** « La lettre à Helga » de Bergsveinn Birgisson

L’amour désire jusqu’à l’impossible et sait se contenter de peu.
                                                                                                           Honoré de Balzac

c_la-lettre-a-helga_2812J’avoue…j’ai failli reposer ce roman mono-épistolaire  après quelques chapitres. En dépit de toutes les chroniques dithyrambiques*  qui me l’avaient fait noter, je n’arrivais pas à entrer dedans, à comprendre ce nonagénaire quasi prêt à mourir et dont certaines pensées me donnaient le bourdon : « Il y a des moments où on regarde ses pantoufles en pensant qu’un jour elles seront encore là, tandis qu’on n’y sera plus pour les enfiler. »
* les autres je ne les note pas.

Revenu sur ses terres après un  séjour en maison de retraite, Bjarni Gislason, ancien éleveur islandais de mouton, pêcheur solitaire de lump et contrôleur du fourrage de sa région, voit de sa fenêtre l’ancienne maison d’Helga. Il lui envoie par lettre la confession amoureuse d’un homme qui renonça à un amour plutôt que de quitter sa ferme pour un avenir incertain.

Marié à Unnur qui n’avait pu lui donner d’enfant, il a été pendant des années le voisin d’Helga puis fut, un temps,  son amant. Elle tomba enceinte  et, ne voulant pas être l’objet de commérages, le chassa le jour où,  il refusa de tout abandonner pour vivre avec elle à Reykjavik.

Dans ce billet, il raconte, parfois crument, son désir physique, ses envies, sa colère, sa détresse, sa culpabilité, ses regrets mais aussi son amour pour son coin de pays, ses moutons , sa vie dure  et les petits plaisirs qu’étaient la lecture et la poésie.

Partagé entre son mode de vie et son amour, il a choisi sa terre et ses traditions, se contentant d’observer de loin avec des jumelles la femme aimée et leur fille qui ne fut jamais  la sienne.

Pourquoi ? Pourquoi cette lettre écrite alors que le cimetière se rapproche et qu’il ne peut faire aucun projet ni envisager un avenir avec Helga ?

Il faut aller jusqu’à la fin pour le savoir.

Vous trouverez les billets, parfois émerveillés, parfois non, en cliquant sur les noms : Violette,Zazy, Noukette, L’Oiseau-LyreLeiloona, Karine, Sophie, Sylire.

La lettre à Helga, Bergsveinn Birgisson, Zulma, 2013, 131 pages, Roman.
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Le bémol du Papou : Pourquoi ?

** « Brunetti en trois actes » de Donna Leon

On n’a quand même pas pris la Bastille pour en faire un opéra.
                                                                                                         Pierre Desproges

51iglgyce2l-_sx195_Dans ce dernier roman de Donna Leon,  nous revenons sur un des monuments emblématiques de la « Sérénissime », l’un des temples prestigieux de l’Opéra et le site du premier roman de cette auteure : « La Fenice », paru en 1998.

Cette fois-ci, ce n’est pas pour une représentation de «La Traviata» de Verdi mais pour  « Tosca » de Puccini dans lequel Flavia Petrelli, une soprano de grande renommée joue le rôle titre.

Ce ne sont ni les rancunes entre les chanteurs ni l’animosité envers le chef d’orchestre qui préoccupent la « diva » mais l’accumulation de roses jaunes qui tombent des balcons, comme lors de ses derniers spectacles à Londres et à Saint-Pétersbourg. L’amoncellement de bouquets dans sa loge puis dans l’immeuble où elle vit commence à la terroriser. Invitée par la famille de Paola, elle  raconte la folie de certains fans et l’histoire des roses.

Brunetti, aidé d’Electra en grève*, décide de faire des recherches sans aucune autre raison que la peur ressentie par la chanteuse.
*seulement pour les travaux de Patta et du lieutenant Scarpa.

L’agression d’une jeune chanteuse qui se casse un bras, puis celle du marquis d’Istria, ami de Guido et logeur de Flavia, qui se fait poignarder, le conforte dans l’ idée que cet admirateur, qui a réussi à faire parvenir  à la chanteuse un somptueux collier d’une valeur inestimable, est très  dangereux.

