Haricots verts à la tomate

La section « à table » de ce blog, abandonnée depuis plusieurs années, va renaître provisoirement…on verra plus tard.

Je commence par un plat qui m’a fait manger des haricots verts dans mon enfance alors que ces légumes étaient… « beurk »,

Et puis, c’est un plat qui se décline en de nombreuses variantes.

Ingrédients pour 4 personnes :
750 gr à 1 kg de haricots verts.

500 gr à 750 gr de tomates.
1 (ou plus) oignon jaune.
1 (ou plus) gousse d’ail.
Huile d’olive.
Sel & poivre.

– Équeuter les haricots. La mode est de le faire d’un seul côté. Je renie cette pratique qui, à mon humble avis,  a plus à voir avec la paresse ou le manque de temps qu’à une amélioration gustative.
– Éplucher et hacher l’oignon et l’ail.
– Laver et couper les tomates en dés.
– Verser l’huile d’olive dans une marmite ou un faitout.  faire revenir l’oignon 2 minutes sans le caraméliser.
– Ajouter les tomates à feu vif pour 2 minutes.
– Ajouter les haricots verts et l’ail. Brasser.
– Saler & poivrer. Brasser de nouveau.
– Mettre à feu doux entre 15 et 20 minutes ou jusqu’à ce que les haricots soient tendres mais encore légèrement croquants

Servir chaud.

déclinaisons  possibles:
– Des épices :
1 c/soupe de coriandre et, ou
1 c/café de cumin en poudre et, ou
1 petit piment oiseau (fort) pour ceux qui aiment ça

– Des fines herbes :
De l’origan au goût et, ou
1 feuille de laurier et, ou
Du thym et, ou

Du persil haché

– Autres :
1 petite boite d’anchois ou,
70 gr de lard fumé ou ½ chorizo ou,
4 tranches de jambon de Bayonne ou équivalent.

N’oubliez pas que les quantités sont données à titre indicatif et  que vous pouvez,quantifier l’oignon et l’ail à votre goût. 

Bonne appétit !

 

*** « Shibumi » de Trevanian

Le sage atteint l’équilibre en réduisant ses besoins au niveau de ses possessions.

J’ai beaucoup aimé « Le flic de Montréal »  de Trevanian. En le  relisant cette année, j’ai eu envie  de me plonger dans  un  autre ouvrage de cet auteur. 

Les phases du jeu de Go servent de titre pour chaque partie du roman.

Fuseki : l’ouverture

Vers 1979, deux israélien sont tués dans un attentat à l’aéroport de Rome, leurs assaillants, deux asiatiques, sont immédiatement abattus, non sans quelques dommages collatéraux pour cinq passagers innocents.
À Washington, sont réunis les commanditaires de l’attentat. Diamond, un dirigeant  de la Mother Company, et des agents de la CIA et de l’OPEP.
La Mother Company, consortium des principales multinationales du pétrole, des communications et des transports, et Fat Boy son ordinateur, contrôlent secrètement les activités de la CIA au Moyen-Orient et toutes les opérations touchant les nations productrices de pétrole.

Shanghai, 1922 : En arrivant, Alexandra Ivanovna, une aristocrate russe et désargentée, devient une personne très fréquentée ou peu fréquentable et donne naissance à un fils qu’elle nomme Nicholaï Alexandrovich Hel puis  renvoie  le père à d’autres occupations.

En 1937, les japonais prennent le contrôle de Shanghai. Le Général Kishikawa Takashi devenu l’amant d’Alexandra Ivanovna, se prend d’affection pour le jeune Nicholaï et lui donne ses premières notions de Go.

1941 après l’attaque de Pearl Harbour, Nicholaï devenu un très bon joueur est envoyé par  Kishikawa au Japon auprès d’un grand maitre.

Sabaki : tentative d’éliminer une situation confuse par une manœuvre rapide

À la fin de la guerre, Nicholaï, devenu disciple du hoda koros,  l’art de donner des coups mortels avec de simples  objets, se retrouve seul, sans papier officiel et sans emploi. Emprisonné par l’occupant américain pour des raisons que je ne dévoilerai pas, puis torturé, il est  mis en isolement cellulaire pendant trois années, il ne retrouve sa liberté qu’en acceptant d’aller tuer un homme en Russie. Il devient ensuite le meilleur tueur contre-terroriste indépendant.

