 minutes environ) ajoutez le massalé, brasser le tout, puis  ajouter de l’eau* à niveau et laisser mijoter 30 minutes (poulet ordinaire), 40 minutes  (poulet fermier) ou 1 heure minimum (poulet pays) ou plus sérieusement jusqu’à ce que les morceaux de poulet se détachent facilement.
*Ou du bouillon de poulet.

Facultatif : 10 minutes avant la fin de la cuisson, mélanger 2 cuillères à soupe de pâte de tamarin dans un peu d’eau chaude et ajouter. à la préparation.

Servir avec du riz ou des pâtes.

 

Poudre d’épices : massalé

Après ma  série « à table » qui présentait des plats faciles et rapides pour ceux qui bossent, j’ai pris ma retraite. Je ne voyais pas l’intérêt de continuer avec autant de blogs, de sites et d’émissions télévisuelles sur les recettes.
Seulement pour trouver de nouvelles idées, de nouvelles saveurs, de nouveaux produits, encore faut-il avoir du temps pour chercher. Moi, j’en ai. 

Le « massalé » réunionnais, déformation créole du « Goram Massala » bien connu dans la  cuisine indienne., fait partie des saveurs exotiques à essayer. 

On trouve facilement ce mélange d’épices mais on dit qu’il existe autant de mélanges qu’il y a de cuisiniers, alors pourquoi ne pas préparer le vôtre à votre goût.

Ingrédients :
Vous trouverez ci-dessous la  liste que j’utilise.

*1 cuillère à soupe de graines de coriandre

*1 cuillère à soupe de graines de cumin
*1/3  cuillère à soupe de fenugrec
*1/3 cuillère à soupe de graines de poivre noir
*1 cuillère à soupe de curcuma

*1/3  cuillère à soupe de curry (ici je ne trouve pas de calipoulé)
*Les graines d’ 1 gousse de cardamone
*1 clou de girofle
*1 piment de Cayenne séchés (facultatif pour ceux qui ne les aiment pas)
*1 anis étoilé (facultatif)

Dans le futur, à partir de cette première recette, vous pourrez toujours modifier les quantités de chacun des ingrédients en fonction de vos goûts.

Préparation :
Faire légèrement grillé à sec tous les ingrédients sauf le curcuma, quand vous entendez les graines de cumin chanter, retirer du feu. Moudre dans un moulin à café, ajouter le curcuma.

C’est tout. Le massalé peut-être utilisé pour toutes les viandes et les poissons fermes comme la lotte.

**** « La fille de Brooklyn » de Guillaume Musso

On aime ce qu’on n’est pas.
                                          Albert Cohen

J’avais déjà acheté « La fille de Brooklyn », lorsque mon association de lecteurs décida de mettre « un appartement à Paris »  en lecture commune. Après mon billet mitigé sur  ce roman, Je n’avais pas l’intention de replonger rapidement dans l’univers de cet auteur. 

J’ai suivi les conseils de Dulcinée*. Bien m’en a pris !
*Il faut toujours suivre les conseils de sa Dulcinée

Raphaël Barthélémy est un écrivain de polar-thriller reconnu. Après une mésaventure sentimentale qui lui a laissé un goût amer et un petit garçon, il est tombé amoureux d’Anna Baxter, une jeune métisse enjouée avec parfois des zones d’ombres. Répondant à ses questions insistantes, elle lui montre une photo de trois corps calcinés en révélant qu’elle en est responsable. La première réaction de Raphaël est de s’enfuir pour réfléchir, quand il revient, Anna n’est plus là.

Aidé de son ami et voisin Marc Caradec, un ancien policier de la BRB, il essaie de la retrouver. Au fur et à mesure de leur enquête, le passé de la jeune femme se dévoile complexe et déroutant.

Claire Carlyle avait changé de nom après son enlèvement par un prédateur sexuel et était devenue Anna Baxter. Le prédateur était mort avec ses trois autres victimes*.
* Pas besoin des talents de Sherlock pour faire un rapprochement avec la photo.

Elle a de nouveau été enlevée dès son retour à Paris. Mais par qui ? 

L’enquête va se scinder entre la France et New York, d’où était originaire Anna. Elle va permettre de découvrir  que  les décès  de la mère d’Anna et d’une journaliste étaient en fait des assassinats, de plonger dans les arcanes et les magouilles de la politique américaine, non sans révéler  au passage quelques policiers  ripoux et  une vengeance secrète relative aux trois corps calcinés.