C’est grâce à ce collier qu’il remontera jusqu’à l’admirateur plus que fanatique.

Il existe plusieurs raisons qui me font continuer à lire les enquêtes de Brunetti en dépit parfois de leurs banalités et souvent de leurs intrigues sans réelle profondeur.

D’abord la personnalité de Guido Brunetti. Sous ses dehors affable, parfois même un peu sournois avec son supérieur l’ineffable et paresseux Patta, il cache un esprit vif, un humour imperturbable et une volonté inébranlable pour résoudre les affaires qui lui sont confiés ou, pour être plus limpide, qu’il décide de se confier.

Paola sa femme et ses deux adolescents forment une famille sans réel problème. Une famille qui s’aime, qui se soutient et qui se pardonne.

Ajoutez à ça que si Guido rentre souvent chez lui pour diner, qu’ il ne boit pas, ne se drogue pas, et n’a aucune raison qui pourrait altérer  sa santé mentale.

Il n’est ni un héros, ni un anti héros, juste un homme qui aime sa ville, en dépit de son déclin qui la transforme de plus en plus en un Dineyland sur l’Adriatique,  et fait son travail en dépit de ses supérieurs,  des magouilles et de la malhonnêteté  des dirigeants au plus haut niveau de l’État.

Le billet de Sharon

PS: Le Béotien n’aime pas l’opéra mais c’est obligé à lire le livret de « Tosca ».

Brunetti en trois actes, Donna Leon, Calmann-Lévy, 2016, 338 pages, Policier
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Le bémol du Papou : Roman pour les inconditionnels de l’opéra et de Brunetti.

**** « 1cobra, 2 souliers et beaucoup d’ennuis » d’Alexander McCall Smith

Il y a un temps pour rester assis, à regarder le soleil monter et redescendre dans le ciel et un temps pour écouter sonner les cloches du bétail dans le bush.

cvt_1-cobra-2-souliers-et-beaucoup-dennuis_3853Certains romans n’offrent pas à leurs lecteurs des grandes idées, des pensées profondes ou des réflexions universelles sur le pourquoi du comment de la vie. Les œuvres d’Alexander McCall Smith mettant en scène Mma Ramotswe, directrice de l’Agence no 1 des Dames Détectives, seule agence de détectives au féminin du Botswana, semblent, au premier abord, en faire partie. Et pourtant …

Notre héroïne, aidée de son assistante Mma Makutsi et entourée de personnages pittoresques comme son mari J.L.B.Matekoni ou du futur assistant de l’assistante Rra Polopetsi règlent généralement les problèmes que les gens se créent eux-mêmes tout en réfléchissant sur la vie, sur les êtres  humains, sur les relations homme-femme, sur le féminisme, et sur ce que pensent les jeunes filles des garçons et vice et versa.

« Chacun d’entre nous à son point faible et, pour la plupart, nous n’avons pas le pouvoir d’y résister. »

Sous l’ombrage de votre joli moporoto ou arbre à saucisses, asseyez-vous dans votre fauteuil préféré, sirotez une tasse de thé rouge, la boisson préférée de Mma Ramotswe qui n’est pas du thé, tout en grignotant quelques morceaux de biltong*, et vous apprendrez plein de choses qui vous seront utiles un jour. Comment renouveler le sol en terre battue d’une bonne maison traditionnelle, par exemple, ou pourquoi  ne pas  utiliser une clé à molette mais une branche de jacaranda pour  vous débarrasser d’un cobra en colère. Vous saurez aussi comment affronter une autruche en colère et si vous ressentez le mauvais œil qui survole votre demeure avec  l’angoisse  qu’un sorcier ou un guérisseur utilise des charmes contre votre famille, vous vous débarrasserez, vite fait,  du calao, qui agrémentait de ses couleurs vives votre salon ou votre salle à manger.
* Viande séchée typique de la cuisine sud-africaine, mise au point par les Afrikaners pour survivre lors du Grand Trek.