Seki : position neutre, une impasse

Au moment de l’attentat de Rome, Hannah Stern, un membre du commando israélien,  n’a pas été repérée par la CIA et s’est réfugié à Etchebar, au pays Basque, chez Nicholaï Hel.
Les  israéliens se rendaient à Londres pour éliminer des terroristes palestiniens.

Nicholaï, qui doit un service au père décédé d’Hannah, réussit à la convaincre d’abandonner son projet irréalisable par une seule personne non entrainée.
Une réunion entre Diamond et Nicholaï semble aboutir à une conciliation.

Uttegae : sacrifice, gambit

L’officier qui a fait torturer Nicholaï, 30 ans plus tôt,  était le frère du dirigeant de la M.C. Il est décédé de « mort naturelle » comme le soldat tortionnaire et le médecin qui administrait des drogues de vérité. L’accord entre les parties explose lorsque Hannah est abattue.

Shicho : attaque

Tsuru no sugomori : « les grues restent prisonnières de leur nid » les pierres ennemies sont capturées

Pour ces deux dernières phases, je ne vous donnerai aucune information, les titres étant suffisamment explicites.

Bien que parue en 1979, ce roman n’a pas vieilli, ni dans sa conception d’un monde ou des trusts supranationaux ralentissent certains progrès pour augmenter leurs profits au détriment des populations, ni dans son appréciation sur les diplomates : « Il faut acquérir une certaine déformation de  la conscience, une élasticité envers la vérité, pour être efficace en diplomatie. »

Glaçant !

Shibumi, Trevanian, Gallmeister, 1981, 480 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Le jeu de Go, qui m’a intéressé dans un passé lointain, et la spéléologie, pour laquelle je n’ai aucune appétence, sont des activités importantes du livre. Les péripéties cavernicoles m’ont  lassé.

*** « Ceux qui osent » de Pierre Bordage, tome 3

Il est plus difficile à un riche d’entrer au paradis qu’à un chameau de passer par le chas d’une aiguille.
                                                             Mathieu 19;24

Je vais certainement, en dépit de mon souhait de ne pas le faire, spoiler certains éléments des deux premiers tomes aussi, pour ceux qui ne les ont pas lu, soit ils évitent ce dernier billet avant de m’agonir soit ils le lisent en toute connaissance de la situation.
*Surtout Pour éviter des problèmes avec l’Héritière.

Attention spoilage, donc !

Nos héros des deux premiers tomes sont enfin arrivés sur la terre promise de l’Arcanecout, cet Eldorado  des populations martyrisées par les autocraties européennes et américaines.

Mais cette démocratie est devenue un petit caillou dans les escarpins vernis des monarchies qui l’entourent et, aidées de leurs procréateurs européens,  elles se  sont coalisées pour lui déclarer la guerre.

Pendant que tous les hommes valides sont au front, sous les bombardements aériens ou maritimes, les femmes et les vieillards tentent de survivre sans aucun ravitaillement, tandis que des commandos, débarqués subrepticement,  sèment la panique en égorgeant des familles sans défense.

Pourtant tout n’est pas parfait dans ce pays sans aucune ambition territoriale.
L’incompétence, alliée à une situation  militaire  lamentable et insuffisante,  a engendré un  certain défaitisme et la trahison  d’ambitieux  qui ont commencé à négocier avec les ennemis.

Sur le front, l’hiver glacial n’empêche pas des actions ponctuelles pour obtenir des informations sur les positions ennemies. Le froid, la faim, la prison, la torture et les blessures sont les conséquences de la stupidité des hommes dans leur instinct primaire de se battre.

Des ours totémiques et un jeune garçon débile, à l’adresse phénoménale au tir, feront aussi partie des héros de ce troisième tome.

Le printemps est sur le point de remplacer l’hiver. Que se passera-t-il quand les coalisés vont attaquer ? Les troupes arconautiennes seront-elles submergées et détruites ? Cette quasi certitude détruit le moral des assiégés pourtant prêts à mourir pour « un pays où un homme et une femme peuvent s’aimer en toute liberté….est la plus belle des définitions d’un endroit où il fait bon vivre. »

à moins que…

Voilà un roman jeunesse qui pourrait déplaire aux lecteurs « sérieux » parce que c’est une uchronie ou pour ces extraordinaires aventures souvent engendrées par l’amour, ou par  la légèreté du caractères des personnages etc…
Ma jeunesse éternelle a bien aimé parce que c’est avant tout une roman sur l’espoir. L’espoir du bonheur, l’espoir d’une situation meilleur, l’espoir de la vie, l’espérance quoi !

