**  »L’apprenti » de Tess Gerritsen

Bizarres nous le sommes tous…Mais nous, nous sommes bizarres normalement.

 

cvt_Lapprenti_3131William Hoyt, ‘’Le  chirurgien’’, le tueur en série du premier tome, croupit en prison pendant que Jane Rizzoli* souffre mentalement et physiquement des sévices que lui a fait subir le tueur en série.
*Héroïne de la série et inspectrice à Boston

Un tueur chassant  l’autre, Jane est appelée au domicile d’un couple dont l’homme a été égorgé et la femme enlevée ce qui ressemble  suffisamment  aux méthodes du  »Chirurgien » pour que notre inspectrice en soit troublée.

Ce nouveau malade  est un dominateur, ce surnom va lui rester,  alors que Hoyt était plutôt un voyeur. Ce dernier réussit à s’évader et les deux loups réunis vont commencer de nouvelles traques ensemble.

Gabriel Dean est un agent du FBI qui s’insinue dans l’enquête.  Cela  déplait à notre pitbull bostonienne qui  pressant qu’il cache des informations importantes.

Tous les éléments d’un nouveau meurtre ainsi que les effets personnels trouvés dans la cellule de Hoyt prouvent que ce dernier  la considère  comme une future victime et qu’il a tout préparé pour l’atteindre mentalement avant de terminer le ‘’travail’’ commencé avant son arrestation.

Finalement Dean et le sénateur démocrate  pour lequel il travaille vont accepter de dévoiler les informations sur le  »Dominateur », un assassin qui sévit depuis plusieurs années dans des territoires étrangers où combattent les soldats américains .

Mais  qui est l’apprenti de l’autre, le  »Chirurgien » ou le  »Dominateur » ?

Une chasse à l’homme haletante où le chasseur est aussi le gibier.

L’Apprenti de Tess Gerritsen, Pocket, 2007, 416 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : La fin m’a paru un peu trop bâcler rapide.

 

 

****  » Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage » de L.C.Tyler

Il y a une différence majeure entre la fiction et la vraie vie.
La fiction doit être crédible.

3381558169Le plus gros de cette histoire nous est conté par un écrivain de seconde zone du nom de Ethelred  Hengist Tressider qui, pour gagner difficilement sa croûte de Stilton, utilise trois pseudonymes,  Peter Fielding pour des polars contemporains, J.R. Elliot pour d’autres,  historiques, se situant au XIVe siècle et enfin Amanda Collins  pour une série  arlequinade.

Le reste de la narration est l’œuvre d’Elsie Thirkettle, son agent littéraire, dont les traitements verbaux brutaux cachent une immense curiosité et un certain penchant amoureux pour son écrivaillon au succès modeste.

Géraldine Tressider a disparu et les policiers annoncent à son ex-mari, qu’ils ont retrouvé, non loin de sa demeure dans l’Essex,  une voiture abandonnée* contenant une lettre d’adieu. Le suicide est envisagé mais cette conclusion parait trop facile et la police diligente une enquête.
*Devinez la marque et la couleur ?

La découverte d’un cadavre conforte les enquêteurs dans leurs recherches d’autant que le suicide par strangulation est plus que rare et généralement improbable.

Ethelred qui a reconnu le corps de son ex, se trouvait en France au moment des évènements  et ne peut donc être soupçonné.

D’abord poussé par Ehel puis, plus surprenant, comme exécuteur testamentaire, Ethelred commence une enquête et avance de surprise en surprise.

D’abord il comprend que la disparue-suicidée-étranglée avait décidé de disparaitre avec les six cent mille livres que lui avait confiées, pour des investissements, plusieurs amis ou connaissances, dont un banquier.

J’ai bien aimé cette histoire pourtant banale mais dont le traitement est loin de l’être.

On imagine plusieurs solutions. On se doute qu’il y a  une anguille sous la roche, un ver dans la pomme, un schmilblick dans le potage, mais comme Ethelred, a commencé par nous expliquer comment fonctionnait un auteur de romans policiers. on cherche les fausses pistes.
Mensonges et  demi-vérités étant les éternels rouages d’une bonne enquête policière,  on ne croit  plus à rien.

On n’est pas trop surpris (un peu quand même) de la solution.  En fait on est heureux* d’avoir compris qu’il y avait quelque chose qui clochait mais pas ce qui clochait.
*On se contente comme on peut.