Mma Ramotswe et sa constitution traditionnelle, (qui fait pencher les voitures de son côté), directrice de l’Agence no 1 des Dames Détectives, seule agence de détectives au féminin du Botswana, ne s’occupe pas de meurtres ou de tueurs en série mais des problèmes qui troublent la sérénité de la vie botswanaise : relations difficiles entre un mari volage et son épouse, trafics de médicaments, vols de nourriture ou chantages.
Elle a toujours l’espoir que ses affaires se régleront sans heurts et sans provoquer de violents bouleversements car :
Une vie sans espoir d’aucune sorte n’est pas une vie : cela ressemble à un ciel sans étoiles, à un paysage de désolation.

Ce genre de lecture c’est, comme dirait Mma Ramotswe  de constitution traditionnelle,  directrice de l’Agence no 1 des Dames Détectives, seule agence de détectives au féminin du Botswana,  « vivre un petit moment de bonheur, et s’en souvenir ensuite. »

Je coopte.

1cobra, 2 souliers et beaucoup d’ennuis Alexander McCall Smith,10-18, 2006,256 pages, roman
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Le bémol du Papou : Une jolie lecture pour un lecteur convalescent.

***  » La montagne rouge » d’Olivier Truc

Les indiens d’Amérique et les aborigènes d’Australie ont été exterminés par les hommes blancs. Dans le Sapmi*, les suédois nous font subir un sort équivalent, mais à coup de décrets et de lois opaques au fil des siècles. Ils nous ont dépossédés de nos terres.
*Territoire des Samis

cvt_la-montagne-rouge_2917Lu pendant mon séjour hospitalier et oublié dans mes billets en retard.

Troisième roman de la série sur « la police des rennes »… et peut-être le dernier*. les premiers étaient « le dernier lapon » et « le détroit du loup ».
*Une intuition mais je suis souvent dans le champ.

Lors d’un rassemblement de la « sameby » Balva*, pour trier et abattre certains animaux, une pluie battante, et ininterrompue depuis plusieurs jours, provoque  un glissement de terrain qui fait apparaitre un squelette. La police des rennes se rend sur place pour les premières constatations.
*Clan ou famille

Qui était les premiers arrivés dans les forêts nordiques de Suède et de Norvège, les Samis et leur civilisation du renne où les agriculteurs Suédois et leur exploitation de la forêt ?

Les premiers ont de moins en moins de territoire pour leur élevage et les seconds voudraient encore le réduire. Cette  situation a abouti à de nombreux procès qui engraissent les avocats et fait parler les experts.

La civilisation orale des Samis a du mal à fournir des preuves de leur ancienneté:
« Les archives ont été notre point faible. C’est  une invention des suédois pour nous perdre.»

Parmi les experts, Rogalberg, un professeur renommé affirme que les Samis sont arrivés au XVIIIe siècle bien après les premiers colons suédois.

Un jeune anthropologue  Oskar Filius combat ces affirmations, mais est-ce par conviction ou pour obtenir une certaine notoriété ?

Il s’avère, après  une expertise  scientifique, que le squelette date du XVIIe siècle mais le crane manque pour confirmer s’il s’agit d’un Sami ou d’un  Suédois.

Pendant que Klemet Nango et Nina Nansen, nos policiers du renne, sont détachés auprès de la cour suprême de Stockholm pour retrouver le crane manquant, Oskar Flius pousse les membres de la « sameby » et surtout Petrus Eriksson leur chef, contesté par certains membres de son clan, a recherché des vestiges de l’utilisation du territoire par leur civilisation.

Nos policier vont apprendre avec étonnement* qu’à compter du XIXe siècle des explorateurs et des aventuriers ont ramené des cranes  pour des particuliers où des musées et que ce marché, nourri par des trafiquants, reste florissant dans le monde entier.
*et moi aussi.

Ce n’est plus, recherché une aiguille dans une botte de foin mais. recherché une aiguille dans tout le foin de la planète et pourtant…

En dehors des enquêtes, j’aime beaucoup le duo de personnage Klemet et Nina. Lui, métis de Sami, timide et un peu amoureux de sa partenaire et elle, jeune femme troublée par la haine de son père malade*.
*Racontée dans « le détroit du loup.

La montagne rouge, Olivier Truc,Métallié, 2016, 498 pages, Policier
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Le bémol du Papou : J’ai du mal à croire aux miracles.