 Ceux qui osent, Pierre Bordage, Flammarion, 2012, 340 pages, Uchronie-Jeunesse
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Les couvertures ne sont pas très jolies.

*** « Ceux qui rêvent » de Pierre Bordage, tome 2

 C’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien.
                                                                                                                              Sénèque

J’aimerais, tout d’abord, faire mon mea culpa*. Dans mon billet sur « Ceux qui sauront » je me suis fourvoyé et Clara n’a pas encore disparue au début de ce deuxième tome. Mais soyez sans crainte, ce n’est que partie remise.
*L’inconvénient de lire les trois tomes sans prendre de  notes

Après l’émeute de 2008, qui clôt le premier tome, et ses plusieurs centaines de milliers de morts, la  répression est impitoyable. Les arrestations se multiplient. Les autorités maintiennent la population parisienne dans une terreur permanente.
Clara et Jean ont commencé à donner des cours clandestins d’alphabétisation lorsque Clara disparaît*.
* Je vous l’avais écrit…trop tôt !

C’est Christa, la sœur de Clara, qui apprend à Jean qu’elle a été enlevée par sa famille pour être mariée à l’homme le plus riche de la Nouvelle-France.

Je dois vous parler des anciens États-Unis qui ont explosé.  Les monarchies européennes se sont partagées le territoire en  cinq royaumes dont les souverains leurs sont apparentés. La Nouvelle-Angleterre,  la Nouvelle France, la nouvelle-Saint-Petersbourg, le royaume du centre affilié à l’Espagne et  enfin l’Arcanecout, qui regroupe les anciens États  (Arizona, Californie, Nevada, Colorado et Utah) dont la reine, pourtant  parente du Kaiser allemand, a abdiqué pour faire place à une démocratie  populaire.

« Ceux qui rêvent » ne raconte pas uniquement les aventures  de Clara et de Jean.

Après son initiation, Elan Gris un jeune Sioux Lakota, décide de quitter la réserve misérable de son peuple, pour suivre sa vision vers la « cité radieuse au bord de l’étendue bleue ».
Affamé, il trouve refuge auprès d’une caravane de disciples de St Jean de Boise, qui fut pendu dans la Nouvelle-Saint-Petersbourg  pour son refus d’intégrer l’église orthodoxe. Victimes d’oppression, ils ont décidé de rejoindre  l’Arcanecout.

Parmi ces disciples, Elan Gris remarque Nadia, une jeune femme aux cheveux couleur de paille et aux yeux clairs.

Revenons à Jean qui a décidé de retrouver Clara. Sans argent et sans papiers officiels il réussit à se faire engager comme charbonnier sur un paquebot à destination de New-York. Ce métier est si dur que les compagnies ont du mal à en recruter et ne sont pas trop tatillonnes sur ceux qu’elles embauchent.

En Nouvelle-France, au domaine Maxendeau, Clara, en attendant son mariage, est maintenue sous l’influence de drogues.

Ce n’est pas facile de parler d’un roman en trois volumes sans rien dévoiler, aussi je vais simplement vous dire que « Ceux qui rêvent » est le récit d’une quête, celle d’Arcanecout, celle  de l’espoir, par nos quatre héros, accompagnés  d’Elmana, la femme de chambre personnelle de Clara qui l’a aidée lors de son évasion.

Bientôt mon billet sur « Ceux qui osent » dernier tome de la série.

Ceux qui rêvent, Pierre Bordage, Flammarion, 2010, 334 pages, Uchronie jeunesse.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Des invraisemblances…peut-être, mais pardonnables dans cette saga si intense.

 

 

*** « Ceux qui sauront » de Pierre Bordage, tome 1

« Est-ce un crime que de vouloir apprendre ? »
« Selon la loi royale, oui. L’instruction est réservée à ceux qui sauront l’utiliser…le savoir généralisé entraîne l’anarchie. »

Nous sommes en 2008, depuis la restauration de 1882, appuyée par l’armée Versaillaise et par les royaumes coalisés d’Europe, la France est devenue un royaume autocratique qui a aboli l’éducation du peuple  et écrase militairement toutes tentatives de rébellion. La population vit dans la misère, au rythme des  famines et les exactions policières.