Dans ce roman, Trump  a été vaincu dans les primaires des conservateurs par un « politicien honnête »*.
*Pléonasme ou Tautologie

« C’était une drôle d’époque. Une époque qui manquait d’hommes d’État. Une époque où les discours intelligents et les raisonnements complexes n’avaient plus de place. Une époque où seuls les propos simplistes et excessifs réussissaient à trouver un écho médiatique. Une époque où la vérité n’avait plus d’importance, où les émotions faciles avaient supplanté la raison, où seules comptaient l’image et la communication. »

De péripéties en coups de théâtre, de surprises en révélations, je me suis retrouvé complètement subjugué par l’imagination de Guillaume Musso et n’est mis que trois jours pour finir les 561 pages.

Parmi les six Musso déjà lu, il y en eu d’excellents, « Central Park » ou « L’appel de l’Ange », des moins bons, « un appartement à Paris » et « 7 ans après… »  et des ordinaires, « Skidamarink ».

« La fille de Brooklyn » est l’un de ses meilleurs tout juste après « Central Park ».

La fille de Brooklyn, Guillaume Musso, Pocket, 2017, 561 pages, thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une des raisons du succès de Musso, et pas la seule, tient au fait que ces romans baignent toujours dans un optimisme inéluctable même si parfois, comme dans « un appartement à Paris », il compose avec l’improbable, l’impossible, et même l’illégal.

*** « La salamandre » de Marc Paillet

À suivre une stratégie, on n’est jamais sûr de vaincre, mais à en changer dans l’action on est certain de perdre.

Ce qui me reste de « culture » scolaire sur les dates historiques ne remplirait certainement pas le dos d’un timbre-poste. 1415, 1789, 1871, 1800 parce qu’elle rappelait la première de toute, l’an 800 après J.C., quelques autres encore mais de moindre importance ou moins anciennes.

En l’an de grâce 800, Charlemagne n’est pas encore l’empereur à la barbe fleurie, il est juste le roi des francs et doit se rendre à Rome rencontré le pape Léon III qui, après ses  démêlés avec les familles princières romaines, a demandé sa protection.
C’est donc le jour de Noël 800 que Charlemagne, arrivé à Rome simple roi en repartira avec la couronne d’empereur du Saint-Empire romain germanique.

Quelques Missi Dominici ont été envoyés pour préparer ce long voyage périlleux entre Aix La Chapelle et Rome,

Sous Charlemagne, les Missi Dominici étaient devenus  un élément-clef de l’administration de son royaume. Choisis au sein de l’aristocratie et des dignitaires ecclésiastiques, ils sont les représentants du pouvoir central. Ils enquêtent et peuvent rendre la justice, faire respecter des droits royaux, contrôler les officiers royaux et en particulier les comtes, superviser la conduite et le travail du clergé.  Éventuellement, ils mènent l’armée au combat.

Erwin le Saxon*  a été envoyé  à Lyon pour mettre en place  le séjour  de son roi.
*Héros de cette série

Dès son arrivée, Ebles, un maréchal des écuries royales,  est retrouvé assassiné et son assistant agressé dans une abbaye.  Un morceau de parchemin retrouvé dans la main du cadavre semble indiqué que la communauté juive  prépare un complot durant le séjour du  roi.

Erwin se rend très vite à l’évidence que la ville est mal gouvernée, que les chefs de la milice  chargée de la protection  du territoire,  font preuve d’un laxisme intéressé qui pourrait expliquer la témérité de certaines bandes de brigands.

Aidé de ses aides habituels, Timothée le grec surnommé le goupil, Frère Antoine le moine pansu et Doremus, un ancien brigand passé à son service*,  Erwin va reprendre en main la milice,  découvrir  que la conspiration a été fomenté par des rebelles francs,  proches d’un fils de Charlemagne, aidés de quelques levantins et des bandes de brigands avec l’assentiment aveugle et cupide de Rothard le comte de Lyon.
*  « Le poignard et le poison »

Pourtant tous ses comploteurs n’ont pu agir que sur les instructions d’un adepte de Machiavel mais qui est-il et pourquoi cette conspiration ? Erwin le démasquera et nous comprendrons alors que les instigateurs se trouvent bien loin de Lyon et du royaume franc.