L.C.Tyler réussit encore à nous déconcerter au dernier chapitre.

J’ai toujours eu un petit penchant pour deux formes d’humour, le yiddish  et le british*. Là, bien sûr, on est complètement enveloppé dans celui de nos amis du brexit.
*L’explication sur les difficultés et en finalité sur l’inutilité du cube Rubik est un petit bijou.

Un pur régal astucieux a écrit Catthulu, Plaisirs à cultiver l’a trouvé drôle et réjouissant, et Xl,  rafraichissant et plein d’humour.

Vous ai-je dit que j’avais aimé, aussi  ?

Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage de L.C.Tyler,Pocket, 2013, 288 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Le titre et le fait que Géraldine porte encore, dix ans plus tard, le patronyme de son ex.

 

** « Waylander III – Le Héros dans l’ombre » de David Gemmell

Les guerres sont le fait de personnages avides de pouvoir qui n’ont que faire des victimes innocentes.

 

JLI4696466.1468259733.320x320 « Le cycle Drenaï » de Gemmell comprend onze livres dont trois ont pour personnage principal  Waylader.
« Le héros de l’ombre » est la suite de Waylander et de « Dans le royaume du Loup » .

Cette fois aucun personnage des tomes précédents ne se retrouvent dans celui-ci sinon dans les récits qui l’émaillent. Plus de filles adoptives, plus de Dardelion et son ordre des Trente, ces guerriers monastiques dotés de puissants pouvoirs, plus de monstres créés par des sorciers*, plus d’États cupides qui veulent envahir les états voisins. C’est bien pire !
*Enfin, pas tout à fait.

Il existe des mondes parallèles où les même êtres vivent des existences différentes*. Des démons et des humains-sorciers malfaisants ont été enfermés dans l’un d’entre eux, seulement le portail scellé est en train de faiblir libérant par moment des démons et des monstres animalhumanoïdes.
*idée souvent utilisée dans la SF

Ces démons et leurs acolytes sorciers veulent reprendre leur pouvoir perdu sur  tous les États, en utilisant pour commencer les dirigeants,   incompétents ou ambitieux du Kydor, un lieu reculé.

Leur plus important problème va venir de « L’homme Gris », un richissime propriétaire terrien et maritime qui n’est autre que Waylander venu au Kydor pour refaire sa vie et oublier son passé d’assassin.

Aidé de la prêtresse Ustarte, de Keeva Taliana qu’il a sauvé d’une bande pillards,  de Yu Yu Liang un terrassier et du « rajnee » Kysumu, Waylander va devoir combattre et tuer de nouveau.
Seulement, l’ennemi visible n’est pas forcément le plus puissant et le plus dangereux.

Waylamder III – Le héros dans l’ombre de David Gemmell, Bragelonne, 2015, 474 pages, Héroïque Fantaisie
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Dommage, il n’y a pas de Waylander IV !

 

 

 

 

Abandons

Ce n’est pas si tant, si pire.

J’ai très trop souvent raconté que j’avais beaucoup de mal à arrêter une lecture commencée.  Cela ne m’était arrivé que deux fois. Ce chiffre vient de doubler et, j’ai l’impression d’entrer dans une nouvelle obsession livresque qui ne laisse plus de place à l’ennui.

Le théorème de la cigogne de Graeme Simsion
J’avais adoré le premier intitulé « le théorème du Homard ». J’en avais même fait un coup de cœur et je ne renie ni sa qualification, ni le plaisir que j’ai eu avec ce décalage perpétuel qui existe entre une personne atteinte du syndrome d’Asperger et le reste de la société.

« Le théorème de la cigogne », c’est le même. La seule différence est qu’au lieu de chercher une femme le héros va avoir un bébé, pas lui bien sur, mais la femme qu’il a trouvée précédemment.

Après un début dans la joie expectative d’un amusement assuré…l’ennui s’est installé. La redondance de retrouver les mêmes situations ubuesques, les mêmes pensées décalées du héros ne m’amusaient plus.

« Trop, c’est comme pas assez » a dit quelqu’un dont je ne me souviens pas du nom.

Je comprends l’auteur et l’éditeur de surfer sur un succès de librairie mais il ne faudrait quand même pas prendre les lecteurs du Bon Dieu pour des cigognes sauvages.

Dommage !

Comment s’en sortir avec une mère en vadrouille, un petit frère qui se prend pour un chien, une fouine comme voisine et sans un sou en poche de Dave Cousins.