Tous régimes absolutistes suscitent des mouvements de résistance et des actions terroristes qu’ils tentent de détruire par les délations et  les persécutions. Les résistants créent des écoles clandestines pour éduquer des volontaires en risquant leur vie, d’autres, devenus clandestins,  opèrent des actions terroristes.

Jean, surnommé P’tit Roi car il porte le même nom que le roi Jean IV,  fait partie des volontaires, arrêté, il est condamné à cinq années d’emprisonnement dans un camp de redressement. Lors de son transfert, il est libéré par une embuscade d’un mouvement terroriste.

Clara et ses sœurs, Christa, et Odeline sont les filles privilégiées du directeur de la Banque Royale. Elles habitent Versailles devenue la capitale du royaume depuis 1882.

Dans les régimes monarchiques*, la coutume veut que les filles soient utilisées, par un mariage forcé,  pour sceller des alliances. Lors de son voyage pour rencontrer son futur époux, Clara échappe à un grave accident de voiture. Le chauffeur est tué. Perdue dans la forêt et désemparée elle est enlevée par Barnabé, un  innocent muet qui, sans jamais la molester, la garde prisonnière   durant plusieurs mois.
* Et dans certains milieux d’affaires.

Lors d’une absence de son geôlier, elle réussit à s’évader et rencontre Jean, devenu un clandestin, qui l’aidera à rejoindre sa famille.

Cette aventure, la froideur de sa famille et l’amour qu’elle commence à ressentir pour Jean vont amener Clara à réfléchir sur sa condition de privilégiée, captive des décisions de sa famille, comparée à celle des « cous noirs* », surnom péjoratif donné à la population ouvrière. Elle  commence à entreprendre  des actions contraires aux intérêts de  son milieu familial.
*Qui a dit brèche-dent ?

À la suite de nombreuses péripéties que j’éviterai de spoiler, et à la fin de ce premier tome, Clara disparaît.

Cette nouvelle disparition de Clara nous amène au tome 2, « Ceux qui rêvent », dont je vous parlerai dans un prochain billet.

Vous avez compris que « Ceux qui sauront » est une uchronie*-jeunesse mais pas que… les méthodes utilisées pour contraindre  une population sont toujours d’actualité peut importe le gouvernement totalitaire au pouvoir.
*Uchronie : Époque fictive, évocation imaginaire dans le temps.

Quelques dates de l’histoire uchronienne de la France  :
1871: La grande terreur
1882: Le parti de l’Ordre renverse le gouvernement Gambetta et hisse le roi Philippe VI sur le trône.
1905, 1941:Émeutes
1955: La grande famine suivie d’une nouvelle émeute
1982: Nouvelle émeute
2008: Nouvelle émeute à laquelle Jean Participe

Les billets de YueYin et XL.

Ceux qui sauront, Pierre Bordage, Flammarion, 2008, 440 pages, S.F. Uchronie-jeunesse
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une belle uchronie un peu trop « jeunesse » mais qui peut devenir un tourne-page pour les jeunes… de cœur.

*** « Une étude en rouge » d’Arthur Conan Doyle

Élémentaire, mon cher Watson.

J’avais envie de relire Sir Arthur Conan Doyle, surtout les enquêtes de Sherlock Holmes .
C’est fait !…
Et ce n’est un début !

C’est dans ce premier roman que  le Docteur Watson, rapatrié pour une grave blessure reçue lors du deuxième conflit Anglo-Afghan,  rencontre celui qui va devenir le plus célèbre détective. Ils s’installent au 221B Baker street, une adresse qui deviendra l’une des plus connues dans le monde. 

Le policier Tobias Gregson a trouvé dans une maison inhabitée le cadavre d’un américain Enoch J. Drebber.
Gregson et Lestrade, un autre policier de Scotland Yard, recherchent son secrétaire, Joseph Strangeson, américain lui aussi, qui a disparu.

Holmes est intrigué par une bague de fiançailles trouvée sous le cadavre. Il place une petite annonce  et reçoit la visite d’une vieille femme qui réussit à semer la filature.

Lorsque Scotland Yard retrouve le secrétaire égorgé dans une chambre d’hôtel, les policiers n’ont plus de suspects. Mais, à partir de la bague, Holmes va échafauder une hypothèse qui l’amènera à élucider le mystère de ce double meurtre.