Ce roman m’a obligé à rechercher des informations sur Irène, l’impératrice Byzantine, sur les communautés juives et syriennes de l’époque, sur les tempestaires, sur les gardes palatins  et sur le mythe de la Salamandre, cet amphibien légendaire réputé pour vivre dans le  feu et ne mourir que lorsque celui-ci s’éteint. La salamandre devint une créature importante des bestiaires médiévaux. D’autres légendes en font un animal extrêmement venimeux, capable d’empoisonner l’eau des puits et les fruits des arbres par sa seule présence.

Passionnant et gratifiant !

La salamandre, Marc Paillet, 10-18, 1995, 199 pages, policier historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Un curé militaire, ils n’ont pas dû être nombreux.

*** « Les douze tribus d’Hattie » d’Ayana Mathis

«  Ils ne comprenaient pas que tout l’amour qu’elle avait en elle était accaparé par la nécessité de les nourrir, de les habiller et de les préparer à affronter le monde. 

En 1925, Hattie Shepherd, 17 ans et enceinte,  a quitté sa Géorgie natale et ségrégationniste  pour venir  s’installer à Philadelphie avec son mari August*.
*Il faudra attendre plus de trente ans pour que débute la lutte pour les droits des noirs.

Le problème racial est moins violent dans les États du Nord, mais la misère et la pauvreté vont devenir le principal souci d’Hattie.  Son apparente dureté envers ses enfants s’est forgée dans son engagement à leur donner le nécessaire pour qu’ils puissent affronter et réussir leurs vies d’adulte.

Ce roman est construit avec un ensemble de nouvelles qui toutes concernent les onze enfants d’Hattie, six filles et cinq garçons, le douzième membre de la tribu étant  Sala sa petite fille.

La première nouvelle raconte le décès des jumeaux Philadelphia et Jubilee qu’Hattie n’a pu faire soigner faute d’argent, elle est suivie par les aventures de Floyd, en 1948,  un musicien à la sexualité trouble, de Six, en 1950,  un adolescent meurtri, qui profite de ses qualités de prédicateur pour enjôler les femmes, d’Ella, 1954, un bébé qu’elle donne en adoption à sa sœur Pearl, d’Alice et Billups, 1968, la première devenue riche par son mariage, a inconsciemment besoin pour son équilibre de ce frère qu’elle considère comme faible d’esprit, Bell, 1975, aux études poussées qui deviendra prostituée et  atteinte de tuberculose, Franklin, 1969, le soldat qui meurt de peur au Vietnam, Ruthi, 1975 qui n’est pas la fille d’August mais celle de Lawrence, l’homme avec qui Hattie avait décidé un jour de partir mais n’a pu si résoudre,, de Cassie, 1980, atteinte de schizophrénie et envoyée dans un asile et enfin de Sala, 1980, la fille de Cassie dont Hattie va devoir s’occuper à 72 ans passés.

À travers tous ces textes, c’est le portrait d’Hattie qui se dessine, par petites touches. Une femme brisée par la mort prématurée de ses jumeaux, déçue par son mariage, et qui a marqué ses  enfants par sa froideur et son manque de compassion qui occultaient l’amour véritable qu’elle leur a toujours  porté et dont la séparation difficile avec Ella en est la preuve.

Ayana Mathis dans un style simple, dénué de pathos et sans concessions, nous présente  le portrait d’une famille afro-américaine au vingtième siècle. Certains  pourraient lui reprocher un manque de profondeur dans les personnalités des enfants pourtant la densité de chaque chapitre m’a suffit grandement.

Dérangeant !

Les avis de Perséphone,  de Dasola, et d’Alex

Les douze tribus d’Hattie, Ayana Mathis, Gallmeister, 2014, 368 pages, Roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : L’impuissance des miséreux au XXe siècle  pour s’en sortir qui me semble ne pas avoir beaucoup changé au XXIe sous Donald. 

 

** « Selfies » de Jussi Adler-Olsen

Une société fondée sur le travail ne rêve que de repos.
                                                                                                 L. Langanesi

Déception ! Encore !

Décidément je me demande si, compte tenu de mes humeurs actuelles, je ne devrais pas me mettre au tricot ou à la broderie plutôt que de continuer à lire.

Peut-être suis-je atteint d’une écœurantite littéraire aigüe en té cas cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu de coup de cœur.