Personne ne m’avait parlé de ce bouquin paru dans Bayard Jeunesse. Mais, quand je l’ai vu dans ma librairie toulousaine  préférée, je lui ai d’abord décerné le grand prix du titre le plus long puis, dans un élan spontané, je l’ai ajouté à l’amoncellement  inconsidéré qui rendrait ma valise impossible à soulever.

Je m’attendais à quelque chose de léger et ironique je suis tombé  chez Dickens, Hugo ou Zola. Une autre fois peut-être quand mon envie de lire n’importe quoi reviendra.

Tant pis pour ce choix dans un mauvais moment !

*** « Waylander II – Dans le royaume du Loup- de David Gemmell

 le secret de la beauté est qu’elle doit mourir.

 Waylander-2-grandDix ans se sont écoulés depuis les dernières aventures de Waylander, cinq années de bonheur avec l’ancienne actrice Danyal et ses deux filles, Krylla et Miriel, qu’il a adopté, cinq années de douleur après la mort accidentelle de sa compagne.

Krylla est partie au loin après avoir trouvé l’amour et Mitiel est devenue une montagnarde aguerrie, entrainée à toute sorte d’armes. Angel, un ancien gladiateur, qui porte sur son visage les stigmates de ses nombreuses victoires, est venu  prévenir qu’un nouveau contrat avait été lancé contre Waylander.

Le roi Karnak-N’a qu’un œil, le héros de la bataille de  Dros Purdol du premier tome serait le commanditaire. Son fils Bordalen  a tué accidentellement Krylla  qu’il voulait violer. Kernak veut faire disparaitre Waylander avant qu’il ne venge la mort de sa fille.
Pour la venger, Waylander doit se rendre chez les dangereux Sathulis où Bordalen a été exilé.

Les Gothirs veulent éradiquer le « clan du Loup » des Nadirs. Une légende prétend que les tribus Nadirs qui, depuis des siècles, se battent entre elles,  s’unifieront un jour et conquerront le monde entier*.
Mitiel, Angel et Senta, un autre gladiateur, vont  aider les Nadirs.
*(spoilage) on apprend le lien familial entre Waylander et le futur  roi unificateur.

Zhu Cao, un puissant sorcier, conseillé de l’empereur des Gothirs, se heurte au vieux Keza Khan, mage du clan des Loups.

Magie noire contre la Confrérie des Trente, reformée par  Dardelion*, démons en tout genre, batailles, duels, assassinats  et tutti quanti, la saga continue…
Je passe au numéro III.
*Un des héros de Waylander, tome 1

Waylander II – Dans le royaume du Loup- de David Gemmell, Bragelonne, 2015, 456 pages, Fantaisie Héroïque.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol  dièse du Papou : La plupart des gens se moquent de ce à quoi ils n’aspirent pas.

*** « Waylander » de David Gemmell

Quand la télé chauffe, la « Pile À Lire » refroidit.
                                                    Proverbe moldavo-Kirghize.

Concernant la lecture, l’étgemmell03pé est souvent une période difficile. L’envie est moins présente et cette année est venu s’ajouter le manque de temps dû à l’Euro 2016, Wimbledon, les premières étapes du Tour de France et bientôt les jeux olympiques.

Pour toutes ses raisons, bonnes ou mauvaises, mon choix s’est porté sur de l’« Héroic  Fantasy » et sur David Gemmell, considéré comme un des maitres du genre, que le Papou-Béotien ne connaissait pas encore..
Pas besoin de se torturer la cervelle pour trouver l’assassin, où les raisons qui poussent les personnages d’un roman à des actions surprenantes, parfois  inconsidérées, pour ne pas dire souvent incompréhensibles.

Waylander est un tueur à gages. Un assassin qui vient de remplir un contrat en tuant le Roi de Drenaï. Une armée d’envahisseurs, les Vagrians, dirigée par Kaerm, le commanditaire de l’assassinat, déferle sur le pays. Mais tout espoir n’est pas perdu. Il repose sur les épaules du sicaire qui doit retrouver la célèbre Armure de Bronze, symbole du pouvoir, qui redonnerait confiance aux Drenaïs.

Aux côtés du prêtre-mage Dardalion et de l’ancienne actrice Danyal, l’assassin anciennement appelé Dakeyras se lance dans sa quête, tandis que le général Karnak défend désespérément la forteresse de Dros Purdol contre l’armée vagriane.