En 1847*, dans un désert américain, John Ferrier essaie de maintenir en vie  le dernier membre de leur expédition, une petite fille prénommée Lucy. Ils sont sauvés  par une caravane de mormons à condition de se convertir à leur religion.
*soit 34 ans plus tôt.

Le mouvement religieux s’installe en Utah et Ferrier devient un homme d’affaires aisé et Lucy une belle jeune femme. Seul problème,  ils n’ont jamais vraiment adopté les croyances de leurs sauveurs qui, victimes de persécution dans l’ancien monde, sont devenus des persécuteurs plus virulents encore.

Apprenant que Lucy serait amoureuse d’un  « mécréant », les chefs imposent qu’elle épouse un des leurs, soit Enoch J. Drebber, soit Joseph Strangeson.

Lors d’une tentative de fuite de Ferrier, Lucy et de son amoureux, ce dernier, parti chasser, retrouve  Ferrier assassiné et Lucy enlevée. Elle se  retrouvera mariée de force et se laissera mourir de chagrin.

La rencontre entre Watson et Holmes, les difficultés du docteur pour comprendre son colocataire et les  premières explications données par Holmes sur ses méthodes de réflexion donnent à ce premier roman un intérêt particulier.

À suivre… 

PS : Le très connu « Élémentaire, mon cher Watson » est une citation apocryphe apparue pour la première fois dans un film de 1929, « le retour de Sherlock Holmes ». En fait, si Arthur Conan Doyle utilisait bien « élémentaire » et « docteur Watson », ils n’apparaissaient  jamais ensemble.

Une étude en rouge, Arthur Conan Doyle, Folio Junior, 2010*, 168 pages, Policier
*1 ère édition 1887
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Dès que les révélations sur la mort de Lucy nous sont connues, la raison et l’auteur de ces meurtres deviennent évidents.

 

 

*** « Le mambo des deux ours » de Joe R. Lansdale

Gamin, quand je lisais un roman, je devenais le héros de l’histoire.*
                                                                      Joe R. Lansdale  ‘Le mambo des deux ours »
* Moi aussi .
Hap Collins  et Leonard Pine, indéfectibles amis dans la misère comme dans la fortune, ne sont pas des enquêteurs officiels mais sont toujours prêts  à aider des amis surtout quand ils pressentent quelques bonnes castagnes à la clef.

Leonard a, de nouveau, mis le feu à la piquerie de ses voisins et ne peut refuser la demande du policier-enquêteur  Charlie, qui souhaite qu’ils retrouvent Florida, la copine métisse du lieutenant de police Hanson, et accessoirement  l’ex-compagne de Hap.

Elle devait se rendre à Grovetown pour investiguer le décès  suspect de Bobby Joe Smoothe, petit fils du grand guitariste de blues  L. C. Smoothe, trouvé pendu dans sa cellule après son arrestation pour avoir égorgé et volé un visiteur blanc.

Dans les années 1990, Grovetown fait partie de ces petites villes dirigées par le plus gros propriétaire de la région et par une faction du Ku Klux Klan.

Or si Hap est un blanc hétéro et écolo : « Le tronc d’un énorme chêne, sans doute centenaire, faisait penser à un crâne noueux et bosselé  comme une bestiole préhistorique frappée par la foudre. Une coupe à blanc, des bidons d’essence et des allumettes avaient eu raison des dinosaures. Poussés par la cupidité, les bûcherons avaient métamorphosé la beauté en merde et le bois en pâte à papier qui, à son tour, servait à fabriquer les billets de banque pour payer les ouvriers qui avaient fait périr ces dieux végétaux… »,
Leonard est un noir homosexuel qui s’assume  complètement tout en étant conscient de sa situation  « T’es black et gay sexuellement complexé, et donc tu te retrouves doublement oppressé par la société blanche et en même temps tu es émotionnellement mal armé pour t’adapter à la communauté black et  macho à laquelle tu appartiens par la naissance… »

L’arrivée dans cette ville raciste d’un noir et de son ami blanc qui se renseignent sur la disparition d’une métisse va leur valoir d’être piégés et copieusement rossés par un groupe d’habitants payés par le richard du coin puis d’échapper par deux fois à la mort, d’abord par le plomb des fusils d’un groupe du KKK puis par une inondation causée par l’effondrement d’un barrage miné par des pluies torrentielles.