* « Dans la tête le venin » d’Andrea H. Japp

La vengeance est une justice sauvage.
                                                           Francis Bacon

cvt_dans-la-tete-le-venin_8404En général j’aime les romans policiers historiques d’Andrea H. Japp avec soit « Le bourreau de Mortagne » ou « Druon de Brévaux ». Je voulais avoir une idée de ses œuvres plus modernes et j’avais dans ma liseuse la première enquête Diane Silver, une profileuse du Fbi  de 47 ans dont « 12 plongé dans l’âme des tueurs ».
« Aucun être parfaitement normal ne pet supporter ce métier »

Dans ce genre de thriller, d’un côté, on met en scène   les gestes de plus en plus répugnants et glauques d’un malade qui se délecte de la souffrance qu’il inflige à ses victimes et de l’autre, les recherches empiriques de son adversaire qui essaie de comprendre, s’il y a quelque chose à comprendre, les motivations du tueur.
« L’humain est la seule espèce qui prenne son pied grâce à la perversité. »

Le personnage de Diane est complexe et trouble. Son moteur est la vengeance à l’encontre de tous les bourreaux depuis que sa fille a été torturée et assassinée par un sadique, qui fut relâché, pour vice de forme au moment de  son arrestation, et ses carburants sont  les neuroleptiques, l’alcool  et les stupéfiants.

La plupart des thrillers mettant en scène un tueur en série et un ou une « profiler » sont ni plus ni moins que des duels entre le bon et le méchant. Celui-là fait exception et je me suis senti mal à l’aise pendant toute la deuxième partie.

Il y a bien un tueur international, Nathan Hunter, Nathan Le Chasseur qui assassine et dépouille le visage et les cuisses de ses victimes, un américain à New York, une adolescente gothique et son copain à Paris, un mexicain au…Mexique.

On apprendra  très tard les raisons de l’assassinat du New-Yorker, mais on sait que l’adolescente et son petit ami voulaient tuer leurs parents respectifs et que le mexicain était versé dans le hard porno avec des enfants.

Pendant ce temps, les patrons de Diane, dont, en passant, elle se fout totalement, l’oblige à renseigner l’avocat d’un richissime  client, sur son travail de profileuse et ses méthodes .

La ficelle est devenue grosse comme une amarre de paquebot. Un tueur qui s’attaque aux méchants et un richard qui veut connaitre dans les détails les pensées et le travail d’une profileuse. Chez moi, un plus un ne font pas toujours deux et, quand a me faire accepter voire trouver sympathique quelqu’un qui prend son pied en découpant d’autres êtres humains, je suis, je vous l’ai déjà dit, mal à l’aise, surtout après le meurtre gratuit d’une jeune femme qui n’avait d’autres perfidies que celle d’aimer le tueur.

La dernière partie du roman n’a fait qu’augmenter ma gêne et si je comprends les raisons de Diane, je ne peux accepter la solution qu’elle a choisie.

Quelle solution ? Bonne question !
Je n’aime ni les tueurs ni les délateurs.

Dans la tête le venin, Andrea H. Japp, Calmann-Lévy, 2009, 282 pages, Thriller
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Le bémol du Papou : Mal à l’aise.

 

**** « Tancrède » de Ugo Bellagamba

Grâce aux croisades, l’influence civilisatrice de l’Orient sur l’Occident fut très grande.

                                                                                                      Gustave Le Bon

cvt_tancrede-une-uchronie_1425Je n’arrivais pas à  comprendre pourquoi Ugo Bellagamba mentionnait  que Tancrède était une uchronie.
L’uchronie repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire  à partir de la modification  d’un événement du passé et se passe généralement de nos jours ou dans un  avenir proche. Il m’a fallu réfléchir longuement pour admettre qu’on pouvait aussi, après un évènement du passé, réécrire l’histoire de ce  passé* sans que  notre présent ne soit concerné.

*J’avais d’autres soucis  et pas très envie de réfléchir.

Année 1096. Lorsque son oncle, Bohémond de Tarente, décide de répondre à l’appel à la Croisade lancé par le pape Urbain II, le prince Normand Tancrède de Hauteville y voit la récompense de sa foi et de ses intenses prières.