Après « un appartement à Paris » de Guillaume Musso, pas complètement décevant mais pas non plus très emballant pour moult raisons dont certaines très personnelles, voici un autre auteur que j’aimais dans ses premiers tomes, « Miséricorde », « Profanation », et « Délivrance » et qui depuis me déçoit de plus en plus.

La création d’un département policier « cold cases », avec l’équipe, un peu hors normes, composée d’un enquêteur chevronné mais désabusé, d’un assistant d’origine proche-orientale dont les agissements passés restent flous et d’une secrétaire légèrement caractérielle dont aucun département ne voulait, était plaisante.

La principale raison de mon attitude devenue négative est certainement due  à l’idée sublimée que je me fais du Danemark comparée à la soi-disant réalité pourrie qu’en donne Adler-Olsen.

Des jeunes qui ne veulent pas travailler et profitent des largesses de l’État, des fonctionnaires jaloux, car eux font au moins semblant, des lieux de vie pourris, de la pauvreté, de la violence….alouette.

De là à envisager qu’un fonctionnaire décide d’éliminer les parasites sociaux, on tombe dans le grand n’importe quoi. Quatre morts dans un petit pays comme le Danemark, imaginez l’hécatombe dans l’Hexagone.

Outre cette idée abracadabrantesque*, il se trouve que la secrétaire Rose était la voisine de la vieille femme assassinée. Oups ! J’oubliai de vous dire que l’enquête débute par la découverte de son corps dans un parc danois certainement mal famé. Pas un « cold case » donc mais, quelqu’un va faire le rapprochement avec un meurtre survenu 15 ans plus tôt dont la victime était l’institutrice de la petite-fille de la vieille dame, petite fille qui sera une des victimes du fonctionnaire  enragé.**
*c’est au moins la troisième fois que je réussis à placer cet adjectif dans mes billets
**J’espère que vous arrivez à suivre.

Ajoutez que le mari de la vieille dame, un ancien bourreau SS devenu impotent, s’est noyé « accidentellement dans l’équivalent d’un verre d’eau, que le père de la petite-fille mentionnée plus haut est un soldat américain déserteur revenu au Danemark qui fait, plus ou moins, chanter la grand-mère et complétez avec le hold-up dans un cercle de jeu, sans coup férir, par des jeunes femmes inexpérimentées.

Quand aux divagations psychiatriques de Rose, elles auraient été causées par la mort  « accidentelle » dans une usine, en sa présence, de son tortionnaire de père, un salopard qui la maltraitait et la rabaissait systématiquement. Accident dont elle s’est toujours sentie responsable.

Le département V va réussir, grâce à la volonté de l’auteur et sans vraiment comprendre ce qui se passe, à résoudre, l’accident du père de Rose,  le meurtre de l’instit, celui de l’ancien SS, celui de la grand-mère et ceux plus nombreux des malheureuses considérées comme des cancrelats par un rond-de-cuir revanchard. 

J’ai quand même été difficilement jusqu’au bout. D’abord parce que j’ai du mal à mettre de côté un livre commencé* et surtout parce que je me suis demandé comment l’auteur allait se sortir de cet imbroglio extravagant.
*Ça s’en vient de plus en plus souvent.

Il va me falloir de nombreux billets « coups de cœur » avant de relire cet auteur.

Selfies, Jussi Adler-Olsen, Albin Michel, 2017, 611 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Mon billet au complet est un gros bémol.

 

 

*** « Un appartement à Paris » de Guillaume Musso

La laideur a ceci de supérieur à la beauté qu’elle ne disparaît pas avec le temps.
                                                                                                       Gainsbourg
La solitude a deux avantages : d’abord d’être avec soi-même, ensuite de n’être pas avec les autres. 

Schopenhauer

Je sens que je vais me faire éreinter par la multitude, de plus en plus moins nombreuse*, qui me lit car tout en  préparant quelques fleurs pour cet auteur, je lui ai aussi gardé un certain nombre de pots.
*Oui, je sais, c’est pas très bien écrit mais… j’aime.

L’histoire d’abord, Madeline Greene l’ex-policière anglaise, à peine sortie d’une tentative de suicide, déjà rencontrée dans  « L’appel de l’Ange », a loué un logement dans Paris pour se préparer en solitaire à un important changement dans sa vie.