Avec seulement  une arbalète à deux coups et des couteaux à lancer*, Waylander avance dans cette quête presque impossible avec des combats, des duels, des poursuites infernales, tout cela dans des territoires sauvages où vivent des nomades guerriers, des  monstres ignobles et un monstre gentil.
*Et une épée dont il se sert rarement

C’est de l’Héroic Fantasy à son meilleur, une multitude de personnages* dans une grande quête où Waylander devient une proie poursuivie par des tueurs ordinaires attirés par la récompense, par des chevaliers-mages dont l’âme est aussi noire que leur  armure et par des féroces animaux créés par un sorcier  maléfique à partir d’anciens soldats estropiés.
*heureusement un certain nombre ne vivent pas jusqu’à la fin.

En cours de route, on apprend les raisons qui ont fait du gentil Dakeyras le froid et implacable Waylander et on devine qu’un cœur bat encore  sous sa cotte de mailles.

L’euro, le tour et Wimbledon étant toujours à l’horaire et l’envie encore capricieuse, je continue avec Waylander II intitulé aussi  « Dans le royaume du loup ».

Waylander de David Gemmell, Bragelonne, 2015, 453 pages, Héroïque Fantaisie
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Tout est si prévisible mais je ne bémolise pas car c’était le but de ce choix.

« Wisconsin » de Mary Relindes Ellis

‘’Une petite ville ressemble beaucoup à un poulailler. Elle n’aime ni les changements ni la différence et ne l’accepte pas facilement. Si une poule perd ses plumes ou si elle est blessée, les autres l’attaquent à coups de bec, parfois jusqu’à la mort.

cvt_Wisconsin_2751Le Wisconsin, voilà un État dont j’ai peu entendu parler. Pas de cow-boys fringants, pas de plages de sable fin, pas de grandes villes célèbres, pas d’industries importantes sauf… quelques brasseries. Un État couvert de forêts et dont le sol pauvre et le climat rude n’a jamais enrichi ceux qui l’exploitent.

Cette saga familial débute dans les années soixante du siècle dernier pour se terminer durant la première année de ce nouveau millénaire.

Quand on parle de saga, on  imagine de nombreux personnages. Là, ils ne sont que six, sans compter  les chiens qui ont une certaine importance.

La famille Lucas est composée du père John, ancien soldat planqué, hâbleur, paresseux, alcoolique et brutal, de la mère Claire que la solitude, les coups et la misère attirent de plus en plus vers la folie, des fils James et Bill.
James est un jeune adulte qui, malgré les brimades qu’il lui fait subir, adore son petit frère de six ans.

Leurs voisins, la famille Moriseau constituée d’Ernie, un métis d’indien,  et de Rosemary, n’ont pas eu d’enfants  malgré leurs multiples tentatives et, vont offrir aux petits  Lucas l’amour et les conseils qu’ils ne trouvent pas chez eux.

Wisconsin ressemble à un film littéraire, avec flashs-back et rebondissements, sur la détresse provoquée par la misère et le malheur.
À l’exception de John Lucas, chacun des personnages va raconter son histoire et nous faire part de ses états d’âme et de ses sentiments.

Par bravade envers son père, James s’engage. Envoyé au Vietnam, il sera  ‘’porté disparu au combat’’, provoquant une souffrance impérissable pour son petit frère, replongeant un peu plus Claire dans sa folie, et apportant à John le plaisir d’être redevenu le seul homme qui compte dans la famille.

 Bill qui n’était pas un enfant très espiègle et qui croyait être responsable  de la mort de son grand frère, va se renfermer un peu plus sur lui-même, devenir un adolescent perturbé et alcoolique comme son père, s’éloigner complètement des Moriseau et errer de longues nuits dans la forêt.

Bon d’accord, c’est un roman où le pathos affleure à chaque page, où l’amour rédempteur atténue les souffrances sans les faire complètement disparaitre mais avant tout c’est l’histoire de l’Amérique profonde durant cinquante longues années.

J’ai trouvé  cela lourd, parfois, mais jamais lassant.

Près de cinquante mille familles américaines ont vécu  la perte d’un enfant dans une guerre qui ne les concernait pas et ont dû continuer  à vivre ou à survivre  dans la douleur et la tristesse.