Le shérif les oblige à quitter la ville mais ils reviendront, la vengeance au cœur et trouveront enfin ce qui est arrivée à Florida.

J’ai préféré  « l’arbre à bouteilles » dont l’intrigue était exceptionnelle. Dans ce nouveau roman,  Lansdale continue à s’attaquer à la violence engendrée par toutes les formes de racisme ou d’ostracisme aux États-Unis avec, heureusement,  un humour permanent, mais souvent vulgaire,  dans les conversations de nos deux héros, ce qui allège un peu les situations sordides causées par le fanatisme des uns et l’indifférence des autres.

PS: Mais pourquoi ce titre ? Il vous faudra trouver l’explication soit dans le livre soit dans un documentaire  de la société « National Géographic ».

Le mambo des deux ours, Joe R. Lansdale, Gallimard, 2009, 384 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : La fin est bien trop prévisible.

** « Le gué du Diable » de Marc Paillet

La haine est nourrice de mauvaises pensées, inspire les injustices, médite le crime.
                                                                                                        Louis-Auguste Martin

Après la lecture de «La scribe» de Garrido, j’ai eu l’envie soudaine et pressante de relire un roman de Marc Paillet avec  une enquête des missi dominici* de Charlemagne, Erwin le saxon et Childebrandt le noble.
*Envoyés spéciaux pour surveiller et régler les problèmes mettant en cause les dirigeants des contés.

Je les ai retrouvés à Auxerre, ville que j’ai connue dans ma jeunesse… bien longtemps après le règne de Charlemagne… il ne faut quand même pas exagérer mon âge.

La région, dirigée par le comte d’Auxerre, Ermenolde,  souffre de  la haine des deux principales familles, les Gérold et les Nibelung. Ces derniers sont apparentés à Childebrandt ce qui provoque le ressentiment des uns et l’espoir des autres.

Cette  haine date de plusieurs générations et se nourrit perfidement de chacune des actions de l’un ou l’autre camp.

En fait, tout le monde, incluant qu’Ermenold, voudrait accroître sess terres au dépend des autres. L’assassinat d’un soldat des Nibelung, puis celui des régisseurs de chaque famille ainsi que la disparition du petit-fils Nibelung et de la petite-fille Gérold aurait pu provoquer de sanglants combats sans la présence d’Erwin et son épée, de Childebrandt et ses soldats, ainsi que de leurs assistants, Timothy le grec, Antoine le moine paillard et Doremus le brigand repenti.

Nos missi dominici  devront trouver le meurtrier en dépit des non-dits, des mensonges et des dissimulations des membres des deux familles et des tentatives d’émeute des  séides  du comte d’Auxerre.

Une lecture reposante que n’aurait pas désavouer William Shakespeare qui aurait pu l’utiliser pour une de ses tragédies*.
*C’est certainement l’inverse..

Le gué du Diable, Marc Paillet, 10/18, 252 1996, 252 pages, Policier historique
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Le bémol du Papou : Erwin n’est pas très présent. 

*** .La dent du serpent. Craig Johnson

« Cette région regorgeait de vie dans un temps où l’homme blanc, pour ce que l’homme rouge en savait, n’existait pas. »

Combien la dent du serpent est moins cruelle que la douleur d’avoir un enfant ingrat. »
                                                                                                                  Shakespeare Le Roi Lear

Le personnage de Walt Longmire m’a plu dès le début par sa compassion et son empathie envers tous ses administrés, incluant les indiens qui vivent dans son comté d’Absaroka.

Cette-fois, il est intrigué par un ange qui, selon une vieille dame,  viendrait, pendant son absence, faire les réparations qu’elle lui demande par écrit.
Walt croit dans de nombreuses légendes Crows  ou Cheyennes mais pas aux anges.

Il arrête un adolescent qui squattait l’appentis de la maison et faisait le travail demandé  contre un peu de nourriture.

Cord aurait une quinzaine d’années et aurait été rejeté par une secte des mormons. et Sarah, sa mère, a disparu en le recherchant.

Dans l’enquête pour retrouver Sarah Tisdale, Walt va se heurter à la violence d’une  cellule de cette « église »  et rencontrer un vagabond qui prétend être Orrin Porter Rockwell, un homme de loi mormon devenu ne légende pourtant… décédé en 1878.