L’alcoolique, misanthrope, pessimiste et coléreux Gaspard Coutances, auteur en vogue  de pièces de théâtre intellos et cyniques ne se met à l’écriture  que dans un isolement complet.

Une erreur informatique va obliger ces deux caractères forts et solitaires  à partager le même appartement, l’ancien atelier d’un peintre décédé quelques mois plus tôt d’une maladie cardiaque dont l’enlèvement et l’assassinat de son fils étaient en grande partie responsable.

Ils  vont entreprendre une enquête pour retrouver les derniers tableaux du peintre et pour comprendre ce qui est arrivé à l’enfant.

Les fleurs, il faut toujours commencer par les fleurs, cela atténue la violence des pots et des propos.

Guillaume Musso possède une jolie plume, beaucoup d’imagination, du style  et une écriture moderne, parfois un peu trop, ainsi, l’utilisation d’anglicismes sans raison, même si elle est une image du snobisme franchouillard qui  perdure dans l’hexagone depuis trop longtemps n’a pas raison d’être et a choqué, choque et choquera toujours les lecteurs lambda Québecois*.
*confirmation m’a été donnée lors d’un club de lecture.

Ceci dit, voyons maintenant les aléas qui m’ont tarabusté et parfois énervé. 

L’Idée de départ et la conclusion d’« Un appartement à Paris » sont identiques à celle de « L’appel de l’Ange » déjà mentionné plus haut. Deux vies qui se croisent accidentellement et sont obligés de coexister.

L’autre élément gênant fut le dénigrement minable et odieux sur Paris* où, écrit-il,  on constaterait que de nombreux touristes sont atteints de troubles psychiatriques causés par le décalage entre leur vision sublimée de la ville lumière et la « vilaine » réalité.
*Ma ville de naissance. Plus de 3 millions de visiteurs annuellement et… combien de malades

L’auteur s’est aussi payé la traite avec ses virulentes critiques, que je partage,  sur le fonctionnement des aéroports avec  leurs longs temps d’attente, leurs itinéraires interminables, leur manque de personnel et d’informations et sur  le monde des agents d’artistes, que je ne connais pas, dont le seul but serait d’augmenter leurs revenus au détriment de la qualité des œuvres. 

Ceci dit, les qualités des romans de l’auteur dépassent largement les contrariétés et quand vous en ouvrez un, vous êtes, en général, embarqué jusqu’à la dernière page.

Ce fut encore le cas cette fois-ci.

PS: À mon humble avis, Central Park reste le meilleur roman de l’auteur

Un appartement à Paris, Guillaume Musso, 2017, 459 pages, Roman policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Écrire facilement ne devrait pas se traduire par écrire dans la facilité.

 

 

 

 

 

** « Un fond de vérité » de Zygmunt Miloszewski

On ne sait sur soi-même que ce qu’on a affronté
                                                                                        Wislawa Szymborska *

*Poétesse polonaise disparue en 2012

Après s’être séparé  de sa femme, le célèbre procureur de Varsovie, Théodore Szacki, 40 ans,   a obtenu sa nomination à Sandomierz, petite ville du sud de la Pologne.

Nous sommes en 2009. La découverte d’une femme égorgée va bouleverser la tranquillité de la petite ville.  l’arme du crime est un chalef, couteau juif destiné au sacrifice rituel des animaux, ce qui pourrait réveiller de vieilles rancunes antisémites.

Le pragmatique mais pas toujours sympathique   Théodore, aidé de la procureur  Barbara Sobieraj  et du vieux policier Leon Wilczur, refuse d’accepter toutes allégations  sectaires et envisage autant une vengeance causée par les exactions de la guerre qu’une provocation antisémite.

Le mari de la première victime, Greg Budnik, un conseiller municipal est retrouvé à son tour massacré et quasiment méconnaissable.

Dans l’église, cachée sous une tenture, notre procureur découvre un tableau* de Charles de Prévôt, représentant le vieux mythe antisémite de juifs enlevant et tuant les enfants pour confectionner leur pain azyme, sur lequel des lettres hébraïques ont été ajouté.
*Pour plus d’informations :  http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Monde/L-Eglise-polonaise-devoile-un-tableau-mettant-en-cause-des-juifs-avec-le-soutient-de-la-communaute-juive-2014-01-17-1091975

Un homme d’affaires du nom de Jurek Sziller, accessoirement  amant de la première victime et   suspect principal, disparaît à son tour. Son corps est retrouvé dans les souterrains de la ville dévoré par des molosses enragés.