De la côte Amalfitaine jusqu’à Jérusalem, le chemin sera long. Il faut composer avec le l’empereur byzantin Alexis Commène et prendre d’assaut chaque ville le long de la côte de l’Anatolie.

Au cours de ces combats Tancrède s’aperçoit  malheureusement que les motivations de la plupart de ses compagnons sont beaucoup plus prosaïques que la simple reconquête du tombeau du Christ et que la Terre Sainte se révèle bien différente de tout ce que Tancrède avait imaginé et l’Infidèle souvent plus honorable que le Croisé.

J’avais pris un tas de notes sur les composantes de cet univers géopolitique complexe, un verre d’eau renversé* à noyer les Abbassides et les Seldjoukides, les princes de Damas et d’Alep, les victoires et les défaites des Croisés.
*Tant pis.

Tour à tour renégat, paria, assassin Tancrède va surmonter ses états d’âme pour devenir un acteur « historique » appelé à changer le destin de cette région du monde.

La reconstitution historique très documentée de cette première croisade et la narration à la première personne donne à cette uchronie une grande véracité.

De ce genre de lecture on ne sort pas innocent et, si Tancrède n’est que la création d’un auteur, durant les mille années qui ont suivi et encore de nos jours  d’autres Tancrède désabusés et  d’autres « croisés », plus intéressés par la richesse  et le pouvoir que par les grandes idées spirituelles, ont existé et tenté de façonnée le monde selon leurs volontés.

Pour vous aider à démystifier les croisades Je vous conseille de lire  ‘’Les Croisades Vues par les Arabes » d’Amin Maalouf,

PS : J’ai passé mon temps, après cette lecture, à faire des recherches sur l’Histoire de la 1ère croisade et surtout sur les chevaliers normands de Sicile et de Calabre.

Le billet de Yue Yin qui m’a donné envie.

Tancrède, Ugo Bellagamba, Les moutons électriques, 2009, 225 pages. Uchronie
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Le bémol du Papou : Ne pas lire ce roman pendant une hospitalisation. Ça fout le bourdon.

*** « Le poignard et le poison » de Marc Paillet

Lorsqu’on cherche par cupidité à avoir plus que l’on n’a, on perd même ce qu’on possède.
                                                                                                                                   Esope

cvt_le-poignard-et-le-poison_3212Charlemagne a  beaucoup guerroyé pour  agrandir son empire du nord de l’Europe jusqu’en Espagne et en Italie.

Malgré cette soif de conquête, il demeure celui qui a créé un état modernisé et centralisé, basé sur le gouvernement des comtes et des marquis (aux frontières), harmonisant  les lois, privilégiant les études et créant le système de contrôle des missi domenici, sorte d’inspecteurs  itinérants, instruments redoutables du pouvoir, chargés de faire respecter les lois et de s’assurer du juste paiement des taxes pour le royaume.

Ces missi dominici voyageaient toujours par deux, un représentant de l’église et un noble séculier.

En 796, en plein hiver, Erwin et le comte Childebrad se rendent à Autun pour enquêter sur diverses plaintes de l’évêque à l’encontre du comte d’Autun,  qui se serait emparé, par cautèle et force, de la jouissance de quatre domaines en spoliant l’évêché.

Le saxon Erwin appartient à cette élite de savants, d’érudits et d’experts que Charlemagne a réunis autour de lui.

Le conte Childebrand est un digne représentant de la noblesse guerrière de cette époque. C’est un colosse impressionnant, imbu de sa force et de  ses prérogatives, qui va apprendre à apprécier l’ascétique Erwin.

Contrairement aux us de cette époque, Erwin ne se  contente pas  d’aveux, « éventuellement extorqués par la torture, de témoignages même douteux, de jugements de Dieu par les braises ou l’huile bouillante », il  exige avant tout des preuves.

Durant leur voyage hivernal difficile, ils vont croiser le frère Antoine, un moine pansu et malin, aimant le jus de la treille.

Arrivant à Pouilly*, ils apprennent qu’une femme de notable a mystérieusement disparu.
*Lieu de légende, d’où vient le  Pouilly-fumé.