Après avoir  retrouvé la grand-mère de Cord, Walt apprend que son grand-père, Dale « Airdale » Tisdale avait travaillé pour la  CIA, fait de la prison au Mexique et serait disparu dans un accident d’avion.
Il dirigeait une opération nommée « Milshake » qui déroutait du pétrole sur une grande échelle ce qui pourrait être  une des clés expliquant  l’installation sur le Teapot Dome, des terres abandonnées par les pétrolières, de cette extension de l’église mormone du Dakota du sud.

IL aura besoin de l’aide de Henri Ours-Debout son ami indien, et de Victoria son adjointe pour mettre fin aux manigances de cette société sectaire mais perdra un adjoint, et deux seront gravement blessés..

Mais qui est l’homme qui se prend pour Orrin Porter Rockwell ?
Une fin surprenante dont Craig Johnson a le secret.

Le billet de Claude Le Nocher,  .

La dent du serpent, Craig Johnson, Gallmeister, 2017, 376 pages, Policier
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Le bémol du Papou : J’ai appris que dans certaines sections des mormons, les anciens renvoyaient les  jeunes hommes pour s’accaparer les jeunes femmes. Pourtant, chez eux,  la polygamie a été abrogée en 1880. Je suis sceptique mais pas forcément surpris.

 

*** « La scribe » d’Antonio Garrido

« Ce qui me plait vraiment, c’est lire ! Quand cela m’arrive, j’ai l’impression de  voyager dans d’autres pays, d’apprendre d’autres langues, de vivre plusieurs vies. Je crois qu’il n’existe rien de comparable. »
                                                                                           Antonio Garrido, La scribe.

En l’an 799, les territoires de Charlemagne couvrent une grande partie de l’Europe de l’ouest, de Barcelone et Rome à Hambourg et de la Bretagne (vassal) aux confins de la Carinthie  (Autriche).

L’hiver de cette année-là, la ville de Wurtzburg est frappée par la famine et par une épidémie inconnue qui déciment la population.

Thérésa, la fille du scribe Gorgias, travaille dans l’atelier d’un parcheminier et souhaite devenir compagnon. Malheureusement  Krone, le maître d’atelier s’y oppose, considérant que les femmes devraient s’occuper seulement de leur foyer.

L’entêtement de Thérésa va provoquer l’incendie de la fabrique et sa mort*  ainsi que celle d’un des fils de Krone.
*Fin du roman

Oups !
En fait, le corps carbonisé retrouvé dans les décombres est celui d’une pauvre ouvrière  à qui elle avait passé sa robe.
*Ouf !

Se doutant que Krone voudra se venger, Thérésa prend la décision de fuir et commence un périple aventureux et dangereux.
De nombreuses péripéties  marqueront son voyage jusqu’à Fulda où elle fera la  rencontre Alcuin d’York, l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne qui, apprenant sa connaissance  du grec, va la protéger.

Plusieurs trames s’entremêlent dans ce roman. Aux aventures de l’héroïne, s’ajoutent une enquête pour trouver les responsables de l’épidémie, et une conspiration visant l’annulation  d’un document, malheureusement perdu, qui, ratifié par l’empereur byzantin Constantin VI*, prouvait la reconnaissance de la primauté du Pape romain et lui  donnait  le palais du Latran, la ville de Rome, et  tout l’Occident.
Irène, la nouvelle impératrice veut le détruire alors qu’Alcuin souhaite le  reconstituer**.
* écarté par sa mère Irène*,  qui en sus lui a fait crever les yeux
**Ce qui avouons-le n’est pas très honnête

Entre les manigances de ceux qui sont impliqués dans la vente de céréales frelatées et les conspirateurs à la solde d’Irène,  Thérésa connaîtra l’amour et ses désillusions, recevra des terres pour ses services, verra mourir son père,  sera accusée de meurtre et sauvée par Izam le Padouan, un bel ingénieur chargé de mission par le Roi.

J’ai trouvé ce roman moins dépaysant que « le lecteur de cadavres ». Il est vrai que les us et coutumes au temps de Charlemagne, grâce aux romans de Marc Paillet,   me sont moins étrangères que la société chinoise du XIIIe siècle.

Proverbe amusant : « Un byzantin* est capable de parler plusieurs heures d’affilée…même mort. »
*À l’époque il était grec.

La scribe, Antonio Garrido, Presse de la Cité, 2009, 504 pages, Aventure et policier historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Aventures de Thérèsa un peu trop prévisibles, et explications sur le document un peu trop compliquée.