L’avis de Canel qui m’a donné envie est là. Celui de Suzanne ici.

PS: J’ai préféré une autre couverture que celle, affreuse, que j’ai, et je trouve plus beau le titre anglais; « The turtle warrior ».

Wisconsin de Mary Relinder Ellis, Succès du livre Éditions, 2004, 473 pages, Roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Plusieurs chapitres m’ont perturbé mais je ne vous dirai pas pourquoi. Je ne spoile plus, qu’on se le dise ! (Même si parfois j’en ai bien envie)

 

 

**  »Le pacte du petit juge » de Mimmo Gangemi

Ni loyauté, ni probité, ni franchise chez les fripouilles

118334_couverture_Hres_0Après ‘’La revanche du petit juge’’ revoici Alberto Lenzi, le  »petit juge », dans deux nouvelles enquêtes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre sinon le lieu des crimes.

Dans cette région de la Calabre, vingt sept pour cent des habitants font partie des effectifs de la ‘Ndrangheta, la maffia qui contrôle tous les trafics illégaux de la région.  La ‘Ndrangheta n’est pas une pieuvre aux multiples bras dirigés par un parrain* mais plutôt une multitude de piranhas qui s’entredévorent tout en s’affairant à leurs nombreux trafics illégaux.
*Comme sa consœur sicilienne

Le port est un de ces centres d’affaires illicites  que plusieurs familles essaient de contrôler avec l’aide d’employés véreux. La découverte de l’un d’entre eux, torturé et pendu par les pieds, dans une villa appartenant au principal ‘’bâton’’* d’une des familles recoupe la disparition inattendue d’un chargement de drogue qui était  surveillée par la police sous la direction de Lenzi.
*Chef d’une famille

Dans cette villa on retrouve aussi plusieurs taches de sang dont les ADN appartenaient à trois personnes d’origine africaine.

Or la région a connu, quelques mois auparavant, une révolte des ouvriers immigrants illégaux, suivie d’une chasse à l’homme qui fit disparaitre la majorité d’entre eux, partie se faire exploiter dans d’autres régions du pays.

Dans  »la revanche du petit juge », un vieux chef de famille emprisonné  qui souhaitait obtenir une surveillance  à domicile avait aidé Lenzi en utilisant des paraboles et des récits allégoriques.

Cette fois-ci, il recommence pour éviter d’être emprisonné de nouveau.

Alberto Lenzi est un macho indolent, flemmard et démotivé, mais, quand il se retrouve plonger dans une affaire, son sens complexe et soigneusement dissimulé du devoir exige qu’il se donne à fond quitte à s’attirer des représailles dont la mort brutale n’est pas forcément une des plus violentes.

polarmonde
Italie : Calabre

Le pacte du petit juge de Mimmo Gangemi, Seuil, 2016, 321, Policier
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Le bémol du Papou : La mentalité trop machiste de Lenzi fatigue. Heureusement… les femmes se vengent.

 

 

****  »Vi » de Kim Thuy

‘’Le succès annonce souvent un malheur’’

vi-201x300À sa naissance, elle fut nommée Bâo Vi,  »Précieuse Minuscule ». Elle était la petite dernière que les parents et les trois frères ainés devaient protéger du monde.

Vi était née au Vietnam, avant la réunification qu vit les communistes prendre le contrôle de tout le  pays et s’en prendre aux nantis, aux privilégiés, aux suppôts du capitalisme dont faisait partie sa famille.
Son grand-père était un gros propriétaire terrien.
Son père vivait dans une opulence paresseuse.

Sa mère n’était ni belle ni riche. Aussi, éblouie par son mari qui avait daigné la choisir, elle avait pris le contrôle de ses affaires pour  continuer à le gâter.

Cette mère forte et dominatrice prenait toutes les décisions tout en apprenant  à Vi à devenir le plus invisible possible. Elle prit celle de fuir son pays avec ses enfants sans son sybarite d’époux.
Devenus des ‘’boat people’’ avec tous les risques que cela supposait, naufrages, piratages, vols et viols, ils aboutirent en Malaisie puis au Canada.

Kim Thuy est une magicienne de l’écriture. Elle présente ses personnages en quelques mots, construit une situation en quelques phrases, raconte une histoire en quelques courts  épisodes avec des images colorées, des odeurs persistantes et des saveurs rares ou exotiques. Aucune insistance, ni emphase, ni violence, pourtant la violence est là, latente, dans l’existence de cette migrante invisible qui se sous-estime, dans la force tranquille mais sans faiblesse de sa mère, dans  la volonté de réussite de son frère, dans l’absence du père, dans la recherche de ses racines et finalement  dans les abandons répétitifs des hommes qui vont un temps partager  sa vie.