À Autun, lors du banquet d’accueil, Aldric vicomte d’Autun, meurt, empoisonné et percé d’un coup de dague.

Aldric était de basse extraction, après  un premier mariage à Feurs avec Anne qu’il a répudié pour incapacité d’engendrer, il était devenu l’époux de  la noble Oda de haut lignage.

Très rapidement nos deux missi dominici comprennent qu’Aldric et l’intendant Bodert ont exploité et surtaxé la région,  causant la misère de beaucoup et l’apparition de brigands dirigés par Doremus, un moine défroqué.

Qu’est devenu Cosme, le fils caché d’Anne et d’Aldric ?
Quelles étaient les responsabilités du comte d’Autun ?
Qui a empoisonné Aldric et pourquoi ?  Et qui l’a embroché ?

Tout sera dévoilé lors d’un procès dirigé par Childebrand et Erwin qui expliquera aussi la disparition mystérieuse de la femme de Pouilly.

Le billet de Dame Yue Yin.

PS: J’aime les romans policiers historiques et j’ai adoré celui-ci de Marc Paillet.

Le poignard et le poison, Marc Paillet, 10-18, 1997, 253 pages, policier historique
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Le bémol du Papou : L’ambition et la cupidité forment un binôme sans fin.

 

 

** « Noir septembre » de Inger Wolf

Les gens avaient l’habitude de consommer du lsd pour rendre leur monde étrange. De nos jours, ils utilisent du Prozac pour le rendre normal.
Bangstrom

cvt_noir-septembre_9304Fin septembre, dans un boisé de la ville d’Ärhus, une jeune femme blonde aux yeux vairons est retrouvée égorgée, des fleurs vénéneuses posées sur sa poitrine nue.

Anna Kiehl,  jeune mère célibataire, a-t-elle  fait une mauvaise rencontre lors de son jogging ?

Le policier de cette série se nomme Daniel Trokic. Célibataire de trente-huit ans, il vit avec une chatte trouvée appelée Hirsute. C’est un policier tenace et taciturne issu d’un père croate et d’une mère danoise. De son séjour dans sa famille parentale, il est revenu avec beaucoup d’amertume sur la nature humaine et sur l’amnésie collective des croates dans l’ancien conflit yougoslave.

Durant leur enquête, le commissaire Trokic et son équipe découvre, sur un collier ayant appartenu à Anna, L’ADN d’un chercheur  en psycho-pharmacologie, disparu depuis huit semaines, auteur d’un livre “La zone chimique”, traitant de neuropsychologie et du rôle des antidépresseurs.

En fouillant l’étang près du lieu du crime, les plongeurs retrouvent  le corps du disparu.

Aidé de l’exubérante inspecteur Lisa Kornelius, une grande bringue issue de la section informatique, Trokic va finalement  cerner le meurtrier.

Inger Wolf est une nouvelle auteure de polars nordiques dans la lignée des Mankell, Indridason, Adler Olsen, ou Camilla Lackberg. Je n’étais certainement pas dans les meilleures conditions psychologique et physique pour l’apprécier.

Noir Septembre, Inger Wolf, Mirobole, 2015, 280 pages, olicier.
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Le bémol du Papou :  Je  vais devoir lire une autre enquête de Trokic  pour éclairer mon opinion.

 

*** « Meurtres dans le sanctuaire » de C.L.Grace

Pourquoi le poison, quand on peut tuer avec du miel ?
Proverbe serbo-croate

cvt_meurtres-dans-le-sanctuaire_8367Je suis un fan des enquêtes de Kathryn Swinbrooke, apothicaire et médecin dans la ville de Cantorbéry au XVe siècle, pendant la guerre des deux roses.
Quand  je n’ai pas envie de me fatiguer la coucourge, elle fait partie des invités comme Nestor Burma, Longmire, Joe Leaphorn, Jim Chee,  sans oublier toute l’œuvre de Lady Agatha*.
*Ne pas oublier aussi Hyeronimus Bosch, Fidelma ou Cadfaël etc…

« Meurtres dans le sanctuaire » est le premier de la série qui débute peu de temps après la  bataille de Tewkesbury en 1471,  et la victoire de la maison de York sur la maison de Lancastre, mettant sur le trône Édouard IV.