La vengeance semble bien être la cause de ces meurtres. Les familles des trois victimes ont participé, soixante dix ans plus tôt à la dénonciation pour espionnage d’un médecin juif ou au refus d’aider l’accouchement de son épouse  entrainant  ainsi sa mort,  celle du bébé et le suicide du docteur.

Szacki demande à un recherchiste de retrouver les informations sur ce drame ainsi que le fils du médecin alors âgé d’une huitaine d’années.

Quelle n’est pas la surprise du procureur quand il apprend  que cette personne participe à l’enquête pourtant, c’est la disparition d’un vagabond qui va lui donner la surprenante solution de ces meurtres.

Zygmunt Miloszewski brocarde la société polonaise en général, la recherche du sensationnalisme à tout prix des journalistes  et l’hypocrisie des politiciens*.
*« Politicien de province mais politicien quad même ce qui faisait de lui un menteur professionnel et un baratineur. »

Soyons honnêtes,  la Pologne est loin d’être  une exception.

Les avis de Zazy,  de Claude Le Nocher,  et d’Alex,  

Polars du Monde

Un fond de vérité, Zygmunt Miloszewski, Mirobole, 2015, Roman policier.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Énervant le vocable argotique  binouze, utilisé à deux reprises par le traducteur à la place du mot bière. Je connaissais déjà bibine, mousse ou gueuse, il semble bien que mon vocabulaire a des lacunes.

**** « Les reflets d’argent » de Susan Fletcher

De la vie nous ne connaissons que l’écume.

Par contrainte géographique, les îliens  vivent repliés sur eux-mêmes, « C’est difficile de garder un secret, ici. Quand il se passe quelque chose, l’île le sent. Si un chat tue un oiseau dans la matinée, des plumes auront volé dans chaque maison à la nuit tombée ».  Leur vie est marquée par la constance invariable et monotone de leurs routines quotidiennes,  et par les légendes que l’on raconte le soir à la veillée*.
*les veillées disparues, les légendes disparaîtront à leur tour.

L’île de Parla n’échappe pas à cette conjoncture et de nombreux contes agrémentent la vie monotone  de ses habitants, pêcheurs ou éleveurs de moutons : ceux des géants qui créèrent  les  quatre aiguilles qui embellissent l’île, de la baleine qui répond à la corne de brune, du fanal solitaire qui danse à l’horizon le soir de Noël, des fous de Bassan qui distribuent leurs poissons aux honnêtes gens, sans oublier celui de l’homme poisson qui apporte sérénité et espoir lorsqu’il troque sa nageoire scintillante pour une paire de jambes, mais ce n’est plus tout à fait une légende car, dans sa jeunesse, Jim Coyle l’a aperçu nageant le long de la grève.

Si Jim Coyle l’a vu, Sam Lovegrove, lui,  l’a trouvé nu et  évanoui sur la plage, et cette homme-poisson va bouleverser la vie des habitants par sa ressemblance avec Tom Bundy qui s’est noyé quatre ans plus tôt en sauvant des adolescents.

Maggie, la veuve inconsolable de Tom, qui glane les débris déposés par les marées et  pêche le homard sur son bateau, nous  raconte les événements que cet homme amnésique va provoquer par sa simple présence et sa renommée légendaire.

Avec une écriture poétique et sensible qui nous parle de désespoir et d’espoir, d’affections et d’afflictions et surtout d’amours, voici un roman dont la construction complexe, parcellaire et répétitive nous ballotte au rythme régulier des marées et nous bousculent dans un inquiétant  vent du nord et, dont tous les morceaux se mettent finalement en place au grand plaisir du lecteur.

Après le coup de cœur d’ « un bûcher sous la neige » et les quatre * d’ « Avis de tempête » , je suis encore tombé sous le charme  de l’écriture de Susan Fletcher.

« Les noms ne comptent pas, comme presque toujours dans les légendes que je connais. Ce qui compte ce sont les gens ».

Les avis de Clara, Hélène,   Yue Yin,  Cathulu, et de  Papillon

Les reflets d’argent, J’ai lu, 2015, 508 pages, roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une fin bien trop prévisible pour un nouveau coup de cœur mais on n’en  était pas loin.