À partir de sa propre histoire, Kim thuy nous offre un personnage magnifique dans ses faiblesses, dans ce mal-être  qui perturbe tous les immigrants. Celui de n’appartenir ni au pays de leur naissance, ni à celui qui les a accueilli.

Le premier livre de Kim Thuy,  »Ru », avait été un coup de cœur et je vais éviter de vous donner  les mauvaises raisons qui m’avaient convaincu de ne pas lire le suivant,  »Man », ce que je regrette maintenant*.
*Une prochaine lecture

Les avis de Mâme Yue Yin et celui d‘yspaddaden.

Lisez Kim Thuy sans modération !

PS : J’adore la photo de la page de couverture.

Vi de Kim Thuy, Éditions Lana Levi, 2016, 158 pages, Roman
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Le bémol du Papou :  »Vi » aurait pu être  un coup de cœur. Mais qui était  »Vi » ? Certainement un mélange de plusieurs immigrantes vietnamiennes  dont Kim Thuy elle-même.  L’ambiguïté m’a gêné.

 

 

***  »Mariachi Plazza » de Michael Connelly

Il ne faut pas confondre l’amour de la musique et le faire avec un musicien.

51B192DiBkL._SX195_Quand je pogne une certaine lassitude* de lecture, je reviens presque toujours à mes romanciers préférés dont  Michael Connelly.**
*Reading blues.
**  avec, entre autres,  Lady Agatha, Camilleri, Leon, ou Leo Malet.

J’ai du lire toutes les enquêtes ou presque  de Harry Bosch. Celui-là sera le septième que je  chronique depuis l’ouverture de ce blog qui, ce mois-ci, a fêté ses dix ans.

Harry est affecté au bureau des ‘’cold cases’’,  département qui a pris de l’importance avec la diminution des homicides  et certaines avancées scientifiques.

Avec son adjointe Lucia Soto, une recrue de 28 ans connue sous le sobriquet de Lucky Lucy depuis qu’elle a  abattu deux malfrats et arrêté deux autres alors que son partenaire venait d’être tué, Bosch est affecté à une affaire ambigüe quand à sa classification.

L’homme, un musicien mariacchi, vient de mourir et l’enquête aurait dû être remise au service des homicides. Seulement son décès serait dû  aux séquelles d’une tentative de meurtre survenue dix années  plus tôt qui l’a rendu hémiplégique avec une balle coincée dans sa colonne vertébrale. Le binôme, Bosch pour l’expérience, et  Soto  pour les interrogatoires en espagnol, a donc été choisi par la direction de la police.

La balle de fusil récupérée par le médecin légiste suppose un tir à distance et infirme l’idée qu’un  gang de rue, plus habitué à utiliser des armes de poing, aurait été responsable de la tentative d’assassinat.

À partir de cette nouvelle information, les services spécialisés de la police réétudie les caméras de surveillance et signale que finalement le blessé n’était peut-être pas la personne visée, qui serait  un de ses collègues disparu après l’attentat.

Bosch se rend compte que sa partenaire effectue des recherches sur une autre affaire, survenue vingt ans plus tôt, relative à la mort dans un incendie de neuf enfants et de leur gardienne. Elle lui avoue qu’elle faisait partie de cette garderie illégale et avait été sauvée par les pompiers.

Bosch promet de revoir avec elle cette vieille enquête à condition que l’affaire du mariachi soit traitée en priorité.

Le musicien en fuite est retrouvé à Tulsa et son interrogatoire mène nos enquêteurs vers un contrat où seraient mêlés l’ancien maire, candidat au poste de gouverneur, ainsi qu’un important homme d’affaires, contributeur de ses campagnes.

Toujours autant de plaisir  dans ce vingtième tome des enquêtes d’Harry Bosch.

Les billets  de Sharon et  Clarabel.

Mariachi Plazza de Michael Connelly, Calmann-Lévy, 2016, 422 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou :  Même si le départ à la retraite de notre héros semble de plus en plus  d’actualités, j’espère qu’il reviendra encore pour guérir mes  »blues » de lecture.