Nous faisons connaissance avec son héroïne, abandonnée  par un mari violent « parti rejoindre le parti de Lancastre ? ?», elle vit seule avec son ancienne nourrice Thomasina, au caractère bien trempé, devenue sa servante et sa confidente.

Un Irlandais au service d’Edouard IV,  Colum Murtag, en récompense de ses loyaux services,  vient d’être nommé commissaire du roi dans Cantorbéry en charge des écuries de Kingsmead.

Cantorbéry est une ville riche où affluent de nombreux pèlerins. Plusieurs d’entre eux sont empoisonnés, ce qui risque d’en décourager d’autres et de tarir la manne commerciale.

Étant donné le poison utilisé, le meurtrier pourrait être un médecin du bourg, aussi le conseil de ville, soutenu par le nouveau commissaire, demande à Kathryn, versée dans ce genre de substance, de mener sa première enquête.

PS: J’adore les couvertures de cette série.

Meurtres dans le sanctuaire, C.L.Grace, 10-18, 1999, 186 pages, Policier Historique.
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Le bémol du Papou : Je n’en ai pas trouvé et je n’ai pas envie d’en chercher.

*** « Le secret de Chimneys » d’Agatha Christie

Si Cendrillon avait eu une horloge dans le cœur, elle aurait bloqué les aiguilles à minuit moins une et se serait éclaté au bal toute sa vie.
                                                                                                                       Mathias Malzieu

bm_5953_1763341Anthony Cade est un guide de safari désabusé au  Zimbabwe lorsqu’il croise un de ses anciens condisciples anglais qui lui confie la mission de rapporter à un éditeur, contre l’importante récompense de 1000 livres, les mémoires du comte Stylpich, ancien premier ministre du roi d’Herzoslovaquie, Nicolas II, assassiné sept ans plus tôt avec son épouse et ancienne danseuse, Varaga.

La république, qui fut proclamée alors, n’a plus le soutien populaire et le retour de d’un Héritier royal est sur le point de survenir.

L’Honorable George Lomax demande à Lord Caterham de recevoir, dans sa propriété de Chimneys, plusieurs  personnes concernées par l’arrivée au pouvoir du prétendant au trône  et par la  signature d’un contrat pétrolier avec la Grande-Bretagne. Anthony, après avoir remis le manuscrit à un représentant des éditeurs,  se retrouve invité* avec  le baron Lopretjzyl représentant du parti monarchiste de Herzoslovaquie, un américain silencieux qui semble s’intéresser au pétrole, la jolie Chiffonnette, autrement appelé Lady Eileen Bundle Caterham, la fille du lord,  Bill Eversleigh, un proche collaborateur de Lomax, et avec un personnage important qui demeure  incognito. Ajoutez-y quelques domestiques et la nurse française des enfants et vous avez un portrait presque complet de ce raout..
*sans que je me souvienne  bien pourquoi, et ce n’est pas important.

Le manoir de Chimneys a déjà fait l’objet d’un scandale, lors de la dernière visite du roi Nicolas II,  avec la disparition du diamant Koh-I-Noor qui n’a jamais été retrouvé.

Il va malheureusement devenir le lieu d’un autre lorsque le personnage énigmatique, qui n’est autre que le futur roi,  est assassiné. Quelle n’est pas la surprise de reconnaitre dans le mort le représentant des éditeurs venu chercher le manuscrit.

Ce roman policier et d’espionnage met en scène pour la première fois le Superintendant Batlle, personnage typiquement anglais de peu de mots.

À une trame d’espionnage,  dans un pays imaginaire, Lady Agatha mêle une intrigue sentimentale, où Cendrillon n’est pas forcément une femme, une enquête sur un meurtre et l’histoire du « roi Victor »un voleur de bijou intéressé par  le diamant.

Une excellente lecture dans l’état physique et mental où je me trouvais.

Le secret de Chimneys, Lady Agatha Christie, Le Livre de Poche, 1933, 192 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

 Le bémol du Papou : Jamais pour notre Lady.